{"id":57563,"date":"2025-05-14T14:32:22","date_gmt":"2025-05-14T14:32:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=57563"},"modified":"2025-05-14T14:33:12","modified_gmt":"2025-05-14T14:33:12","slug":"quand-les-legumes-deviennent-un-luxe-et-les-changements-climatiques-les-grands-accuses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/57563\/quand-les-legumes-deviennent-un-luxe-et-les-changements-climatiques-les-grands-accuses\/","title":{"rendered":"Quand les l\u00e9gumes deviennent un luxe \u2013 et les changements climatiques, les grands accus\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<p>Franchement, c\u2019est devenu chaud au march\u00e9. Tout est cher. Et de plus en plus de commer\u00e7ants pointent du doigt le climat.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-768x1024.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-57567\" srcset=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-768x1024.gif 768w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-225x300.gif 225w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-1152x1536.gif 1152w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-1025x1366.gif 1025w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/0b2a8cbd-luchelle-vegetarian-blog-255x340.gif 255w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n<p>Laissez-moi vous raconter un peu&#8230;<\/p>\n\n<p>Le week-end dernier, j&#8217;avais un rendez-vous du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Odza, \u00e0 Yaound\u00e9. J\u2019ai voulu en profiter pour faire quelques achats \u2013 surtout acheter des l\u00e9gumes en quantit\u00e9 pour stocker \u00e0 la maison.&nbsp;<\/p>\n\n<p>J\u2019approche une vendeuse. \u00ab Le tas co\u00fbte 500 FCFA \u00bb (environ 1 dollar), me lance-t-elle.<br><\/p>\n\n<p>Je reste fig\u00e9e. Honn\u00eatement, j\u2019\u00e9tais choqu\u00e9e. Mon regard a tout dit. La vendeuse a tout capt\u00e9 et a commenc\u00e9 \u00e0 se justifier :<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n<p><em>\u00abMa fille, tout est devenu cher oh ! Les paysans s\u00e8ment, mais la pluie ne tombe pas. Les r\u00e9coltes ne donnent m\u00eame pas. Et les l\u00e9gumes que tu cherches sont rares maintenant.\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p>Je comprends hein, mais je n\u2019en revenais pas. Le m\u00eame tas de l\u00e9gumes, avant, co\u00fbtait 100 francs. Aujourd&#8217;hui, c\u2019est multipli\u00e9 par cinq !<\/p>\n\n<p>\u00c7a m\u2019a rappel\u00e9 un autre jour o\u00f9 j\u2019\u00e9tais avec ma maman. On voulait juste grignoter un peu : un peu de plantain r\u00f4ti avec du safou. Je dis \u00e0 la vendeuse :<\/p>\n\n<p><em>\u00abDonne-moi pour 500 francs.\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p>Avant, avec 500 francs, tu avais un bon plat. Mais ce jour-l\u00e0, la vendeuse me regarde et me sort : <em>\u00abUn safou co\u00fbte 200 francs.\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p>Sous-entendu : si elle m\u2019en donne deux, il ne reste rien pour le reste!<\/p>\n\n<p>On a refus\u00e9. Moi j\u2019aurais bien accept\u00e9, mais pas maman. Elle a dit :<\/p>\n\n<p><em>\u00abNon, c\u2019est trop injuste. Allons chercher autre chose.\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p>Chemin faisant, elle m\u2019a racont\u00e9 que m\u00eame \u00e0 Batouri, \u00e0 l\u2019Est, o\u00f9 il y a pourtant assez de for\u00eats et de bonnes terres, la situation est pareille.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Autrefois, avec 200 FCFA, on pouvait avoir une belle portion de macabo. Aujourd\u2019hui, m\u00eame avec 500 FCFA, on ne vous sert qu\u2019une toute petite quantit\u00e9.<\/p>\n\n<p><em>\u00abJ\u2019ai moi-m\u00eame sem\u00e9 du macabo dans mes champs et je n\u2019ai rien r\u00e9colt\u00e9\u2026 il n\u2019a pas plu, \u00bb<\/em> me confie-t-elle, entre indignation et d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n<p>Et ce n\u2019est pas tout\u2026<\/p>\n\n<p>Le lendemain, je vais dans un autre march\u00e9 pour chercher du concombre. Quand je demande le prix, la vendeuse me balance sans piti\u00e9 :<\/p>\n\n<p><em>\u00ab1000 francs le tas.\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p><em>Quatre concombres moyens. Presque 2 euros. Inconcevable, surtout en saison de pluie \u00e0 Yaound\u00e9, o\u00f9 normalement le concombre devrait abonder. Quand Je lui en fais la remarque, la vendeuse me r\u00e9pond sec :<\/em><\/p>\n\n<p><em>\u00abCe n\u2019est pas ma faute si tout est cher !\u00bb<\/em><\/p>\n\n<p>Et c\u2019est bien l\u00e0 la triste r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle les Camerounais sont aujourd\u2019hui confront\u00e9s : se nourrir devient de plus en plus difficile. En mai 2023, un <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/53568\/insecurite-alimentaire-au-cameroun-greenpeace-invite-le-gouvernement-a-mettre-laccent-sur-la-lutte-contre-les-changements-climatiques\/\">rapport<\/a> publi\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement Rural r\u00e9v\u00e9lait que trois millions de personnes au Cameroun \u2014 soit environ 11 % de la population \u2014 se trouvaient en situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire aigu\u00eb. Le rapport d\u00e9signait le changement climatique comme l\u2019un des principaux facteurs de cette crise. L\u2019an dernier, Greenpeace Afrique avait d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 un appel aux dirigeants, les avertissant que les fortes pluies mena\u00e7aient la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/53568\/insecurite-alimentaire-au-cameroun-greenpeace-invite-le-gouvernement-a-mettre-laccent-sur-la-lutte-contre-les-changements-climatiques\/\">risquent de faire grimper le co\u00fbt de la vie<\/a>.<\/p>\n\n<p><strong>Mais alors, \u00e0 qui la faute? La nature?&nbsp; L\u2019\u00c9tat? Nous? Il faut taxer les super-riches<\/strong><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-1024x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-57565\" srcset=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-1024x1024.png 1024w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-300x300.png 300w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-150x150.png 150w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-768x768.png 768w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa-340x340.png 340w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/ce9953fd-tax-the-super-rich-gp-africa.png 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<p>Ces exp\u00e9riences, aussi d\u00e9sagr\u00e9ables soient-elles, m\u2019ont fait prendre conscience d\u2019un fait incontournable : <strong>les effets du changement climatique ne sont pas une th\u00e9orie lointaine.<\/strong> Ils sont l\u00e0, dans nos march\u00e9s, dans nos cuisines, dans nos assiettes, et ils frappent chaque jour un peu plus fort. Quand le climat change, ce ne sont pas seulement les \u00e9cosyst\u00e8mes qui sont en danger, mais nos r\u00e9alit\u00e9s les plus fondamentales. Il faut que les rassemblements tels que la COP cessent d\u2019\u00eatre des vitrines diplomatiques ou des parades symboliques. Ces espaces doivent devenir des lieux d&#8217;action r\u00e9elle, o\u00f9 les \u00c9tats prennent des engagements concrets et les mettent en \u0153uvre. Le temps presse, et chaque jour sans action nous enfonce un peu plus dans la crise, tout en donnant l&#8217;illusion que nous voulons r\u00e9gler le probl\u00e8me.&nbsp;<\/p>\n\n<p>C\u2019est une urgence absolue, non seulement pour nous aujourd\u2019hui, mais surtout pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. Il faut que cette politique de l\u2019autruche cesse! Il est temps d\u2019agir, de taxer les super-riches et les grandes industries polluantes. La plan\u00e8te n\u2019est pas une marchandise \u00e0 exploiter \u00e0 l\u2019infini, ni une poubelle pour y d\u00e9verser sans honte les d\u00e9chets toxiques des industries mini\u00e8res et gazi\u00e8res.<\/p>\n\n<p>La nature est un tr\u00e9sor. Un patrimoine commun que nous devons pr\u00e9server jalousement. Avant qu&#8217;il ne soit trop tard.&nbsp;<\/p>\n\n<div style=\"display: flex; align-items: center; background: #f4f4f4; padding: 32px; border-radius: 16px; box-shadow: 0px 6px 12px rgba(0, 0, 0, 0.1); max-width: 800px; margin: auto;\">\n    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2025\/05\/58b8f60f-e011c1287st-u01fsgrmbbq-c3a78bb3c674-512.jpeg\" \n         alt=\"Dorine Nininahazwe\" \n         style=\"width: 120px; height: 120px; border-radius: 50%; object-fit: cover; margin-right: 24px;\">\n    <div>\n        <p style=\"font-size: 24px; font-weight: bold; color: #333; margin: 0;\">Luchelle Feukeng<\/p>\n        <p style=\"font-size: 18px; color: #555; margin: 8px 0 0;\">Charg\u00e9e de la Communication et du Storytelling, Greenpeace Afrique\n\n<\/p>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Franchement, c\u2019est devenu chaud au march\u00e9. Tout est cher. 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