Du 16 au 26 mai dernier, un immense cargo a été bloqué dans un port brésilien près de Sao Luis. Il devait remplir ses cales avec de la fonte brute- un intermédiaire entre le minerai de fer et l’acier- avant de repartir aux Etats-Unis. Greenpeace dénonce le scandale qui démarre au cœur de la forêt et se termine dans les usines de voitures.

Des bannières flottantes indiquent le message suivant: "L’Amazonie se met au charbon de bois. Que le Brésil stoppe les tronçonneuses!". Au cœur de la forêt amazonienne, des arbres sont coupés illégalement. Ils sont ensuite transportés dans des sites qui ressemblent à des camps pour être brûlés et transformés en charbons de bois. Des promesses de travail rémunéré sont faites à des esclaves arrachés à leurs villages et gardés en otage. Ils travaillent sans protection et dorment souvent sous des bâches plastiques.

La plus grande mine de fer du monde se trouve à quelques kilomètres de Carajas. Pour transformer le minerai de fer en fonte brute, le charbon de bois est utilisé en qualité de combustible. La fonte est ensuite exportée aux Etats-Unis et sert à la production d’acier nécessaire à la fabrication de voitures. Greenpeace a informé BMW, Mercedes et Ford qui semblent s’en laver les mains.

De plus, la déforestation et l'esclavage ne sont pas les seuls crimes perpétrés par cette industrie. Les invasions de terres indigènes et de réserves protégées sont aussi monnaie courante. Les Awa-Guaja, un peuple indigène de 350 à 400 nomades chasseurs-cueilleurs, vivent loin de la civilisation et dépendent totalement de la forêt pour leur survie. Plus de 30% de l’habitat des Awa a déjà été dégradé par les exploitants forestiers. Une étude récente indique que 70 à 80% de la réserve biologique Gurupi a également été altérée par l'exploitation forestière.

Le vice-gouverneur Oliveira a invité Greenpeace et d’autres acteurs à discuter des incidences de l’esclavage et de la déforestation. C’est un premier pas selon le chargé de campagne de Greenpeace Brésil. Mais une réelle victoire serait que les entreprises s’engagent réellement et publient une stratégie avec échéancier pour produire sans esclavage et sans abattage illégal d’arbres.

Plus de 250'000 Brésiliens ont signé une loi en faveur de la Zéro Déforestation qui offrirait une réelle protection à l’Amazonie. Le veto en demi-teinte de la présidente Dilma Roussef n’est pas suffisant!