Agriculture

Protégeons les abeilles

Page - 4 septembre, 2013
Les abeilles contribuent à 75% de la pollinisation des plantes que nous cultivons, leur importance est donc non seulement cruciale pour l’écosystème mais aussi pour l’homme. Les pesticides ne se contentent pas de repousser les insectes nuisibles, ils ont aussi des effets dévastateurs sur les abeilles.

Depuis la fin des années 90, les apiculteurs du monde entier constatent un recul inhabituel du nombre de colonies. ©Greenpeace/Beentjes

Les abeilles contribuent à 75% de la pollinisation des plantes que nous cultivons, leur importance est donc non seulement cruciale pour l’écosystème, mais aussi pour l’homme. Les pesticides ne se contentent pas de repousser les insectes nuisibles, ils ont aussi des effets dévastateurs sur les abeilles.

Depuis plusieurs années, la mortalité des abeilles et l’effondrement massif des colonies menacent directement la chaîne alimentaire humaine ainsi que la biodiversité. Les pouvoirs publics des pays occidentaux ont pris conscience du rôle crucial des pollinisateurs dans l’économie, mais la Suisse a tardé à interdire certains pesticides, notamment les néonicotinoïde, pourtant identifiés par de récentes recherches scientifiques comme l’une des causes du syndrome d’effondrement des colonies.

Le groupe régional Vaud à l'origine de la pétition. ©Greenpeace

Utilisés dans l’agriculture conventionnelle, les pesticides de la classe des néonicotinoïdes sont des insecticides systémiques qui agissent sur le système nerveux des insectes, mais qui sont également toxiques pour les mammifères. Leur toxicité est 5'000 à 7'000 fois plus importante que le DDT. L’usage de ces pesticides utilisés, soit pour enduire les semences, soit pour arroser les plantes, joue un rôle dévastateur dans le déclin des abeilles, même à faibles doses.

D’importantes études de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) ainsi qu’une étude publiée en avril 2013 par Greenpeace démontrent qu’une faible dose suffit déjà pour provoquer des problèmes de vol et de navigation chez les abeilles, réduire leur capacité de reproduction et de recherche efficace de nourriture; elle rend aussi les essaims plus sensibles aux maladies et aux parasites.

Selon le principe de précaution, Greenpeace Suisse, avec le soutien de l'association Kokopelli-Suisse, a demandé à la Confédération de décréter un moratoire de 10 ans sur les pesticides dont la toxicité et le risque pour les abeilles sont prouvés. En février 2013, la pétition a été remise aux autorités fédérales avec 80'103 signatures.

L’interdiction d’utiliser des pesticides nocifs pour les abeilles produits par Bayer et Syngenta sur les cultures de colza, de maïs, de tournesol et de coton a été approuvée  à fin avril 2013 par une majorité simple des Etats membres de l’Union européenne. La Suisse est allée moins loin: elle interdit l’utilisation de 3 néonicotinoïdes (l’imidaclopride, la clothianidine et le thiamethoxame) sur les cultures de maïs et de colza à partir de cet automne. Cette interdiction constitue un premier pas, mais ce n’est pas suffisant.

 

 

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