{"id":58654,"date":"2025-08-21T12:41:14","date_gmt":"2025-08-21T12:41:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=58654"},"modified":"2025-08-27T05:54:46","modified_gmt":"2025-08-27T05:54:46","slug":"peuples-autochtones-trois-decennies-dattente-pour-une-reconnaissance-legale-et-juridique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/58654\/peuples-autochtones-trois-decennies-dattente-pour-une-reconnaissance-legale-et-juridique\/","title":{"rendered":"Statut des Peuples Autochtones : trois d\u00e9cennies d\u2019attente sans reconnaissance l\u00e9gale et juridique"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Yaound\u00e9, 8 ao\u00fbt 2025<\/strong> &#8211; veille de la Journ\u00e9e internationale des Peuples Autochtones.<\/p>\n\n<p>La salle se vide lentement. Avec mon \u00e9quipe de Greenpeace Afrique, nous venons de clore une conf\u00e9rence de presse : mots pos\u00e9s, regards d\u00e9cid\u00e9s. Une id\u00e9e tenace s\u2019impose : au Cameroun, des peuples entiers attendent encore d\u2019\u00eatre reconnus en droit. Baka, Bagyeli, Bakola, Bedzan, Mbororo : des noms trop rares dans les textes officiels, alors qu\u2019ils sont au c\u0153ur de l\u2019histoire du pays et de ses for\u00eats.<\/p>\n\n<p><strong>Ce que nous avons vu et entendu<\/strong><\/p>\n\n<p>Sur le terrain, l\u2019absence de protection l\u00e9gale se traduit par des vies plus pr\u00e9caires. Thadd\u00e9e Kolo, ressortissant Baka, me confie : <em>\u00ab La for\u00eat est notre m\u00e8re ; si elle dispara\u00eet, nous allons aussi dispara\u00eetre. \u00bb<\/em> Longtemps, je medite cette phrase.&nbsp;<\/p>\n\n<p><strong>Trente ans d\u2019attente\u2026 et maintenant ?<\/strong><\/p>\n\n<p>Voil\u00e0 plus de trois d\u00e9cennies que l\u2019on d\u00e9bat de la reconnaissance des Peuples Autochtones ; aucun texte ne la garantit encore officiellement. En 2025, l\u2019\u00c9tat renvoie \u00e0 des conventions internationales d\u00e9j\u00e0 ratifi\u00e9es, sans traduction nationale effective. Nous demandons que 2026 soit l\u2019ann\u00e9e des avanc\u00e9es tangibles, pas celle des promesses r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n\n<p><strong>Des fronti\u00e8res invisibles qui nourrissent les conflits<\/strong><\/p>\n\n<p>Autre n\u0153ud : la d\u00e9limitation. Les chefferies existent, mais leurs limites ne sont pas reconnues officiellement ; pour les peuples autochtones, la situation est plus complexe encore. \u00ab Nos grands-parents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9s de la for\u00eat sans savoir qu\u2019il fallait se rapprocher de l\u2019administration pour exister sur la carte \u00bb, me dit Jean Jacques Ebo Ebo. <em>\u00ab Nous nous sentons comme des \u00e9trangers \u00bb<\/em>, ajoute Nkolo Thadd\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Leur plaidoyer est clair : cr\u00e9er des chefferies autochtones et reconna\u00eetre les sp\u00e9cificit\u00e9s de ces peuples, au nom du vivre-ensemble.<\/p>\n\n<p><strong>Ce que nous proposons<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n<p>D\u2019abord, cartographier avec les communaut\u00e9s : une cartographie participative qui documente et fait reconna\u00eetre les droits fonciers et d\u2019usage &#8211; pas demain, maintenant.<\/p>\n\n<p>Ensuite, ouvrir l\u2019acc\u00e8s direct aux financements climatiques pour soutenir leurs projets d\u2019adaptation et pr\u00e9server des savoirs indispensables \u00e0 la biodiversit\u00e9. Quand les d\u00e9cisions et les budgets arrivent enfin au village, la for\u00eat respire et la dignit\u00e9 reprend.<\/p>\n\n<p><strong>Pourquoi maintenant<\/strong><\/p>\n\n<p>Parce qu\u2019entre d\u00e9placements, projets routiers ou forestiers et marginalisation, les atermoiements usent les forces vives. Une \u00e9tude command\u00e9e il y a des ann\u00e9es pour \u201cd\u00e9finir qui est autochtone\u201d n\u2019a jamais abouti ; on sait pourtant qui ils sont, o\u00f9 ils vivent, ce qu\u2019ils demandent. Il est temps de sortir du provisoire.<\/p>\n\n<p><strong>Ce que nous r\u00e9clamons<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La reconnaissance juridique claire du statut autochtone au Cameroun, incluant les droits fonciers et forestiers.<\/li>\n\n\n\n<li>La d\u00e9limitation officielle des territoires via cartographie participative et cr\u00e9ation de chefferies autochtones.<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019acc\u00e8s direct aux financements climatiques pour des projets d\u2019adaptation port\u00e9s par les communaut\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><strong>Et maintenant, on fait quoi ?<\/strong><\/p>\n\n<p>\u00c0 Greenpeace Afrique, nous continuons \u00e0 porter ces voix et \u00e0 ouvrir des portes dans les villages, mais aussi dans les administrations o\u00f9 tout se d\u00e9cide. Si vous travaillez dans un minist\u00e8re, une collectivit\u00e9, un m\u00e9dia ou un fonds au Cameroun : parlons-en. Si vous \u00eates lecteur\u00b7rice : relayez ce billet, soutenez une initiative locale, rejoignez une campagne citoyenne ; autant de gestes qui comptent.<\/p>\n\n<p><strong>Parce que sans les peuples autochtones, pas d\u2019avenir pour nos for\u00eats.<\/strong><\/p>\n\n<p><strong>Marcial NZEMIE, Volontaire, et Stella Tchoukep, Charg\u00e9e de la campagne for\u00eat chez Greenpeace Afrique<\/strong><\/p>\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La salle se vide lentement. Avec mon \u00e9quipe de Greenpeace Afrique, nous venons de clore une conf\u00e9rence de presse : mots pos\u00e9s, regards d\u00e9cid\u00e9s. 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