{"id":13301,"date":"2021-03-18T14:02:13","date_gmt":"2021-03-18T14:02:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=13301"},"modified":"2021-12-01T12:40:27","modified_gmt":"2021-12-01T12:40:27","slug":"camvert-ou-le-mauvais-modele-de-projets-de-developpement-que-le-cameroun-doit-stopper","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/publications-fr\/13301\/camvert-ou-le-mauvais-modele-de-projets-de-developpement-que-le-cameroun-doit-stopper\/","title":{"rendered":"Camvert ou le mauvais mod\u00e8le de projets de d\u00e9veloppement que le Cameroun doit stopper"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-buttons aligncenter is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-cta\"><a class=\"wp-block-button__link\"><strong>PROT\u00c9GER LE C\u0152UR VERT DE L&#8217;AFRIQUE<\/strong><\/a><\/div>\n<\/div>\n\n<p><em>Dans le d\u00e9partement de l&#8217;Oc\u00e9an, Cameroun Vert Sarl (Camvert), la soci\u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par un myst\u00e9rieux entrepreneur, Aboubakar al-Fatih, compte raser 60 000 hectares de for\u00eat \u00e0 Campo et Niete &#8211; une&nbsp; superficie \u00e9quivalente \u00e0 trois fois la ville de Douala &#8211; pour faire place \u00e0 une plantation industrielle de palmier \u00e0 huile et une usine de transformation. C\u2019est une v\u00e9ritable arnaque pour les communaut\u00e9s locales et autochtones dont la survie d\u00e9pend en majeure partie ou essentiellement de la for\u00eat.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n<p>Vendues aux gouvernements post-coloniaux comme des projets de d\u00e9veloppement, les plantations industrielles de palmier \u00e0 huile, \u00e0 l\u2019instar des autres plantations de monoculture, se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es partout en Afrique de v\u00e9ritables d\u00e9sastres environnementaux et sociaux. Ils prennent leur origine \u00e0 l&#8217;\u00e9poque coloniale alors que les pays colonis\u00e9s devaient produire, \u00e0 coup de travail forc\u00e9, la mati\u00e8re premi\u00e8re n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement des industries occidentales.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Le projet Camvert s\u2019inscrit dans la m\u00eame lanc\u00e9e que ces plantations d\u2019un autre temps. Malgr\u00e9 le label \u201cnationaliste\u201d ou \u201cpatriotique\u201d dont veulent se prevaloir ses promoteurs,&nbsp; il est con\u00e7u selon un modele \u00e0 peu pr\u00e8s identique. Les impacts positifs sur le plan \u00e9conomique tel qu\u2019annonc\u00e9s par ces derniers ne repr\u00e9sentent en r\u00e9alit\u00e9 que des promesses vaines. Au contraire, le projet affiche d\u00e9j\u00e0 ses ambitions en mati\u00e8re de violation des droits des communaut\u00e9s vivant dans la zone cibl\u00e9e. Les droits \u00e0 l&#8217;information et \u00e0 la participation ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s voire refus\u00e9s \u00e0 une partie de ces communaut\u00e9s, qui n\u2019ont pas eu l&#8217;opportunit\u00e9 de donner leur consentement avant l\u2019arriv\u00e9e des bulldozers.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Au moins six villages, y compris les populations autochtones Bagyeli, ont exprim\u00e9 leur opposition, et au moins quatre autres ont signifi\u00e9 de fortes r\u00e9serves \u00e0 voir le projet \u00eatre impl\u00e9ment\u00e9 dans la for\u00eat. Ces positions ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es en d\u00e9pit des craintes que les communaut\u00e9s ressentent de prendre clairement position contre ce projet du fait des risques et d\u2019actions d\u2019intimidation d\u00e9j\u00e0 mises en \u0153uvre depuis des mois. Elles voient en ce projet une cause de perte des droits d\u2019usages qu\u2019elles exercent dans la for\u00eat cibl\u00e9e. En octobre dernier, une association Bagyeli, Bagyeli\u2019s Cultural and Development Association (BACUDA), en collaboration avec Appui pour la Protection de l\u2019Environnement et le D\u00e9veloppement (APED) et Forest Peoples Programme, ont soumis une requ\u00eate au Comit\u00e9 pour l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD) de l\u2019ONU pour protester l\u2019accaparement de leurs terres ancestrales par Camvert.<\/p>\n\n<p>Sur le plan environnemental, le projet contribuera \u00e0 accentuer la pression sur la biodiversit\u00e9 du parc national de Campo Ma\u2019an dont la zone d\u00e9class\u00e9e constitue un corridor de passage. Les conflits homme-faune d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents seront d\u00e9cupl\u00e9s avec risque important d\u2019accroissement du braconnage, rendant plus difficile la conservation de cette riche et unique biodiversit\u00e9. Nul besoin d\u2019y ajouter la perte du couvert forestier pr\u00e9vue. D\u2019ailleurs, pour se justifier, les promoteurs du projet Camvert n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 porter l&#8217;id\u00e9e fausse selon laquelle les plantations de palmiers \u00e0 huile sont des for\u00eats car \u00ab <em>les palmiers sont des arbres et font la photosynth\u00e8se\u201d <\/em>au m\u00eame titre que celles-ci. Or le palmier \u00e0 huile n\u2019est pas un arbre, et son entretien exige des produits chimiques souvent carcinog\u00e8nes.&nbsp; Les terres et cours d&#8217;eau voire la mer risquent d\u2019\u00eatre pollu\u00e9s de mani\u00e8re irr\u00e9versible.&nbsp; De plus, la faune et la flore qu\u2019abrite normalement une for\u00eat ne saurait se retrouver dans les plantations de palmiers \u00e0 huile &#8211; au contraire, ces derni\u00e8res sont plut\u00f4t des d\u00e9serts de biodiversit\u00e9.<\/p>\n\n<p>Rappelons qu\u2019en 2015, le Cameroun s\u2019est engag\u00e9 lors de la Conf\u00e9rence de Paris sur les changements climatiques \u00e0 r\u00e9duire ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre de 32%. Cet engagement a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti autour de la pr\u00e9servation de ses for\u00eats, qui font partie de la for\u00eat du Bassin du Congo, deuxi\u00e8me poumon \u00e9cologique de la plan\u00e8te apr\u00e8s l&#8217;Amazonie.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Au-del\u00e0 de ces aspects, le d\u00e9classement de la for\u00eat de production par le Premier ministre en novembre 2019 ainsi que le feu vert donn\u00e9 par le Minist\u00e8re des domaines, du cadastre et des affaires fonci\u00e8res pour le d\u00e9frichement de 2 500 ha, en mars 2020, ont \u00e9t\u00e9 parfaitement&nbsp; <a href=\"https:\/\/app.luminpdf.com\/viewer\/60462ab88b8bf20012fe939b\">ill\u00e9gaux<\/a>. A elles seules, ces ill\u00e9galit\u00e9s devraient, dans un Etat de droit,&nbsp; stopper net la mise en place de ce projet.<\/p>\n\n<p>C\u2019est \u00e9videmment toute la logique de gestion des for\u00eats et des terres qui est remise en cause. En effet, la mise en place du projet Camvert repr\u00e9sente un dangereux pr\u00e9c\u00e9dent et une tendance qui est de plus en plus observ\u00e9e dans le contexte du Cameroun avec des for\u00eats du domaine forestier permanent.&nbsp; Ces for\u00eats, destin\u00e9es \u00e0 demeurer des for\u00eats, sont d\u00e9class\u00e9es au profit de projets non forestiers sans le n\u00e9cessaire reclassement, pr\u00e9vu par la loi, d\u2019une for\u00eat de m\u00eame nature dans la m\u00eame zone agro \u00e9cologique.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Le sacrifice social et environnemental est certainement trop important par rapport aux promesses miroit\u00e9es mais vides. Laisser prosp\u00e9rer ce projet inscrirait le Cameroun dans une logique qui va \u00e0 contre courant de la dynamique de d\u00e9veloppement qui devrait \u00eatre le sien et dont les pr\u00e9mices sont inscrits dans la strat\u00e9gie nationale de d\u00e9veloppement durable 2020-2030, la politique d&#8217;am\u00e9nagement et de d\u00e9veloppement durable du territoire ainsi que toutes les autres politiques nationales et engagements internationaux du Cameroun en mati\u00e8re de protection de l\u2019environnement, de protection de la biodiversit\u00e9, de lutte contre les changements climatiques mais aussi de garantie des droits des communaut\u00e9s. La valeur \u00e9conomique des for\u00eats est bien plus importante et demeure jusqu\u2019ici faiblement pr\u00e9sent\u00e9e voire ignor\u00e9e dans le contexte et les projections de d\u00e9veloppement du Cameroun. Il est urgent de stopper ce projet et de mettre en place un processus inclusif et participatif d&#8217;am\u00e9nagement du territoire qui tienne en compte les int\u00e9r\u00eats des populations de la zone. De m\u00eame, le Ministre des domaines, du cadastre et des affaires fonci\u00e8res devrait faire l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate pour son autorisation ill\u00e9gale de raser 2 500 hectares de for\u00eats.<\/p>\n\t\t\t<section\n\t\t\tclass=\"boxout post-4756 \"\n\t\t\t\n\t\t>\n\t\t\t<a\n\t\t\t\tdata-ga-category=\"Take Action Boxout\"\n\t\t\t\tdata-ga-action=\"Image\"\n\t\t\t\tdata-ga-label=\"n\/a\"\n\t\t\t\tclass=\"cover-card-overlay\"\n\t\t\t\thref=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/agir\/congobasinforest\/\" \n\t\t\t><\/a>\n\t\t\t\t\t\t\t<img\n\t\t\t\t\t\tsrc=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2018\/11\/f2005b2a-gp0stoupc-1024x683.jpg\"\n\t\t\t\t\t\tsrcset=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2018\/11\/f2005b2a-gp0stoupc-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2018\/11\/f2005b2a-gp0stoupc-768x512.jpg 768w, 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