La pêche industrielle fait des ravages

Loin des yeux...

Document - 16 août, 2010
Vue du ciel, la terre est couverte d’un grand manteau bleu: les océans. Aujourd’hui, les photos satellites permettent à n’importe quel internaute de découvrir des lieux inimaginables.

Mais approchez-vous des océans, et vous n’y verrez que du bleu... Pourtant, loin de nos yeux, sous cette surface bleue qui abrite plus de 80% de la vie de notre planète, les méthodes de pêche industrielles font des ravages. Les prises accessoires et les techniques destructrices utilisées ont un impact dévastateur sur les espèces, les écosystèmes et les fonds marins.

Chalutage de fond

Le chalutage de fond est la pratique de pêche la plus dévastatrice. D’énormes filets, les chaluts, sont tirés par un ou deux chalutiers sur le plancher océanique. Ils sont maintenus sur le fond marin par des plaques d’acier et avancent grâce à de gros rouleaux placés à l’avant, qui surmontent tous les obstacles. Cible: poissons vivant à proximité des fonds marins, à de très grandes profondeurs: empereurs, flétans, sabres noirs, certains requins.

Comme son nom l’indique, la pêche de grand fonds vise à pêcher les poissons vivant à proximité des fonds marins, à de très importantes profondeurs. Ce sont par exemple l’empereur, le flétan, le sabre noir ou certains requins, qui vivent dans des écosystèmes remarquables, comme par exemple les monts sous-marins ou les récifs coralliens. Plusieurs techniques existent pour les pêcher. La plupart du temps, les pêcheurs ont recours au chalutage de fond (voir infographie).

Prises accessoires

Les méthodes de pêche industrielles ne font pas la distinction entre les espèces ciblées et celles qui ne sont pas commercialisables, nommées prises accessoires. Ces prises accessoires – cétacés et mammifères marins, requins, tortues, oiseaux... – sont rejetées à la mer, agonisantes ou mortes. Jusqu’à 38 millions de tonnes de prises accessoires peuvent être rejetées chaque année au large, ce qui représente 40% du volume total de la pêche. Ce terrible phénomène affecte le fonctionnement des écosystèmes marins à certains endroits.

Les océans profonds – zones situées au-delà des plateaux continentaux et à de plus grandes profondeurs – sont l’une des dernières grandes réserves de biodiversité sauvage. Ils renferment une vie marine particulièrement sensible à toute perturbation. De nombreuses espèces d’eaux profondes sont délicates et ont une croissance lente, comme les coraux d’eau froide qui peuvent vivre des milliers d’années. Les espèces de poissons de grands fonds, dont la plupart sont déjà hautement vulnérables à la surpêche, se regroupent autour de reliefs topographiques isolés tels que les monts sous-marins, et sont donc facilement surexploitables.

Les avancées technologiques et la recherche nous révèlent sans cesse de nouvelles informations sur ces habitats isolés de grands fonds que sont les canyons, les monts sous-marins, les sources hydrothermales et les suintements froids (cold seeps en anglais). L’expansion rapide des pêcheries de grands fonds, ainsi que la demande pour d’autres ressources (exploitation pétrolière, gazière et, dans un futur proche, minière des grands fonds), menacent de causer des dommages étendus et irréversibles à ces habitats fragiles, avant même qu’on ait pu les étudier complètement. En réalité, les pêcheries de grands fonds exploitent les derniers refuges des espèces commerciales de poissons. Greenpeace considère qu’au lieu d’être perçues comme un substitut aux stocks déclinants des eaux peu profondes, les espèces de grands fonds et les écosystèmes complexes que ceux-ci habitent devraient être protégés par des mesures de conservation immédiates et strictement respectées.


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