Detox!

Donnons à Levi’s 501’000 raisons de changer

Actualité - 5 décembre, 2012
“Du mode de fabrication de nos produits, à la façon dont nous gérons l’entreprise, nous nous engageons à protéger l’environnement. Nos consommateurs le souhaitent, la planète en a besoin“. Cette belle citation vient de Chip Bergh, PDG de Levi Strauss Co…

Il est temps: montrons à Levi’s que l’eau est un bien précieux. ©Greenpeace/Cobbing

Un engagement qui rassure, qui fait du bien. Mais voilà: dans les faits, il n’est pas respecté. Malgré ces bonnes intentions affichées, Levi’s fait partie des marques dont les produits ont été testés positifs par Greenpeace. La marque au 501 utilise des textiles issus des ateliers de confection situés dans la zone où des échantillons d’eau contaminée ont été prélevés. Tout particulièrement dans les rivières mexicaines.

Les anilines halogénées et les produits chimiques perfluorés sont deux choses dont vous n’avez probablement jamais entendu parler auparavant. Derrière ces deux noms scientifiques se cachent deux produits chimiques toxiques nocifs pour l’environnement et la vie, à la fois dans l’eau et sur terre. Même si ces produits chimiques vous paraissent inconnus, vous avez déjà une connexion étroite avec eux. Car ils peuvent avoir été utilisés dans la fabrication des vêtements que vous portez.

Le second rapport publié aujourd’hui par Greenpeace International “Toxic Threads: Under Wraps” présente des résultats d’échantillons d’eau prélevés à la sortie des conduites d’évacuation de deux usines fournissant Levi’s: Lavamex et Kaltex. Comment une marque comme Levi’s, qui s’est engagée publiquement à protéger l’environnement, peut-elle encore accepter d’être liée à une telle pollution?

Malheureusement, l’explication est simple. Au Mexique, l’industrie et le gouvernement s’emploient à garder confidentielles les données sur l’usage et les déversements de produits toxiques. Qui voudrait accéder à ces chiffres se retrouverait piégé dans un labyrinthe administratif, un chemin semé d’embûches et de portes fermées.

Le Mexique est l’un des plus grands producteurs de denim dans le monde, et l’industrie du textile et de l’habillement est la quatrième industrie du pays. Bien que ses exportations aient été éclipsées par la Chine depuis quelques années, depuis 2010, sa part de marché a connu une croissance rapide – en partie en raison de sa proximité avec les États-Unis.

La croissance a également été alimentée par une demande mondiale de « mode jetable”: de nombreuses marques de mode veulent réagir rapidement à l’évolution des tendances et produire au moins huit collections par an, ce qui signifie plus de vêtements nouveaux et donc plus de produits chimiques dangereux.

Nos vêtements n’ont pas besoin de ces produits toxiques: il existe des alternatives. Mais les ateliers de confection, les fournisseurs et les marques de mode doivent avant tout s’engager à faire la transparence. Le véritable défi est l’absence totale d’information publique disponible pour le moment.

La semaine dernière – grâce à votre aide – Zara s’est engagé à nettoyer sa chaîne d’approvisionnement. De plus, la marque s’est également engagée à divulguer publiquement des données sur la pollution d’au moins 100 de ses fournisseurs dans les pays du Sud, y compris au moins 40 en Chine, à la fin de l’année 2013. Cette transparence est une véritable percée dans la façon dont les vêtements sont fabriqués et constitue une étape importante pour l’information des communautés locales, des journalistes et de l’opinion publique.

Pendant trop longtemps, les marques mondiales ont été en mesure de se cacher derrière des écrans de fumée industriels et ont continué de polluer les eaux.
Partout dans le monde, les consommateurs, les militants et les fans de mode s’unissent derrière l’idée que les vêtements que nous achetons doivent porter une histoire dont nous pouvons être fiers, et pas les résidus de produits chimiques dangereux. Les marques qui veulent garder leurs clients ont donc besoin de faire plus qu’une déclaration positive ou de rédiger une politique – ils doivent retrousser leurs manches et agir.

La semaine dernière, nous avons montré à l’industrie de la mode ce dont nous sommes capables ensemble. Mais malheureusement, les rejets toxiques provenant des usines d’habillement continuent, et aux côtés de Zara, d’autres d’entreprises doivent admettre l’urgence du problème et agir.

Levi’s a déjà adopté une politique concernant les substances chimiques, mais doit aller beaucoup plus loin en les éliminant complètement. Dans ses pubs, la marque soigne son image rebelle… Qu’attend-elle pour se révolter contre la pollution des eaux?

Nous pensons que nous pouvons faire bouger Levi’s: 501 est un chiffre culte pour la marque. Alors utilisons ce symbole: soyons 501’000 à signer, pour les convaincre de suivre le mouvement Detox!

 

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