{"id":58873,"date":"2025-07-17T07:22:27","date_gmt":"2025-07-17T07:22:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=58873"},"modified":"2025-09-16T07:28:15","modified_gmt":"2025-09-16T07:28:15","slug":"exploitation-miniere-des-grands-fonds-marins-lafrique-ne-peut-se-taire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/58873\/exploitation-miniere-des-grands-fonds-marins-lafrique-ne-peut-se-taire\/","title":{"rendered":"Exploitation mini\u00e8re des grands fonds marins : l\u2019Afrique ne peut se taire"},"content":{"rendered":"\n<p>Alors que la protection des oc\u00e9ans s\u2019impose peu \u00e0 peu dans les priorit\u00e9s internationales, une autre r\u00e9alit\u00e9, plus inqui\u00e9tante, se joue en silence sous la surface : <strong>l\u2019exploitation mini\u00e8re des grands fonds marins.<\/strong> Encore m\u00e9connue du grand public, cette industrie \u00e9mergente menace des \u00e9cosyst\u00e8mes d\u2019une rare fragilit\u00e9. Face \u00e0 ce risque, l\u2019Afrique ne peut rester spectatrice. Elle doit se positionner clairement contre ce nouveau front de l\u2019extractivisme et faire entendre sa voix dans les n\u00e9gociations internationales.<\/p>\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les appels \u00e0 prot\u00e9ger la haute mer se sont multipli\u00e9s. Les conf\u00e9rences s\u2019encha\u00eenent, les trait\u00e9s se n\u00e9gocient, les engagements s\u2019affichent. Mais pendant ce temps, une autre dynamique se d\u00e9ploie, loin des regards et des radars m\u00e9diatiques: celle de l\u2019exploitation mini\u00e8re en eau profonde. Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un simple d\u00e9bat technique ou d\u2019une alerte r\u00e9serv\u00e9e aux \u00e9cologistes. Ce qui se pr\u00e9pare dans les abysses concerne directement l\u2019avenir de la plan\u00e8te et celui du continent africain.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une menace invisible, mais bien r\u00e9elle<\/strong><\/h3>\n\n<p>L\u2019exploitation mini\u00e8re des grands fonds consiste \u00e0 extraire des m\u00e9taux rares comme le cobalt, le nickel et le mangan\u00e8se sous forme de nodules polym\u00e9talliques pr\u00e9sents sur le plancher oc\u00e9anique. Elle mobilise des engins massifs, capables de labourer les fonds marins \u00e0 plusieurs milliers de m\u00e8tres de profondeur. Le probl\u00e8me? Ces zones abritent une biodiversit\u00e9 unique, largement inexplor\u00e9e et d\u2019une extr\u00eame fragilit\u00e9. Les impacts sont potentiellement irr\u00e9versibles: destruction d\u2019habitats, extinction d\u2019esp\u00e8ces, perturbation du climat et des cha\u00eenes alimentaires oc\u00e9aniques.<\/p>\n\n<p>Et cela, bien avant que les promesses \u00e9conomiques de cette industrie ne se concr\u00e9tisent \u2013 si tant est qu\u2019elles le fassent un jour. Car en l\u2019\u00e9tat, rien ne garantit que les b\u00e9n\u00e9fices iront aux populations locales ou serviront un quelconque d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n<p>Il est urgent de rappeler quelques v\u00e9rit\u00e9s simples mais fondamentales: les oc\u00e9ans produisent 50 % de l\u2019oxyg\u00e8ne que nous respirons, absorbent 25 % des \u00e9missions mondiales de CO\u2082, et capturent 90 % de la chaleur exc\u00e9dentaire li\u00e9e \u00e0 ces \u00e9missions. Autrement dit, ils sont notre premier bouclier face au changement climatique. Les d\u00e9stabiliser, c\u2019est creuser notre propre tombe.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un d\u00e9bat global, une voix africaine indispensable<\/strong><\/h3>\n\n<p>La r\u00e9cente Conf\u00e9rence des Nations Unies sur l\u2019oc\u00e9an, tenue \u00e0 Nice, a vu plusieurs \u00c9tats ratifier le Trait\u00e9 sur la haute mer, un texte destin\u00e9 \u00e0 renforcer la gouvernance des zones marines au-del\u00e0 des juridictions nationales. Les pays africains ont tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 soutenir cette dynamique. Mais ils doivent aller plus loin.<\/p>\n\n<p>L\u2019Accord BBNJ, qui d\u00e9coule de ce trait\u00e9, vise \u00e0 assurer la conservation de la biodiversit\u00e9 marine. En parall\u00e8le, l\u2019Autorit\u00e9 internationale des fonds marins (AIFM) est cens\u00e9e r\u00e9guler les activit\u00e9s mini\u00e8res dans ces zones. Ces deux cadres sont aujourd\u2019hui \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : soit ils deviennent des outils coh\u00e9rents de protection, soit ils se transforment en cautions techniques d\u2019une industrie destructrice.<\/p>\n\n<p>Il est illusoire de croire que l\u2019on peut prot\u00e9ger les oc\u00e9ans tout en autorisant leur exploitation industrielle des fonds marins. Il faut choisir. Et ce choix, l\u2019Afrique ne peut le d\u00e9l\u00e9guer \u00e0 d\u2019autres.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une responsabilit\u00e9 historique<\/strong><\/h3>\n\n<p>Sur tout le continent, des millions de personnes vivent des ressources marines. P\u00eache artisanale, tourisme c\u00f4tier, activit\u00e9s \u00e9conomiques locales : les oc\u00e9ans nourrissent, prot\u00e8gent, et soutiennent des vies. Ils le font sans bruit, sans condition. Le minimum, aujourd\u2019hui, serait de leur accorder en retour la protection qu\u2019ils m\u00e9ritent.<\/p>\n\n<p>Dire non \u00e0 l\u2019exploitation mini\u00e8re des grands fonds n\u2019est pas un refus du progr\u00e8s. C\u2019est une affirmation de responsabilit\u00e9. C\u2019est reconna\u00eetre que le progr\u00e8s ne vaut que s\u2019il est durable, \u00e9quitable et respectueux du vivant. L\u2019Afrique a le droit et le devoir de promouvoir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement durable qui ne sacrifie pas les \u00e9cosyst\u00e8mes au nom du profit imm\u00e9diat.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Exiger un moratoire mondial, maintenant<\/strong><\/h3>\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019urgence \u00e9cologique et au manque de connaissances sur les cons\u00e9quences \u00e0 long terme de cette industrie, un moratoire mondial s\u2019impose. Le temps d\u2019\u00e9valuer les risques, de renforcer la recherche scientifique, et surtout, d\u2019ouvrir un v\u00e9ritable d\u00e9bat d\u00e9mocratique sur les choix que nous voulons faire.<\/p>\n\n<p>L\u2019Afrique ne peut se permettre de rester en marge de ce d\u00e9bat. Elle doit se positionner avec clart\u00e9, exiger un moratoire imm\u00e9diat sur l\u2019exploitation mini\u00e8re des grands fonds, et s\u2019engager pour la pr\u00e9servation d\u2019un bien commun qui conditionne l\u2019avenir de toute l\u2019humanit\u00e9.<strong>Ne rien faire, c\u2019est accepter l\u2019irr\u00e9parable. Prendre position, c\u2019est d\u00e9fendre la vie. Il est temps d\u2019agir.<\/strong><\/p>\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 ce risque, l\u2019Afrique ne peut rester spectatrice. 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