Amazonie

Dilma Rousseff fait dans la demi mesure

Actualité - 30 mai, 2012
Dilma Rousseff n’a pas répondu aux attentes des 80% de la population brésilienne opposés au nouveau code forestier. Le Veto de la présidente brésilienne est très, trop partiel. Douze articles ont été supprimés par le veto présidentiel et 31 modifications du texte interviennent donc. Mais les parties les plus dangereuses de ce code forestier ne sont pas soumis au veto... de larges pans de la forêts amazonienne restent donc gravement en danger.

©Greenpeace/Cruppe

La pression publique a contraint Dilma Rousseff à abandonner certains articles parmi les plus controversés, mais elle a échoué en ne sauvant pas l’Amazonie. Par contre, elle a su préserver les apparences d’une présidence verte, à quelques semaines du sommet de Rio, en ménageant les intérêts des uns et des autres et en se livrant à ce qu’on pourrait qualifier de manœuvre dilatoire.

Concernant par exemple un des articles les plus emblématiques de ce nouveau code forestier qui devaient supprimer l’obligation faite aux petits et grands propriétaire de préserver 80% des forêts abrités par leurs propriétés, Dilma Rousseff n’a pas tranché: elle maintient cette obligation pour les grands propriétaires mais l’assouplit fortement pour les centaines de milliers de petits propriétaires. Le lobby des "ruralistes" a donc en grande partie gagné la partie. Mais en apparence, la présidente donne l’impression d’une grande fermeté face aux grands propriétaires.

De plus, le nouveau texte partiellement amendé doit maintenant être validé par le Congrès, et l’avenir de la forêt reste donc aujourd’hui bien incertain, conditionné à une nouvelle joute parlementaire. Après cet échec à contrer le nouveau code forestier, Dilma Roussef devrait travailler sur un projet de loi tout autre, qui permettrait de protéger les forêts brésiliennes. Plus de 2 millions de personnes ont signé cette pétition, ce sont deux millions de citoyens qui souhaitent une loi Zéro Déforestation au Brésil. Ils doivent être entendus. La présidente brésilienne a fait son choix: ne pas tenir ses promesses de lutte contre la déforestation, l’un de ses principaux thèmes de campagne, lors de l’élection présidentielle.

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