Yaoundé, 22 novembre 2018- Les répercussions socio-économiques et environnementales négatives des activités de Sudcam dans le sud du Cameroun ont incité les acteurs du gouvernement et de la société civile à entreprendre un travail de terrain dans les zones de concession de Sudcam. La visite des villages de Bitye, Edjom, Ndibessong, Zoumeyo et Ekok a mis en lumière la détresse des communautés locales et autochtones et la déforestation non réglementée à grande échelle qui se déroule au Cameroun.

Le Réseau camerounais des organisations de défense des droits de l’homme (RECODH), le Conseil des Eglises protestantes du Cameroun (CEPCA), des sénateurs, des parlementaires, des représentants des autorités traditionnelles et Greenpeace Afrique ont participé à ce voyage.

« Nous avons assisté à une réalité inquiétante de communautés locales et autochtones privées de leurs droits humains fondamentaux par une grande et puissante entreprise. Les Baka ont été déplacés de leur campements et privés de leurs moyens de subsistance sans compensation juste et adéquate. En refusant de répondre aux préoccupations sociales qui touchent les communautés riveraines, Sudcam nourrit une bombe à retardement » a déclaré Joseph Zebaze, le coordinateur national du RECODH.

Le gouvernement camerounais et Sudcam n’ont pas procédé à un consentement libre, préalable et éclairé (CLIP) ni à aucune consultation appropriée entre le gouvernement, Sudcam et les communautés locales avant l’acquisition et le développement du terrain. En conséquence, les communautés locales ont exprimé leur mécontentement à mesure que Sudcam s’étend, leur enlevant leurs terres et leur identité.

« Il est de notre responsabilité collective, en tant que chrétiens de bonne volonté, de mettre en garde contre les conflits évitables », a déclaré M. Mbagna Francis du CEPCA. « Les témoignages que nous avons receuillis auprès des communautés locales et autochtones touchées dans les villages concernés sont déplorables. Il est impératif de mettre fin aux activités négatives de Sudcam et je suis heureux que nous soyons sur le terrain avec des sénateurs et des parlementaires. J’espère qu’ils résoudront ces problèmes au niveau legislative », a ajouté M. Mbagna.

Il n’y a pas de mécanismes adaptés de règlement des différends en place pour traiter les griefs des membres des collectivités locales affectées. Il est allégué que les plaintes auprès des autorités administratives ne sont pas enregistrées ou entraînent des menaces de la part de l’entreprise et de ses promoteurs.

« Sudcam est recouverte d’une toile complexe conçue pour cacher ses maîtres. Il est allégué que 20% de la société est détenue par un membre du gouvernement camerounais dont l’identité reste un mystère », a déclaré Eric Ini, responsable de la campagne forestière pour Greenpeace Afrique.

« Nous demandons à Sudcam de suspendre immédiatement tout nouveau défrichement et de s’engager dans un processus de résolution des conflits avec les communautés locales et autochtones, en s’attaquant aux violations des droits et en offrant des réparations pour les dommages causés par les déplacements physiques et économiques. Ils doivent donner la priorité à la restitution et à la restauration des terres. En outre, SUDCAM devrait rendre publics tous les documents relatifs à sa propriété, à son processus d’acquisition des terres et à toute étude d’impact environnemental et social qu’il a realise » a conclu Ini.

Contact pour les medias :

Nchemty M. Ozongashu, Chargé de la Communication – Greenpeace Afrique, 677-345-612, nmetimio@greenpeace.org