Lundi 18 mars dernier, Tepco annonçait que l'alimentation électrique de la centrale accidentée de Fukushima était interrompue sans que les techniciens présents sur place puissent expliquer la cause de cette panne. En conséquence de quoi, les systèmes de refroidissement  des piscines de stockage du combustible des réacteurs 1, 3 et 4 ont dû être arrêtés. Mardi 19 mars, l'entreprise annonçait une reprise partielle du refroidissement, puis une reprise totale le mercredi 20 mars.

Dans sa communication Tepco a insisté sur le fait qu'à aucun moment durant cette panne d'électricité on a approché d'une situation critique. Dans le laps de temps qu'a duré la coupure, il était en effet  peu probable que l'eau atteigne le seuil de sureté de 65°C.  Mais il s'agit malheureusement de la centrale accidentée de Fukushima, où la situation reste très préoccupante.

Les piscines de stockage du combustible usagé constituent un danger potentiel pour toute la population japonaise. En particulier, la piscine du réacteur 4, qui contient 1'330 barres de combustible usagé et 200 barres de combustible neuf. Cette installation se présente comme un cube de béton de 11 mètres de profondeur, situé à 30 mètres de hauteur dans un bâtiment qui avait été soufflé par une explosion d'hydrogène, quatre jours après le démarrage de la catastrophe.

Les piscines de stockage doivent être en permanence refroidies, sans quoi le combustible peut chauffer et enclencher un accident de criticité.  Pour  la piscine du réacteur n°4, une telle situation pourrait entraîner une libération de radioactivité que certains experts estiment à 100 fois celle observée à Tchernobyl. Il deviendrait alors impossible de continuer de gérer le refroidissement des 6 réacteurs de la centrale ou de la piscine de stockage centrale, qui contient plus de 6'000 barres de combustible usagé.

S'il n'a fort heureusement pas débouché sur une libération massive de radioactivité dans l'environnement, cet incident démontre que la situation de la centrale de Fukushima reste très précaire, plus de deux ans après le début de la catastrophe. C'est une bonne illustration de la dimension des problèmes que les techniciens actifs sur le site doivent affronter tous les jours.

Mathias Schlegel est porte-parole de la campagne Climat & Energie de Greenpeace Suisse