Douala, le 11 décembre 2018 – Greenpeace Afrique, en partenariat avec Nsang Dilong, Fredy Kristel et Alenne Menget lance aujourd’hui une campagne contre l’accaparement des terres en utilisant des vidéos, une pétition en ligne et hors ligne au Cameroun. Le lancement de la campagne à Douala, intervient après une visite de terrain dans les villages de Bitye, Edjom, Ndibessong, Zoumeyo et Ekok, qui a mis en lumière le sort des communautés locales et autochtones et l’accaparement des terres non réglementé au Cameroun.

« Les conséquences socioéconomiques de l’accaparement des terres dans nos communautés locales sont de grande portée », a déclaré Nsang Dilong. « Nous prêtons notre voix à cette campagne de Greenpeace Afrique en tant que Camerounais et artistes engagés. Nous utilisons nos vidéos pour soutenir les communautés locales dans la lutte contre les méfaits des entreprises de caoutchouc telles que Sudcam, une filiale de Halcyon Agri. Nous voulons que les droits coutumiers sur les terres de ces communautés soient respectés et que la forêt dont elles dépendent pour leur subsistance soit protégée », a ajouté Dilong.

Les vidéos et les sketches humoristiques constituent un moyen utilisé par les acteurs tels que Nsang Dilong, Fredy Kristel et Alenne Menget pour présenter le grave problème de l’accaparement des terres d’une manière compréhensible pour tous les Camerounais. Les vidéos peuvent être visionnées via ce lien. Aussi, un l’appel est lancé à tous les Camerounais en particulier, et aux Africains en général, pour qu’ils agissent contre le problème de l’accaparement des terres en signant cette pétition en ligne contre Sudcam, un cas classique d’accaparement des terres.

« Les activités de Sudcam nous privent de notre gagne-pain et nous n’avons aucune institution fiable pour traiter nos griefs », a déclaré Mekoulou Ondo Thomas, de la communauté Edjom. « Nous travaillons en partenariat avec Greenpeace et d’autres artistes dans le cadre de cette campagne contre l’accaparement des terres, car nous savons que plus nous avons de personnes à nos côtés, plus nous avons de chances de faire entendre notre voix et d’amener les autorités compétentes à agir. Nous en appelons à nos sénateurs et nos parlementaires à adopter des lois appropriées pour nous protéger des activités de Sudcam », a ajouté Mekoulou.

La société a défriché plus de 10 000 hectares de forêt pour y planter l’hévéa. Il s’ensuit que certaines communautés locales et autochtones de la région du sud ont été déplacées et ne sont pas encore indemnisées de manière adéquate pour leurs terres.  Il y a également une acquisition et une gestion irresponsables des terres pour la culture du caoutchouc naturel et le non-respect des droits fonciers coutumiers, ce qui compromet l’approvisionnement alimentaire des communautés locales et autochtones.

« Greenpeace Afrique est préoccupée par les activités d’accaparement des terres menées par des multinationales telles que Sudcam dans le Sud Cameroun. Avec le lancement de cette campagne, nous appelons Sudcam à s’engager dans un processus de résolution de conflit avec les communautés locales et autochtones, et à mettre un terme à la déforestation. Sudcam doit accorder la priorité à la restitution des terres, et dédommager de manière adéquate les communautés déplacées. L’entreprise devrait également divulguer publiquement tous les documents relatifs à sa propriété, au processus d’acquisition des terres et à l’étude d’impact environnemental et social qu’elle a réalisée », a déclaré Eric Ini, chargé de la campagne pour la forêt chez Greenpeace Afrique.

Contact Média:
Nchemty M. Ozongashu, Responsable Communications – Greenpeace Afrique, 677-345-612, nmetimio@greenpeace.org