{"id":2433,"date":"2017-04-20T13:30:00","date_gmt":"2017-04-20T13:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/non-classifiee\/2433\/jai-vu-de-mes-propres-yeux-le-pillage-de-nos-oceans\/"},"modified":"2019-11-06T08:23:08","modified_gmt":"2019-11-06T08:23:08","slug":"jai-vu-de-mes-propres-yeux-le-pillage-de-nos-oceans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/2433\/jai-vu-de-mes-propres-yeux-le-pillage-de-nos-oceans\/","title":{"rendered":"\u201cJ\u2019ai vu de mes propres yeux le pillage de nos oc\u00e9ans\u201d"},"content":{"rendered":"<div class=\"post-content\">\n<div>\n<p><strong>En quatre jours, quatre cas de p\u00eache ill\u00e9gale en Sierra Leone<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes sur l\u2019Esperanza, peu avant midi, lorsqu\u2019un point appara\u00eet, de fa\u00e7on un peu inattendue, sur notre radar. L\u2019\u00e9quipage discute alors des quatre kilogrammes d\u2019ailerons de requins que nous avons trouv\u00e9s quelques heures plus t\u00f4t sur le F\/V Eighteen, un navire battant pavillon italien. Mais cette interruption semble valoir la peine.<\/p>\n<p>Normalement, le syst\u00e8me d\u2019identification automatique (AIS) d\u2019un bateau de p\u00eache doit \u00eatre activ\u00e9 et nous devrions savoir imm\u00e9diatement de quel type de bateau il s\u2019agit. Ce n\u2019est pas le cas pour ce bateau. Nous devons nous approcher pour en savoir plus sur son identit\u00e9 et ses activit\u00e9s.<\/p>\n<p>A mesure que nous approchons, la silhouette d\u2019un petit bateau de p\u00eache s\u2019impose progressivement \u00e0 notre regard. Arriv\u00e9s tout pr\u00e8s du navire, nous remarquons sa coque rouill\u00e9e et son pont crasseux. Nous constatons \u00e9galement que son nom est masqu\u00e9 par les restes d\u2019un vieux filet, ce qui est ill\u00e9gal au regard de la r\u00e9glementation sur la p\u00eache.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9action de l\u2019\u00e9quipage \u00e0 notre approche est d\u2019essayer de s\u2019\u00e9chapper. Se rendant compte, n\u00e9anmoins, que cela est \u00e9videmment impossible, il accepte que nous montions \u00e0 bord avec les responsables des p\u00eaches sierra-l\u00e9onais.<\/p>\n<p>Alors que nous nous pr\u00e9parons \u00e0 monter \u00e0 bord du navire, son \u00e9quipage se met \u00e0 le nettoyer. Il commence par retirer le filet sinistre qui escamote le nom du bateau. Quatre lettres apparaissent : C. O. N. A. Le Cona.<\/p>\n<p>Notre \u00e9quipe rest\u00e9e sur le pont de l\u2019Esperanza m\u00e8ne sa petite enqu\u00eate. Il s\u2019agit d\u2019un bateau cor\u00e9en, chose peu courante en ces eaux. Le capitaine est chinois, son second est cor\u00e9en et le reste de l\u2019\u00e9quipage est compos\u00e9 de ressortissants ouest-africains. Fort heureusement, nous avons des Chinois parmi nous qui peuvent communiquer avec le capitaine.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le nettoyage, le bateau est dans un \u00e9tat lamentable. Des filets, de la salet\u00e9 et des poissons morts jonchent le pont rouill\u00e9. Nous constatons que ce petit bateau de 21\u00a0m\u00e8tres de long abrite 20\u00a0employ\u00e9s, vivant dans la promiscuit\u00e9 et le manque d\u2019hygi\u00e8ne.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe d\u2019inspection demande \u00e0 mesurer les filets du bateau. Aux termes de la loi sierra-l\u00e9onaise, les mailles de filets de ce type de bateau doivent \u00eatre d\u2019au moins 60\u00a0mm, autrement ils p\u00eacheraient des poissons en dehors de leur licence. Les filets du Cona ne mesurent que 53\u00a0mm, soit bien en-de\u00e7\u00e0 de la norme.<\/p>\n<p>Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un cas patent de p\u00eache ill\u00e9gale et les inspecteurs des services des p\u00eaches sierra-l\u00e9onais confisquent les passeports du capitaine et de l\u2019\u00e9quipage et leur demandent de retourner au port. Le bateau \u00e9copera d\u2019amendes.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, nous rencontrons deux bateaux chinois, le Fu Hai Yu 1111 et le Fu Hai Yu 2222. Nous les avons suivis toute la nuit et constat\u00e9 qu\u2019ils d\u00e9rivaient vers des eaux de haute mer o\u00f9 ils ne pourraient pas p\u00eacher.<\/p>\n<p>Nous lan\u00e7ons Daisy, la \u00ab\u00a0c\u00f4te\u00a0\u00bb de l\u2019Esperanza \u2013 l\u2019un de nos zodiacs rapides \u2013 dans la matin\u00e9e et commen\u00e7ons notre approche.<\/p>\n<p>D\u00e8s que nous montons \u00e0 bord du 1111, le capitaine commence \u00e0 se comporter de fa\u00e7on \u00e9trange. Il nous pr\u00e9sente un filet tout neuf, nous portant plus \u00e0 douter qu\u2019\u00e0 croire \u00e0 son innocence. D\u00e8s qu\u2019il voit le filet, l\u2019inspecteur sait qu\u2019il n\u2019a jamais servi et commence \u00e0 rechercher les filets que le navire utilise effectivement.<\/p>\n<p>Au bout d\u2019un moment, nous trouvons deux autres filets, qui ont manifestement l\u2019air d\u2019avoir servi. L\u2019un est cach\u00e9 dans une cabine ferm\u00e9e et l\u2019autre dans la chambre froide. Leurs mailles mesurent 51\u00a0mm \u2013 encore une infraction caract\u00e9ris\u00e9e.<\/p>\n<p>La chambre froide du 1111 contient aussi une montagne de 70\u00a0sacs de carcasses. Cela n\u2019est pas ill\u00e9gal lorsqu\u2019il s\u2019agit de prises accessoires, mais nous rappelle de fa\u00e7on terrifiante la d\u00e9solation que la p\u00eache industrielle laisse sur son passage.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipage du 2222 est plus honn\u00eate avec nous, mais nous d\u00e9couvrons \u00e0 bord des r\u00e9sultats similaires. En plus de l\u2019infraction concernant la taille des filets, les deux bateaux n\u2019ont pas de journal de bord digne de ce nom et affirment qu\u2019ils d\u00e9barquent leurs prises dans les eaux lib\u00e9riennes, bien que leur licence ne leur permette pas de le faire \u00e0 bord.<\/p>\n<p>Les deux bateaux sont eux aussi enjoints de rejoindre le port et \u00e9coperont d\u2019amendes.<\/p>\n<p>Nous ne rencontrons pas que des navires chinois et cor\u00e9ens dans les eaux sierra-l\u00e9onaises. Il y a \u00e9galement le navire battant pavillon italien, qui avait \u00e0 son bord quatre kilos d\u2019ailerons de requins. Malheureusement, cela n\u2019est pas encore ill\u00e9gal en Sierra Leone. Autrement, ce bateau aurait \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement renvoy\u00e9 au port.\u00a0Cela constitue n\u00e9anmoins une violation manifeste des r\u00e8gles de p\u00eache de l\u2019Union europ\u00e9enne. Greenpeace signalera ces violations aux autorit\u00e9s europ\u00e9ennes et italiennes comp\u00e9tentes.<\/p>\n<p>C\u2019est le sort de nos pr\u00e9cieux oc\u00e9ans qui m\u2019a incit\u00e9 \u00e0 rejoindre Greenpeace. H\u00e9las, depuis six ans que je travaille sur ce sujet, beaucoup de probl\u00e8mes perdurent.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu des bateaux de p\u00eache ignorer la loi de fa\u00e7on flagrante. J\u2019ai vu un \u00e9quipage applaudir la saisie de son bateau, reconnaissant le caract\u00e8re abusif des ordres de son capitaine. Et j\u2019ai entendu des gens \u00e0 terre, partout en Afrique de l\u2019Ouest, parler de leur souffrance.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bit.ly\/2lb39vj\">Il est temps d\u2019agir. <\/a>Nous devons v\u00e9hiculer le message selon lequel les gouvernements ouest-africains doivent coop\u00e9rer dans la gestion de ces oc\u00e9ans, pour les oc\u00e9ans et pour les populations.<\/p>\n<p>Par Ahmed Diam\u00e9, charg\u00e9 de campagne Oc\u00e9ans, Greenpeace Afrique<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En quatre jours, quatre cas de p\u00eache ill\u00e9gale en Sierra Leone<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":1278,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[52],"tags":[53],"p4-page-type":[104],"class_list":["post-2433","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-proteger-lenvironnement","tag-peche","p4-page-type-les-blogs"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2433"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3204,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433\/revisions\/3204"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2433"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=2433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}