{"id":61202,"date":"2026-07-09T09:56:47","date_gmt":"2026-07-09T09:56:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=61202"},"modified":"2026-07-09T09:56:52","modified_gmt":"2026-07-09T09:56:52","slug":"35-milliards-pour-le-bassin-du-congo-des-dons-pour-la-planete-ou-des-dettes-pour-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/les-blogs\/61202\/35-milliards-pour-le-bassin-du-congo-des-dons-pour-la-planete-ou-des-dettes-pour-lafrique\/","title":{"rendered":"3,5 milliards $ pour le Bassin du Congo : des dons pour la plan\u00e8te ou des dettes pour l\u2019Afrique ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 26 mai, en marge de la 61<sup>\u00e8me<\/sup> Assembl\u00e9e annuelle de la BAD \u00e0 Brazzaville, les bailleurs du Fonds bleu pour le Bassin du Congo ont annonc\u00e9 plus de <a href=\"https:\/\/www.afdb.org\/fr\/news-and-events\/assemblees-annuelles-de-la-banque-africaine-de-developpement-plus-de-trois-milliards-de-dollars-mobilises-pour-soutenir-63-projets-du-bassin-du-congo-premier-poumon-ecologique-mondial-93760\">3,554 milliards de dollars<\/a> pour 63 projets \u00ab bas carbone \u00bb couvrant 17 pays d&#8217;Afrique centrale et de l&#8217;Est. L&#8217;objectif total est d\u2019atteindre 5,72 milliards d&#8217;ici 2028, laissant un \u00e9cart non combl\u00e9 de 2 milliards (62 % mobilis\u00e9s \u00e0 ce stade). Si l\u2019importance symbolique de cet engagement est \u00e0 saluer, plusieurs questions restent tout de m\u00eame sans r\u00e9ponse.&nbsp; Ces milliards sont-ils des dons ou des pr\u00eats ? Et qui prot\u00e8ge r\u00e9ellement les for\u00eats et les communaut\u00e9s qui en d\u00e9pendent ? Des engagements financiers sans transparence ni redevabilit\u00e9 ne sauvent pas les for\u00eats. La REDD+ nous l&#8217;a appris. Ces milliards risquent de financer une fa\u00e7ade verte pendant que les industries extractives continueront de d\u00e9truire le Bassin du Congo<em>.<\/em><\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des pr\u00eats d\u00e9guis\u00e9s en solidarit\u00e9 climatique&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les principaux contributeurs annonc\u00e9s \u00e0 Brazzaville sont la Banque mondiale (1 milliard USD), le Fonds africain de solidarit\u00e9 (870 000 USD), la <a href=\"https:\/\/www.bdeac.org\/\">BDEAC<\/a> (1 million USD sur trois ans), le Fonds vert pour le climat (550 000 USD) et la BAD (430 000 USD). S&#8217;y ajoutent des &#8220;garanties financi\u00e8res&#8221; de la Banque de d\u00e9veloppement de l&#8217;Afrique de l&#8217;Est et de la Banque arabe pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique en Afrique, dont les montants n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9s.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Or la BDEAC, agence fiduciaire du Fonds, contractualise explicitement avec des pr\u00eateurs et des donateurs sans que la r\u00e9partition soit rendue publique. La distinction est pourtant fondamentale : contrairement \u00e0 un don, un pr\u00eat accro\u00eet l\u2019endettement de pays d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables..A l\u2019inverse, un don r\u00e9pond \u00e0 un principe de justice climatique en compensant les efforts consentis pour pr\u00e9server un bien public mondial.&nbsp; Il est de facto n\u00e9cessaire qu&#8217;une ventilation pr\u00e9cise soit publi\u00e9e : <strong><em>quelle part est un don, quelle part est un pr\u00eat, et \u00e0 quelles conditions ? Laisser planer le doute n\u2019est pas la meilleure option. <\/em><\/strong><em>Par ailleurs, rappelons que les pays du Bassin du Congo stockent 30 milliards de tonnes de carbone pour l&#8217;humanit\u00e9 enti\u00e8re. Les financer \u00e0 cr\u00e9dit pour qu&#8217;ils conservent ce bien commun mondial, c&#8217;est leur faire payer deux fois. La justice climatique impose des dons, pas des dettes.<\/em><\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des milliards sur la table, des concessions p\u00e9troli\u00e8res et foresti\u00e8res sous la table<\/strong><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre \u00e9l\u00e9ment \u00e0 prendre en consid\u00e9ration est que jusqu\u2019ici,&nbsp; aucune information publique n&#8217;est disponible sur les crit\u00e8res de s\u00e9lection des 63 projets ainsi que leurs promoteurs ni leur compatibilit\u00e9 avec les droits des communaut\u00e9s locales et des peuples autochtones. Pendant ce temps, le pr\u00e9sident Sassou N&#8217;Guesso pr\u00e9side le 27 mai 2026 la <a href=\"https:\/\/www.afdb.org\/fr\/news-and-events\/press-releases\/assemblees-annuelles-2026-les-dirigeants-africains-presentent-des-projets-energetiques-et-verts-lors-du-dialogue-presidentiel-du-groupe-de-la-banque-africaine-de-developpement-93655\">table ronde \u00ab bas carbone \u00bb<\/a> tout en promouvant l&#8217;exploitation des r\u00e9serves de potasse, de phosphate et de gaz naturel du Congo. Toutefois, la r\u00e9alit\u00e9 du terrain met en lumi\u00e8re plusieurs contradictions.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u25b8 Au Cameroun, on a deux cas: la for\u00eat d&#8217;Ebo : <\/strong>For\u00eat de 150 000 ha reconnue internationalement pour ses chimpanz\u00e9s, \u00e9l\u00e9phants de for\u00eat et 12 esp\u00e8ces d&#8217;arbres non encore identifi\u00e9es, destin\u00e9e depuis 2006 \u00e0 devenir un parc national. En 2023, le Minist\u00e8re des For\u00eats et de la Faune (MINFOF) l&#8217;a partiellement class\u00e9e en unit\u00e9 foresti\u00e8re d&#8217;exploitation et <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/54019\/exploitation-de-la-foret-debo-le-minfof-viole-la-reglementation-forestiere\/\">attribu\u00e9 ill\u00e9galement un certificat de coupe \u00e0 Sextransbois<\/a>, violant sa propre r\u00e9glementation. La menace demeure. <strong>Camvert \/ Campo Ma&#8217;an : <\/strong>Cette concession de palmier \u00e0 huile d\u00e9truit le corridor faunique du Parc national de Campo Ma&#8217;an, territoire des communaut\u00e9s Bagyeli avec pour cons\u00e9quence des \u00e9l\u00e9phants qui d\u00e9vastent quotidiennement les champs des villageois et par ricochet <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/53222\/camvert-le-pompier-pyromane-de-la-biodiversite-camerounaise\/\">exacerbe les conflits homme-faune<\/a>. Les concessions attribu\u00e9es dans le seul d\u00e9partement de l&#8217;Oc\u00e9an ( Sud Cameroun) exc\u00e8dent de plus de 110 000 ha la superficie totale du territoire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u25b8 Au Congo-Brazzaville, le&nbsp; Parc de Conkouati-Douli : <\/strong>en janvier 2024, six semaines apr\u00e8s avoir sign\u00e9 un accord de protection foresti\u00e8re de 50 millions USD \u00e0 la COP28, le gouvernement congolais <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communique-de-presse\/54879\/silence-assourdissant-des-bailleurs-de-fonds-apres-que-la-republique-du-congo-donne-son-feu-vert-a-lexploration-petroliere-dans-le-parc-national-de-conkouati\/\">a accord\u00e9 un permis d&#8217;exploration p\u00e9troli\u00e8re \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du parc<\/a> en violation du <a href=\"https:\/\/renatura.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Decret-N-99-136-bis-cr%C3%A9ation-Parc-de-Conkouati.pdf\">d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel<\/a> qui le cr\u00e9e. Le parc abrite pourtant&nbsp; des gorilles des plaines, chimpanz\u00e9s et \u00e9l\u00e9phants de for\u00eat.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u25b8 En RDC, les blocs p\u00e9troliers sur les tourbi\u00e8res : <\/strong>en mai 2025, le gouvernement a <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communique-de-presse\/57525\/greenpeace-afrique-denonce-louverture-de-52-nouveaux-blocs-petroliers-un-grave-recul-pour-le-climat-et-la-transition-energetique-en-republique-democratique-du-congo-rdc\/\">ouvert 52 nouveaux blocs p\u00e9troliers dans la Cuvette centrale<\/a>, premier stock de carbone tourbeux tropical au monde, contredisant directement le corridor vert Kivu-Kinshasa lanc\u00e9 quelques mois plus t\u00f4t.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;On ne peut pas pr\u00e9sider une table ronde sur la conservation et ouvrir des blocs p\u00e9troliers dans les tourbi\u00e8res. C\u2019est se moquer simplement du peuple qui nous regarde et de l\u2019environnement qui devient de plus en plus impuissant face \u00e0 l\u2019action humaine. Il faudrait que les Etats s\u2019accordent non seulement sur les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 de ces projets, des m\u00e9canismes de gestion, de partage des b\u00e9n\u00e9fices et surtout d\u2019acc\u00e8s direct pour les communaut\u00e9s locales et peuples autochtones, mais aussi pour un moratoire imm\u00e9diat sur toute nouvelle concession agro-industrielle, foresti\u00e8re ou mini\u00e8re dans l&#8217;ensemble du Bassin du Congo. Sans cette condition pr\u00e9alable, les milliards annonc\u00e9s ne garantiront aucun changement r\u00e9el.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La BAD et la BDEAC doivent agir pour attaquer le probl\u00e8me \u00e0 la racine, et non pas adopter des solutions greff\u00e9es qui couvrent la plaie sans la gu\u00e9rir dans le fond.&nbsp; Ces deux institutions doivent:&nbsp;<\/em><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Publier la ventilation des 3,554 milliards : montants par contributeur, nature (don ou pr\u00eat), taux et conditions de remboursement ;<\/li>\n\n\n\n<li>Publier la liste compl\u00e8te des 63 projets (promoteurs, zones, budgets, crit\u00e8res de s\u00e9lection) ;<\/li>\n\n\n\n<li>Garantir le Consentement Libre, Inform\u00e9 et Pr\u00e9alable (CLIP) pour toutes les communaut\u00e9s affect\u00e9es par la r\u00e9alisation de ces projets et le partage \u00e9quitable des b\u00e9n\u00e9fices ;<\/li>\n\n\n\n<li>Mettre en place des m\u00e9canismes de suivi-v\u00e9rification (MRV) ind\u00e9pendants et accessibles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile ;<\/li>\n\n\n\n<li>Instaurer un moratoire imm\u00e9diat sur les nouvelles concessions dans l&#8217;ensemble du Bassin du Congo.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bassin du Congo n&#8217;a pas besoin de promesses suppl\u00e9mentaires, mais de transparence, de redevabilit\u00e9 et de d\u00e9cisions courageuses qui placent les peuples et les for\u00eats au c\u0153ur du d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n<p class=\"has-beige-100-background-color has-background wp-block-paragraph\">Par <strong>Toussaint Molenge, Responsable R\u00e9gional de la Campagne For\u00eat et Biodiversit\u00e9, Greenpeace Afrique<\/strong><br><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une histoire qui commence au c\u0153ur du continent africain, dans les montagnes et les for\u00eats travers\u00e9es par le fleuve Congo, avant de s\u2019achever ici, \u00e0 l\u2019extr\u00eame ouest de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, l\u00e0 o\u00f9 ses eaux puissantes rencontrent enfin l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an Atlantique.<\/p>\n","protected":false},"author":83,"featured_media":61205,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_seo_meta_title":"","p4_seo_meta_description":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[52],"tags":[42,54,55],"p4-page-type":[104],"class_list":["post-61202","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-proteger-lenvironnement","tag-greenpeaceafrique","tag-forets","tag-rdc","p4-page-type-les-blogs"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61202","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/83"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61202"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":61207,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61202\/revisions\/61207"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61202"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61202"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=61202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}