Toxiques

Detox! La vérité toxique sur la mode

Page - 29 septembre, 2013
Nos échantillons d'eau à grande échelle nous en ont fourni la preuve: l'industrie textile mondiale pollue les rivières en Chine - avec des effets désastreux sur l'environnement et les habitants. Parce que des millions de personnes dépendent de l’eau des rivières pour la consommation d’eau potable, la pêche et l’agriculture.

©Greenpeace

Des fournisseurs de marques de sport, en lien avec les usines analysées, déversent leurs eaux usées non filtrées dans les rivières. Elles proviennent de lavage chimique intensif, de procédés de teinture et de blanchiment. C’est pourquoi Greenpeace a mis en place une campagne d’envergure internationale "Detox!"

Greenpeace a publié en juillet 2011 son premier rapport "Dirty laundry". Ses analyses montrent comment des fournisseurs de Nike, Adidas et consorts polluent les rivières en Chine. Avec de graves conséquences sur l’environnement et la population qui utilise quotidiennement l’eau polluée de ces rivières. Les analyses du mois d’août 2011 vont plus loin: la plupart des vêtements de marque testés dans le monde contiennent des résidus d’éthoxylates de nonylphénol (NPE), des substances chimiques toxiques. Des laboratoires indépendants mandatés par Greenpeace ont trouvé des NPE dans 52 produits sur 78.

L’industrie textile est l’une des plus grandes consommatrices en eau: jusqu’à 100 litres d’eau sont utilisés pour produire 1 kilo de tissu. De nombreux produits chimiques tels que des nonylphénols et des composés perfluorés interviennent lors des différentes étapes de la production telles que la teinture, le blanchiment ou l’impression. Si certaines substances nocives pour la santé restent dans le produit, la plupart sont rejetées dans les eaux usées de l’usine. Même les stations d’épuration modernes ne parviennent pas à les filtrer complètement. La pollution de l’eau des rivières, des nappes phréatiques et de l’eau de consommation courante en est la conséquence. L’utilisation de plusieurs de ces produits chimiques ou leur rejet dans les rivières est interdit en Suisse et en Europe.

Les lessives libèrent dans les eaux suisses des substances chimiques toxiques et œstrogéniques. Selon une étude de Greenpeace publiée en mars 2012, jusqu’à 94% des éthoxylates de nonylphénol (NPE) présents sur des textiles importés sont éliminés lors du premier lavage en machine. Les NPE rejettent dans les eaux usées du nonylphénol (NP), une substance nocive pour l’environnement.

Greenpeace demande aux fabricants d’articles de sport de cesser de polluer l'eau des pays du Sud. "Detox!": les géants des vêtements de sport doivent faire le ménage dans leurs produits et leur chaîne d’approvisionnement. Ils doivent veiller à ce que leurs producteurs en Chine ou ailleurs renoncent à l’utilisation de substances toxiques. 17 entreprises se sont déjà engagées à décontaminer leur production, avec comme objectif l’élimination complète des substances toxiques d’ici à 2020.

Greenpeace demande également aux gouvernements d’adapter leur législation, par exemple en décrétant l’interdiction totale des rejets et l’élimination des substances toxiques en l’espace d’une génération, ainsi qu’en garantissant l’information au public concernant l’utilisation des substances toxiques.

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