Jugement scandaleux contre les militants de Greenpeace défenseurs des baleines

Actualité - 6 septembre, 2010
Depuis six heures ce matin, douze militants de Greenpeace ont organisé une manifestation silencieuse devant l’Ambassade du Japon. Un gigantesque gong a retenti toutes les quinze minutes. Une banderole rappelait, en anglais et en japonais, que «le militantisme n’est pas un crime». Les manifestants ont réagi à la condamnation à une année de prison avec sursis de leurs deux collègues japonais qui avaient révélé un scandale de corruption autour du programme de chasse à la baleine financé par le gouvernement.

Yuichi Kaido à la conférence de presse. ©Greenpeace/Sutton-Hibbert

Greenpeace est choquée par le jugement qui vient d’être rendu contre ses collaborateurs Junichi Sato et Toru Suzuki. «Les deux militants ne sont pas des criminels, ils ont agi dans l’intérêt public. Le procédé de la justice japonaise rappelle les États totalitaires et doit être interprété comme un coup porté à notre engagement en faveur de l’environnement», s’indigne Bruno Heinzer, responsable de la campagne Océans chez Greenpeace Suisse qui a travaillé avec Junichi au sein du bureau de Greenpeace à Tokyo.

Les militants écologistes japonais ont aujourd’hui été déclarés coupables pour avoir voulu révéler, il y a deux ans, la contrebande illégale de viande de baleine. Ils n’avaient pas trouvé d’autre moyen que d’intercepter un paquet du baleinier «Nishin Maru» adressé au domicile d’un particulier et censé contenir du carton. Après avoir tenu une conférence de presse, les deux militants avaient remis la viande de baleine trouvée dans le paquet aux autorités et porté plainte contre les membres d’équipage du navire.

La plainte n’a pas été traitée, mais la police a mis le bureau de Greenpeace sens dessus dessous avant d’arrêter Junichi et Toru. Après leur arrestation en juin 2008, les deux militants ont été détenus illégalement pendant 26 jours, ce qui a été dénoncé dans un rapport du groupe de travail de l’ONU sur les droits de l’homme. Bien que fonctionnaires et responsables de la chasse à la baleine se soient empêtrés dans les contradictions au cours de l’instruction pénale, la justice a étonnamment rendu un verdict de culpabilité.

«Le jugement est totalement disproportionné. Cela veut dire que le Japon viole ses engagements internationaux en matière de protection des droits de l’homme, en particulier le droit des citoyens de jouer un rôle actif dans la révélation de cas de corruption et d’autres manquements à un intérêt public», a déclaré Junichi Sato immédiatement après le prononcé du jugement à Aomori, dans le nord du Japon. «Nous avons cherché à exposer la vérité sur le programme public de chasse à la baleine. Or, tandis que les criminels qui s’enrichissaient sur le dos de l’État en faisant de la contrebande sont en liberté, nous sommes condamnés !»

Selon Bruno Heinzer, «les deux militants n'auraient même jamais dû être accusés et arrêtés. Le droit de dénoncer des injustices de manière pacifique est absolument nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie et doit être protégé.»

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