{"id":57273,"date":"2025-04-03T11:31:16","date_gmt":"2025-04-03T11:31:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=57273"},"modified":"2025-04-04T11:31:56","modified_gmt":"2025-04-04T11:31:56","slug":"la-republique-du-congo-mise-sur-les-energies-fossiles-une-menace-pour-le-climat-la-biodiversite-et-les-droits-de-lhomme-alerte-greenpeace-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/57273\/la-republique-du-congo-mise-sur-les-energies-fossiles-une-menace-pour-le-climat-la-biodiversite-et-les-droits-de-lhomme-alerte-greenpeace-afrique\/","title":{"rendered":"La R\u00e9publique du Congo mise sur les \u00e9nergies fossiles: une menace pour le climat, la biodiversit\u00e9 et les droits de l&#8217;homme, alerte Greenpeace Afrique."},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Kinshasa, le 3 avril 2025<\/strong> &#8211; Alors que la plan\u00e8te fait face \u00e0 une urgence climatique sans pr\u00e9c\u00e9dent, la R\u00e9publique du Congo annonce une augmentation drastique de sa production p\u00e9troli\u00e8re. Lors du Forum sur l\u2019\u00e9nergie et l\u2019investissement (CEIF), qui s\u2019est tenu \u00e0 Kint\u00e9l\u00e9 les 25 et 26 mars, le gouvernement a d\u00e9voil\u00e9 son ambition de porter la production nationale \u00e0 500 000 barils par jour d\u2019ici fin 2025, soit presque le double du niveau actuel. Une d\u00e9cision que Greenpeace Afrique d\u00e9nonce comme une menace directe pour l\u2019environnement, les engagements climatiques et les droits des peuples autochtones et des communaut\u00e9s locales.<\/p>\n\n<p><strong>Un pari risqu\u00e9 en pleine crise climatique<\/strong><\/p>\n\n<p>Pendant que les experts alertent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux \u00e9nergies fossiles, le Congo opte pour une strat\u00e9gie inverse. Selon l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE), aucun nouveau projet p\u00e9trolier ne devrait voir le jour apr\u00e8s 2021 si l\u2019objectif de z\u00e9ro \u00e9mission nette d\u2019ici 2050 doit \u00eatre atteint. Pourtant, le pays , qui produit actuellement 270 000 barils\/jour, persiste dans cette voie en pr\u00e9voyant de presque doubler sa production en moins d&#8217;un an, une d\u00e9cision qui contredit directement ses contributions d\u00e9termin\u00e9es au niveau national (CDN) dans le cadre de l&#8217;Accord de Paris, qui pr\u00e9voient une r\u00e9duction de 48 % des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre d&#8217;ici 2030, sous r\u00e9serve d&#8217;un soutien international.<\/p>\n\n<p><strong>Un d\u00e9sastre \u00e9cologique en perspective<\/strong><\/p>\n\n<p>Le co\u00fbt environnemental de cette expansion serait colossal. Le bassin du Congo est la deuxi\u00e8me plus grande for\u00eat tropicale humide du monde. S\u2019\u00e9tendant sur plus de <strong>3,7 <\/strong>millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s et englobant six pays, cette r\u00e9gion joue un r\u00f4le crucial dans la r\u00e9gulation du climat mondial en stockant environ 30 milliards de tonnes de carbone, soit l\u2019\u00e9quivalent de trois ans d\u2019\u00e9missions mondiales.L&#8217;exploitation p\u00e9troli\u00e8re menace ce puits de carbone et, plus particuli\u00e8rement, le parc national de Conkouati-Douli, une r\u00e9serve de biosph\u00e8re de l&#8217;UNESCO qui prot\u00e8ge plus de 5 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de biodiversit\u00e9 terrestre et marine. Le parc abrite des esp\u00e8ces menac\u00e9es telles que les \u00e9l\u00e9phants de for\u00eat, les gorilles des plaines occidentales, les chimpanz\u00e9s, les lamantins et trois esp\u00e8ces de tortues marines inscrites sur la liste rouge de l&#8217;UICN.&nbsp;<\/p>\n\n<p>L\u2019extension des blocs p\u00e9troliers aux abords du parc national de Conkouati-Douli repr\u00e9sente une menace majeure pour la biodiversit\u00e9. En plus de fragmenter les \u00e9cosyst\u00e8mes, de polluer les ressources en eau et d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9forestation, cette expansion remet en cause les engagements internationaux de la R\u00e9publique du Congo. En adh\u00e9rant \u00e0 la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB) et au Cadre mondial pour la biodiversit\u00e9, le pays s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger au moins 30 % de ses terres et espaces marins d\u2019ici 2030 (objectif \u00ab 30&#215;30 \u00bb). Pourtant, en favorisant l\u2019exploitation des combustibles fossiles dans ces zones sensibles, le gouvernement bafoue ses engagements et \u00e9tablit un pr\u00e9c\u00e9dent inqui\u00e9tant pour d&#8217;autres pays riches en ressources naturelles.<\/p>\n\n<p><strong>Un impact humain sous-estim\u00e9<\/strong><\/p>\n\n<p>Au-del\u00e0 des ravages environnementaux, l\u2019expansion p\u00e9troli\u00e8re menace directement les moyens de subsistance des populations locales. Plus de 30 000 personnes vivant dans et autour du parc national de Conkouati-Douli risquent de perdre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable, \u00e0 des zones de p\u00eache durables et \u00e0 des ressources essentielles pour leur survie. L\u2019exp\u00e9rience pass\u00e9e montre que ces projets ne sont pas sans cons\u00e9quences humaines. En 2024, une mission de Greenpeace Afrique \u00e0 Lokolama, en RDC, a mis en lumi\u00e8re les effets d\u00e9vastateurs de l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re : d\u00e9tentions arbitraires, extorsions, d\u00e9placements forc\u00e9s et r\u00e9pression brutale des voix indig\u00e8nes. Sans un renforcement urgent des garanties juridiques et une v\u00e9ritable protection des droits des communaut\u00e9s, ces abus risquent de se reproduire \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n\n<p><strong>L\u2019illusion du p\u00e9trole comme moteur de d\u00e9veloppement<\/strong><\/p>\n\n<p>L&#8217;expansion p\u00e9troli\u00e8re du Congo est souvent justifi\u00e9e par le faible taux d&#8217;\u00e9lectrification, qui n&#8217;est que de 12 % dans les zones rurales et de 49 % dans les zones urbaines. Mais les faits contredisent cette pseudo logique : dans de nombreux pays, les industries p\u00e9troli\u00e8res n\u2019ont jamais permis d\u2019apporter une \u00e9nergie abordable aux populations les plus vuln\u00e9rables. &nbsp; \u00c0 l\u2019inverse, les \u00e9nergies renouvelables \u2013 solaire et \u00e9olien en t\u00eate \u2013 offrent une alternative plus rapide, plus durable et surtout plus accessible aux communaut\u00e9s isol\u00e9es. Selon plusieurs \u00e9tudes, chaque dollar investi dans les \u00e9nergies vertes g\u00e9n\u00e8re trois fois plus d\u2019emplois que dans les \u00e9nergies fossiles. Ce sont autant d\u2019arguments qui doivent peser dans la balance &nbsp; de tout pays soucieux de son&nbsp; d\u00e9veloppement \u00e9conomique \u00e0 long terme.<\/p>\n\n<p><strong>Quid des engagements internationaux auxquels le Congo a souscrit?<\/strong><\/p>\n\n<p>Avec cette expansion, le Congo se positionne en contradiction avec plusieurs accords internationaux majeurs :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u2019Accord de Paris (2015), qui vise \u00e0 limiter le r\u00e9chauffement climatique sous 1,5\u00b0C<\/li>\n\n\n\n<li>La Convention sur la diversit\u00e9 biologique, qui impose la protection des habitats critiques par les pays<\/li>\n\n\n\n<li>La D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), qui affirme le droit au consentement pr\u00e9alable, libre et \u00e9clair\u00e9 (FPIC) avant tout d\u00e9veloppement industriel sur les terres ancestrales\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Le Cadre mondial pour la biodiversit\u00e9 (2022), qui exige la protection de 30 % des terres et des oc\u00e9ans d\u2019ici 2030<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><strong>Greenpeace Afrique appelle <\/strong><strong>\u00e0 un<\/strong><strong> changement de cap&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<p>Face \u00e0 cette situation, Greenpeace Afrique demande fermement :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Au gouvernement congolais de mettre fin imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019exploration et \u00e0 la production p\u00e9troli\u00e8re dans les zones prot\u00e9g\u00e9es<\/li>\n\n\n\n<li>Aux investisseurs et institutions financi\u00e8res de cesser de financer des projets p\u00e9troliers dans les hotspots de biodiversit\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 l&#8217;Union africaine d\u2019adopter une position ferme en faveur d\u2019une transition \u00e9nerg\u00e9tique juste<\/li>\n\n\n\n<li>Aux bailleurs internationaux de soutenir prioritairement les projets d\u2019\u00e9nergies renouvelables et de conservation<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Atterr\u00e9 par ce nouveau coup port\u00e9 au combat pour la justice climatique dans le Bassin du Congo, Dr Lamfu Fabrice, responsable de la campagne For\u00eats \u00e0 Greenpeace Afrique, s\u2019est exprim\u00e9:&nbsp;<\/p>\n\n<p>\u00ab La tentative du Congo de devenir une plaque tournante des combustibles fossiles est irresponsable et \u00e0 courte vue. Elle trahit les objectifs climatiques du pays, met en p\u00e9ril la biodiversit\u00e9 et sacrifie les droits et l&#8217;avenir de sa population au profit d&#8217;un profit \u00e0 court terme.\u00bb,&nbsp;<\/p>\n\n<p>&nbsp;\u00ab Alors que la communaut\u00e9 internationale se pr\u00e9pare pour la prochaine COP30, toutes les d\u00e9cisions prises aujourd\u2019hui p\u00e8seront lourd sur l\u2019avenir climatique du continent et du monde. L\u2019heure n\u2019est plus aux promesses, mais aux actions concr\u00e8tes \u00bb, a conclu DR Lamfu.<\/p>\n\n<p>FIN<\/p>\n\n<p class=\"has-beige-100-background-color has-background\">Raphael Mavambu, Communication et Media, Greenpeace Afrique, <a href=\"mailto:rmavambu@greenpeace.org\">rmavambu@greenpeace.org<\/a><\/p>\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kinshasa, le 3 avril 2025 &#8211; Alors que la plan\u00e8te fait face \u00e0 une urgence climatique sans pr\u00e9c\u00e9dent, la R\u00e9publique du Congo annonce une augmentation drastique de sa production p\u00e9troli\u00e8re. <\/p>\n","protected":false},"author":83,"featured_media":57275,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[52],"tags":[42,55,68],"p4-page-type":[51],"class_list":["post-57273","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-proteger-lenvironnement","tag-greenpeaceafrique","tag-rdc","tag-energie","p4-page-type-communiques-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57273","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/83"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57273"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57273\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":57277,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57273\/revisions\/57277"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/57275"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57273"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=57273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}