La centrale nucléaire de MuhlebergL’Institut fédéral de la sécurité nucléaire (IFSN) a fixé aujourd’hui de nouvelles conditions pour permettre une exploitation de longue durée de la centrale nucléaire de Mühleberg. Pour Greenpeace, cette stratégie, qui consiste purement et simplement à retarder la prise de décision quant aux défauts de sécurité constatés sur la centrale, est totalement inacceptable. Greenpeace exige un plan pour la mise à l’arrêt rapide de cette installation vieillissante.

Comme on pouvait s’y attendre, l’IFSN a encore une fois repoussé l’échéance et a donné le feu vert pour une exploitation jusqu’en 2017 de cette installation délabrée. Pour Greenpeace, les nouvelles conditions fixées par l’IFSN sont insuffisantes pour justifier une poursuite des activités à Mühleberg et une prolongation du délai d’exploitation, qui avait été fixé au 28 juin 2013 par le Tribunal administratif fédéral.


La tactique de l’IFSN, qui consiste purement et simplement à gagner du temps et à repousser les décisions qui s’imposent est inacceptable. Le seul point positif est que la planification des travaux de sécurité de la centrale devra être communiquée au plus tard le 30 juin 2013. Malheureusement le délai pour la réalisation de ces travaux est bien trop long. D’un point de vue financier, cela ne vaut pas le coup d’investir dans ces travaux pour une exploitation de cinq ans seulement. Les Forces Motrices Bernoises (FMB), l’exploitant de la centrale, avait d’ores et déjà annoncé que Mühleberg serait maintenue en service jusqu’en 2022 au plus tard.   

En attendant la réalisation des travaux de sécurité, la centrale de Mühleberg va donc continuer son activité, malgré les nombreux défauts de sécurité admis par les FMB, ce qui en fait une véritable bombe à retardement. Il est temps pour les FMB de jeter l’éponge et d’arrêter de vouloir rafistoler continuellement cette centrale. L’IFSN doit prendre ses responsabilités et exiger un plan pour la mise à l’arrêt définitive de cette installation vieillissante.

Le canton de Berne doit sortir de son attitude passive et assumer son rôle. En tant qu’actionnaire principal de la centrale de Mühleberg une mise à l’arrêt immédiate représente une perte de revenus potentielle. Mais le canton a encaissé les profits de la centrale pendant de longues années, et porte ainsi une grande part de responsabilité dans le fait que les montants prévus pour la mise à l’arrêt et le démantèlement de la centrale sont largement insuffisants.

Mathias Schlegel est porte-parole de la campagne Climat & Energie de Greenpeace Suisse