Opposition entre des protecteurs de l'environnement et la garde nationale à Standing Rock, octobre 2016,  © Richard Bluecloud Castaneda / GreenpeaceIl y a beaucoup plus d'argent de Credit Suisse investi dans le projet controversé du Dakota Access Pipeline que ce qui était connu jusque-là. Crédit Suisse joue un rôle clé dans la construction de cet oléoduc.

Les recherches de Greenpeace démontrent que le géant banquier a mené un consortium qui a fourni 850 millions de dollars au projet. Elle participe également à d'autres prêts pour un montant total de 550 millions de dollars. Greenpeace Suisse exige de la banque qu'elle s'engage pour le respect des populations indigènes et mette un terme au financement de ce projet.

Le chantier du Dakota Access Pipeline (DAPL) a repris début février. Le tracé de cet oléoduc traverse des terres considérées comme sacrées par les communautés amérindiennes locales, bafouant ainsi ouvertement leurs droits fondamentaux. Les réserves d'eau dont dépendent ces communautés sont aussi menacées par les déversements pétroliers. Enfin, il s'agit d'un chantier qui va accélérer encore une fois le réchauffement climatique.

Cela fait un moment que l'implication de banques suisses dans le projet d'oléoduc est connue. Une analyse des flux financiers menée par Greenpeace a permis de faire des découvertes explosives. Il apparaît notamment que Crédit Suisse a rendu possible un prêt de 850 millions de dollars aux entreprises qui construisent et exploitent le pipeline en jouant le rôle d'agent administratif. Les documents étudiés indiquent clairement que cet argent est alloué au DAPL. La banque a donc une part de responsabilité dans les violations des droits des populations autochtones. 

Le double jeu du Crédit Suisse
Ce qui est frappant dans la participation de Crédit Suisse, c'est que celle-ci enfreint ses propres lignes directrices. Manifestement, les engagements pris par la banque sont essentiellement cosmétiques et servent à donner au grand public l'illusion que ses activités sont durables. Pire, lors de prises de contacts avec Greenpeace et la Société pour les peuples menacés (SPM), les responsables du géant bancaire ont affirmé que la participation à DAPL était "insignifiante" et qu'ils suivaient de près la situation à Standing Rock. Depuis l'automne 2016, les forces de sécurité ont recours à la violence pour tenter de déloger les militants.

Greenpeace Suisse et la SPM ont contacté l'entreprise par courrier suite à leurs découvertes. Nous exigeons que la banque respecte les droits des populations autochtones et retire son soutien financier de DAPL et des entreprises impliquées.