{"id":53330,"date":"2023-03-17T11:18:11","date_gmt":"2023-03-17T11:18:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=53330"},"modified":"2023-03-17T11:18:14","modified_gmt":"2023-03-17T11:18:14","slug":"absence-de-statut-legal-et-presence-dusines-de-farine-et-dhuile-de-poisson-un-paradoxe-qui-hante-les-femmes-transformatrices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/53330\/absence-de-statut-legal-et-presence-dusines-de-farine-et-dhuile-de-poisson-un-paradoxe-qui-hante-les-femmes-transformatrices\/","title":{"rendered":"<strong>Absence de statut l\u00e9gal et pr\u00e9sence d\u2019usines de farine et d\u2019huile de poisson : un paradoxe qui hante les femmes transformatrices<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Faute de ressources, au S\u00e9n\u00e9gal, les femmes transformatrices des produits halieutiques rencontrent d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s. La pr\u00e9sence des usines de farine de poisson exacerbe ce probl\u00e8me. Autrefois, ces femmes tenaient les charges familiales avec leurs revenus. Ce qui n\u2019est plus possible aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh5.googleusercontent.com\/CFh4sC2ImLBwfcFdyW4xiY3am1OjreVd91arG1H2NvkV3VPKnBDAtBPEdZNwI07KW3p1zhDnQH4aSr-wWEN7vPanJsOpAVjAZpbZXKgsKsG6x8OmW0lM8XC1niNvDVeHTqO_R-9vP1SzH6RDizdANIE\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n<p><strong>Cr\u00e9dit Photo : Omar Bayo Fall \/ Greenpeace<\/strong><\/p>\n\n<p>Avec l\u2019av\u00e8nement des usines, le m\u00e9tier de transformation des produits halieutiques ne nourrit plus son homme. Les femmes sont d\u00e9sormais contraintes de partager le peu de capture que ram\u00e8nent les p\u00eacheurs avec leurs concurrents. Elles se contentent la plupart du temps des \u00e9tals vides, les usines ayant tout englouti. Pourtant, c\u2019est un m\u00e9tier o\u00f9 s&#8217;activent des milliers de femmes. Gr\u00e2ce aux efforts de nos mamans, tantes, s\u0153urs et filles, toute la r\u00e9gion ouest-africaine b\u00e9n\u00e9ficiait des produits transform\u00e9s \u00e0 des prix accessibles, comme en t\u00e9moigne Maty Ndao, pr\u00e9sidente des femmes transformatrices des produits halieutiques du site de transformation de Cayar. <em>\u00abAuparavant il y avait beaucoup de poissons. Certains pays de la sous-r\u00e9gion venaient ici pour s\u2019approvisionner en produits halieutiques. Les Burkinab\u00e9s quittaient leur pays pour acheter du poisson fum\u00e9 ici. Non seulement le produit \u00e9tait accessible mais surtout, on s\u2019en sortait tr\u00e8s bien, surtout, c\u00f4t\u00e9 financier \u00bb,<\/em> elle ajoute : \u00ab <em>Le matin, j\u2019\u00e9tais press\u00e9e de venir au travail, car une fois devant les produits, je retrouvais le sourire<\/em>\u00bb. Un sourire qui vraisemblablement a \u00e9t\u00e9&nbsp; \u00e9touff\u00e9 par les maux qui minent le secteur de la p\u00eache. Anta Diouf, femme transformatrice \u00e0 Mballing, se souvient \u00e9galement de la belle \u00e9poque, quand elle d\u00e9bordait de commandes venant de toutes parts dans le monde. Les revenus de leurs activit\u00e9s de transformation leur permettaient de subvenir \u00e0 leurs besoins et \u00e0 ceux de leurs familles. Scolarit\u00e9 des enfants, frais d\u2019h\u00f4pitaux, d\u00e9penses quotidiennes provenaient de leurs gains. De v\u00e9ritables piliers de familles ! \u00ab <em>On n\u2019attendait pas la d\u00e9pense quotidienne de la part de nos \u00e9poux. Parce que notre commerce marchait tr\u00e8s bien. Chaque matin, je sortais 6000 f pour la d\u00e9pense. Nous sommes toutes des m\u00e8res de famille. Au-del\u00e0 de la d\u00e9pense quotidienne aussi, chaque fin du mois, on faisait des \u00e9conomies pour les enfants afin d\u2019assurer leur scolarit\u00e9, leurs soins sanitaires et nos d\u00e9penses personnelles. Beaucoup d\u2019entre nous sont des veuves et nos enfants sont encore des petits. Donc c\u2019est \u00e0 nous d\u2019assurer les charges familiales <\/em>\u00bb, affirme Maty Ndao.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"684\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-1024x684.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-53331\" srcset=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-1024x684.jpeg 1024w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-300x200.jpeg 300w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-768x513.jpeg 768w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-1536x1025.jpeg 1536w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image-510x340.jpeg 510w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2023\/03\/3833fa2f-image.jpeg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<p><strong>Cr\u00e9dit Photo : Omar Bayo Fall \/ Greenpeace<\/strong><\/p>\n\n<p>Malheureusement depuis quelques ann\u00e9es, les femmes transformatrices de produits halieutiques peinent \u00e0 assurer ces charges familiales. Elles sont oblig\u00e9es pour la plupart de s\u2019endetter pour survivre, ou sinon de se retrouver au ch\u00f4mage. \u00c0 Cayar par exemple, le nombre de femmes sur le site de transformation a drastiquement diminu\u00e9 de 300 \u00e0 50, alors que chacune employait en moyenne 5 personnes, toujours selon Maty. \u00c0 cette allure, ce m\u00e9tier risque de dispara\u00eetre. Il n\u2019y a plus de travail. Certaines parmi elles sont oblig\u00e9es de monter d\u2019autres petits commerces pour s\u2019en sortir, comme la vente de fruits par exemple. <em>\u00abQuand je me rappelle de ces beaux moments au quai de p\u00eache avec les poissons \u00e0 n&#8217;en plus finir, et que je regarde la situation actuelle, j\u2019ai les larmes aux yeux\u00bb,<\/em> confie la pr\u00e9sidente de l\u2019association. C\u2019est dur. Les usines de farines de poissons ont leurs propres mareyeurs.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/yj1hl1RgeyvPT8gHfL1TRc8y5H6RnfCEYFn7CrfzH0cibiGZoeR_xB1lmOPh5GrtSUizHml1rCJ3pF8hVzxW1hIRa4hQVqrMpnIfyjU--zQ713nr4x0rEiyzltrH4t92bmCHA_TWpdDXncudgvT3JQw\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n<p>Depuis leur arriv\u00e9e, le travail de ces femmes est \u00e0 l\u2019agonie. Les usines ach\u00e8tent tous les poissons \u00e0 des prix \u00e9lev\u00e9s. Elles ont les moyens, ce qui n\u2019est pas le cas pour les transformatrices. L\u2019Etat doit prendre des mesures pour mettre un terme aux activit\u00e9s de ces usines, qui en plus de priver les femmes de leur mati\u00e8re premi\u00e8re, pollue leur cadre de vie. <em>\u00ab Nous subissons une concurrence d\u00e9loyale de la part de ces usines, nous n\u2019avons plus acc\u00e8s \u00e0 la ressource. L\u00e0 o\u00f9 on avait 50 caisses de poissons, aujourd\u2019hui, on ne peut m\u00eame plus avoir 20 caisses. Nous voulons que les navires industriels et les usines de farine de poisson nous laissent avec nos petits poissons p\u00e9lagiques. S\u2019il s\u2019agit des gros poissons, il n\u2019y a pas de probl\u00e8me, ils peuvent p\u00eacher. Mais qu\u2019ils nous laissent avec les petits poissons \u00bb<\/em>, fustige Anta Diouf. Lors d\u2019un s\u00e9minaire \u00e0 Saint-Louis, les femmes ont exhort\u00e9 les navires industriels \u00e0 laisser les poissons p\u00e9lagiques aux p\u00eacheurs s\u00e9n\u00e9galais. Mais cette d\u00e9cision n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e par les bateaux de p\u00eache \u00e9trangers, souligne Maty Ndao. Pour toutes les deux, les femmes se battent pour les g\u00e9n\u00e9rations futures: <em>\u00ab Nous voulons qu&#8217;\u00e0 leur arriv\u00e9e, ils trouvent quelque chose de notre part. Comme nos parents l\u2019ont fait pour nous. Mais ces usines tuent notre activit\u00e9 \u00bb. <\/em>En ce jour o\u00f9 les femmes sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 travers le monde, vivement que l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal \u00e9coute ce cri de d\u00e9tresse des femmes transformatrices et prennent des mesures pour prot\u00e9ger leur m\u00e9tier et moyens de subsistance.<\/p>\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button aligncenter is-style-cta\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/international\/act\/stolen-fish\/\">PROTECT FISHING COMMUNITIES<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Faute de ressources, au S\u00e9n\u00e9gal, les femmes transformatrices des produits halieutiques rencontrent d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s. La pr\u00e9sence des usines de farine de poisson exacerbe ce probl\u00e8me. 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