Detox!

La politique d’achats de textiles de Greenpeace

Page - 5 novembre, 2012
Pour Greenpeace, l’industrie de la mode ne doit pas contribuer à la destruction de la planète. Les substances toxiques doivent être bannies de la fabrication et du lavage des vêtements, qu’elles soient utilisées au cours du processus ou rejetées dans le milieu ambiant. Dans de nombreuses régions du monde, l’industrie textile pollue durablement les eaux en y déversant des substances chimiques dangereuses, comme s’il s’agissait de son propre tout-à-l’égout. Ces substances perturbent notamment le système hormonal. Il n’existe actuellement aucune norme en mesure de garantir que nos vêtements ont été fabriqués sans recourir à ces poisons.

La nouvelle politique d’achats textiles de Greenpeace International concerne tous les produits à base de coton. ©Greenpeace/Gratzer

En tant qu’organisation militante, nous sommes des millions de personnes dans le monde entier à réclamer de l’industrie textile qu’elle relève le défi Detox , qu’elles se libèrent de leur dépendance aux substances chimiques nocives pour la santé et qu’elles fabriquent des vêtements de qualité sans polluer les eaux.

Tant que les marques et les fournisseurs ne pourront pas prouver de manière transparente que leurs vêtements ont été fabriqués sans utiliser ou rejeter des substances nocives, Greenpeace ne vendra plus aucun produit textile. Nous avons certes intérêt à ce que nos membres portent des T-shirts qui peuvent changer le monde, mais nous ne recommencerons à en vendre que lorsque l’industrie sera en mesure de nous offrir des articles absolument sans toxiques. Nous commanderons les quelques vêtements dont nous avons besoin pour nos campagnes (les militants doivent eux aussi se vêtir!) auprès des fabricants qui rempliront au mieux les exigences de notre politique d’achat. Nous évaluerons régulièrement celle-ci afin de l’adapter aux progrès qui auront été accomplis en vue d’une production non toxique.

Si les marques sont nombreuses à s’engager dans cette voie et à développer des solutions durables, les consommateurs n’auront bientôt plus à se préoccuper des substances toxiques dans leurs produits textiles. Nous devons saluer la performance des fabricants qui s’attaquent au problème et ne pas craindre de faire connaître notre opinion à ceux qui se mettent en travers du chemin vers un futur sans polluants. Si vous pensez comme nous et êtes fermement convaincu que la mode n’est pas compatible avec la destruction de l’environnement, n’hésitez pas à signer notre manifeste pour des vêtements non toxiques.

Où puis-je acheter un T-shirt Greenpeace?

En ce moment, cela n’est pas possible. Nous avons suspendu la vente de l’ensemble de notre assortiment textile. Ceci jusqu’à ce que nos fournisseurs puissent nous prouver qu’ils sont en mesure de nous proposer des vêtements fabriqués sans aucune substance nocive pour la santé. Dès maintenant, tous les produits textiles utilisés dans nos campagnes doivent être conformes à notre politique d’achat. Nous continuons à utiliser nos stocks – par exemple de T-shirts – au lieu de les jeter.

Je possède un article textile Greenpeace. Que dois-je faire?

Vous pouvez sans problème le garder, même si la qualité de la production ne correspond pas aux normes que nous voulons aujourd’hui voir respectées par l’industrie! Porter nos articles ne mettra pas votre santé en danger. Le comportement le plus écologique consiste à porter vos vêtements le plus longtemps possible, pour qu’ils restent dans vos armoires et ne contribuent pas à l’augmentation des déchets.

En quoi consiste la nouvelle politique d’achats de textiles de Greenpeace?

À partir de maintenant, nous n’achetons que des textiles qui n’ont qu’un impact minimal sur l’environnement et qui correspondent aux valeurs fondamentales de notre organisation. La nouvelle politique d’achats textiles de Greenpeace International concerne tous les produits à base de coton que nous achèterons dorénavant. Une proposition a été élaborée en vue d’une politique globale à ce sujet ; selon la nouvelle politique d’achats, tous les textiles doivent provenir de la production biologique et du commerce équitable, et présenter un certificat GOTS (ou un label de qualité comparable). Les teintures doivent être non toxiques et ne pas nuire à l’environnement. Ce n’est qu’à ces conditions que les articles rempliront les nouvelles normes Greenpeace.

Quelles sont les exigences de Greenpeace envers les marques?

Nous demandons à toutes les marques de supprimer les substances chimiques toxiques de toute la chaîne de production et de tous les articles – qu’elles soient utilisées dans les processus de fabrication ou rejetées dans le milieu ambiant. Ces substances ont de dangereuses propriétés; très lentes à se désintégrer, elles s’accumulent dans les écosystèmes; elles peuvent avoir des effets toxiques, cancérigènes et mutagènes, induire des perturbations des systèmes reproducteur et hormonal, et porter atteinte à la santé des êtres humains et à l’environnement.

Les marques travaillent la plupart du temps avec de nombreux fournisseurs. Les substances dangereuses utilisées et rejetées dans la nature durant les différentes étapes du processus de fabrication se retrouvent également dans les produits finis – les vêtements que nous portons. Les médias et les consommateurs ont le droit de savoir ce qui atterrit dans leur eau et dans les habits. Les marques doivent publier quelles sont les substances nocives utilisées par chacun de leurs sous-traitants.

Depuis le lancement de notre campagne mondiale en 2011, les entreprises Puma, Nike, Adidas, H&M, LiNing, M&S et C&A se sont engagées à cesser d’utiliser des substances chimiques dangereuses pour la fabrication de leurs produits. C’est un bon début, mais bien d’autres marques doivent encore prendre conscience de l’urgence de la situation et agir en conséquence. Nous  continuons à faire campagne et n’allons pas relâcher la pression afin d’obtenir des solutions constructives et innovantes dans le secteur de l’habillement.

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