{"id":61469,"date":"2026-08-21T13:04:05","date_gmt":"2026-08-21T13:04:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/?p=61469"},"modified":"2026-08-21T13:04:17","modified_gmt":"2026-08-21T13:04:17","slug":"apres-la-victoire-des-lionnes-indomptables-un-autre-defi-pour-le-cameroun-sauver-ebo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/communiques-de-presse\/61469\/apres-la-victoire-des-lionnes-indomptables-un-autre-defi-pour-le-cameroun-sauver-ebo\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la victoire des Lionnes indomptables, un autre d\u00e9fi pour le Cameroun : sauver Ebo."},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" title=\"GP0SUA1KN.jpg\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-61472\" srcset=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg-300x225.jpeg 300w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg-768x576.jpeg 768w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg-453x340.jpeg 453w, https:\/\/www.greenpeace.org\/static\/planet4-africa-stateless\/2026\/08\/e32b9d16-gp0sua1kn.jpg.jpeg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Yaound\u00e9, 21 ao\u00fbt 2026<\/strong> \u2013 Alors que le Cameroun continue \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le triomphe des Lionnes Indomptables sur la sc\u00e8ne africaine, l\u2019attention doit aussi porter sur un autre patrimoine national qui se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : la for\u00eat d\u2019Ebo et la s\u00e9curisation des droits fonciers coutumiers des communaut\u00e9s Banen qui revendiquent ces territoires ancestraux depuis des g\u00e9n\u00e9rations.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis plus de 60 ans, les communaut\u00e9s Banen ne peuvent pas retourner sur leurs terres ancestrales dans la for\u00eat d\u2019Ebo, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es de leurs villages en 1963. Pourtant, la question historique de leurs droits sur ces terres demeure sans r\u00e9ponse. Et les enjeux deviennent de plus en plus importants. En 2023, le gouvernement camerounais a class\u00e9 une partie de la for\u00eat d\u2019Ebo et l\u2019a ouverte \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re industrielle. Au total, les deux concessions foresti\u00e8res couvrant Ebo repr\u00e9sentent 133 392 hectares. Des entreprises foresti\u00e8res ont depuis obtenu des droits d\u2019exploitation dans ces espaces.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les communaut\u00e9s Banen, il ne s\u2019agit donc pas simplement de savoir si des arbres seront coup\u00e9s. Il s\u2019agit de savoir qui a le droit de d\u00e9cider de l\u2019avenir de leurs terres ancestrales.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab Notre terre n\u2019est pas simplement un espace sur une carte. Elle porte notre histoire,notre identit\u00e9,&nbsp; nos villages, nos lieux sacr\u00e9s et nos moyens de subsistance. Nous voulons que nos droits fonciers coutumiers soient l\u00e9galement reconnus et s\u00e9curis\u00e9s. Nous ne pouvons pas construire l\u2019avenir de nos communaut\u00e9s si nous ne savons pas si, demain, nous aurons encore le contr\u00f4le de nos terres. \u00bb <\/strong>d\u00e9clare<strong> Sa Majest\u00e9 Victor Yetina, <\/strong>Chef traditionnel Banen<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quinze ans de r\u00e9forme fonci\u00e8re inachev\u00e9e mais les terres coutumi\u00e8res continuent d\u2019\u00eatre affect\u00e9es&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2011, le Gouvernement camerounais a engag\u00e9 une r\u00e9forme du cadre foncier national avec entre autres pour objectif de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis persistants de la gouvernance fonci\u00e8re. Pourtant, quinze ans plus tard, cette r\u00e9forme n\u2019est toujours pas achev\u00e9e et les droits fonciers coutumiers ne sont pas l\u00e9galement reconnus et s\u00e9curis\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe est pr\u00e9occupant : alors que le cadre juridique destin\u00e9 \u00e0 mieux s\u00e9curiser les droits fonciers est encore en construction, des terres foresti\u00e8res historiquement occup\u00e9es ou revendiqu\u00e9es par des communaut\u00e9s continuent d\u2019\u00eatre class\u00e9es dans le domaine priv\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et affect\u00e9es \u00e0 d\u2019autres usages, notamment l\u2019exploitation foresti\u00e8re industrielle.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La for\u00eat d\u2019Ebo n\u2019est pourtant pas un espace vide en attente d\u2019affectation. Elle porte l\u2019histoire, la culture, les moyens de subsistance et les perspectives d\u2019avenir des communaut\u00e9s Banen. Lorsque leurs droits sur ces terres ne sont pas s\u00e9curis\u00e9s, c\u2019est aussi leur capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer, prot\u00e9ger et d\u00e9cider de l\u2019avenir de leur territoire qui est fragilis\u00e9e.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quand la perte de la for\u00eat devient la perte de la terre, prot\u00e9ger la for\u00eat passe par la protection des droits.<\/strong><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les communaut\u00e9s perdent la capacit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leur for\u00eat ancestrale, de la g\u00e9rer et de la prot\u00e9ger, la perte de la for\u00eat devient une perte de contr\u00f4le sur leurs terres.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab La s\u00e9curisation des droits fonciers des communaut\u00e9s n\u2019est pas seulement une question de justice, c\u2019est aussi une strat\u00e9gie de conservation. Les travaux du <\/strong><a href=\"https:\/\/www.wri.org\/insights\/ipcc-calls-securing-community-land-rights-fight-climate-change\"><strong>GIEC<\/strong><\/a><strong> montrent que la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re est associ\u00e9e \u00e0 une meilleure gestion des for\u00eats et \u00e0 une r\u00e9duction de la d\u00e9forestation et la d\u00e9gradation. \u00c0 Ebo, reconna\u00eetre et s\u00e9curiser les droits des Banen, c\u2019est donc aussi cr\u00e9er les conditions d\u2019une protection durable des for\u00eats.&nbsp; \u00bb <\/strong>affirme Stella Tchoukep<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette approche est d\u2019autant plus importante dans un contexte o\u00f9 la gouvernance et la gestion des ressources foresti\u00e8res doivent encore \u00eatre renforc\u00e9es. Le rapport 2025 de la <a href=\"https:\/\/documents1.worldbank.org\/curated\/en\/099071425092552956\/pdf\/P181230-db05a052-803c-4251-82ef-fefe79488149.pdf\">Banque mondiale<\/a> sur le capital naturel du Cameroun montre que les activit\u00e9s d&#8217;exploitation du bois r\u00e9pondent \u00e0 des besoins \u00e9conomiques imm\u00e9diats, mais g\u00e9n\u00e8rent une valeur nettement inf\u00e9rieure aux services \u00e9cologiques fournis par les for\u00eats intactes, en particulier leur capacit\u00e9 \u00e0 retenir le carbone.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autrement dit, pr\u00e9server une for\u00eat debout n\u2019est pas renoncer \u00e0 sa valeur \u00e9conomique : c\u2019est pr\u00e9server l\u2019essentiel de cette valeur sur le long terme. Le m\u00eame rapport appelle d&#8217;ailleurs le Cameroun \u00e0 donner la priorit\u00e9 aux \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers intacts et \u00e0 forte valeur \u00e9cologique et \u00e9conomique. C\u2019est pourquoi Greenpeace Afrique estime que dans un contexte o\u00f9 les for\u00eats restent expos\u00e9es \u00e0 de fortes pressions \u00e9conomiques et o\u00f9 leur gouvernance doit encore \u00eatre renforc\u00e9e, le Cameroun ne peut pas continuer \u00e0 privil\u00e9gier la valeur imm\u00e9diate tir\u00e9e de l\u2019exploitation au d\u00e9triment de la valeur durable de ses for\u00eats.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La protection de la for\u00eat et la s\u00e9curisation fonci\u00e8re des communaut\u00e9s doivent d\u00e8s lors \u00eatre trait\u00e9es comme deux dimensions indissociables d\u2019un m\u00eame enjeu.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Faire de la seconde chance d\u2019Ebo une victoire durable.<\/strong><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ebo a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 que les d\u00e9cisions concernant l\u2019avenir des for\u00eats peuvent changer.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2020, la forte mobilisation des communaut\u00e9s Banen, de la soci\u00e9t\u00e9 civile et d\u2019autres acteurs a contribu\u00e9 \u00e0 obtenir la suspension des projets visant \u00e0 ouvrir Ebo \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re. Cette mobilisation avait montr\u00e9 qu\u2019une autre voie \u00e9tait possible : prot\u00e9ger la for\u00eat tout en travaillant \u00e0 la reconnaissance des droits des communaut\u00e9s qui entretiennent des liens ancestraux avec elle. Cette opportunit\u00e9 existe toujours.&nbsp;<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Greenpeace Afrique appelle ainsi le Gouvernement camerounais \u00e0 :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Annuler les concessions foresti\u00e8res attribu\u00e9es \u00e0 Ebo et geler l\u2019attribution de nouvelles concessions<\/strong> dans les territoires o\u00f9 les communaut\u00e9s locales et les peuples autochtones revendiquent des droits fonciers coutumiers,\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Consid\u00e9rer des alternatives durables \u00e0 l&#8217;exploitation foresti\u00e8re<\/strong> et associer les communaut\u00e9s locales vivant aux abords de la for\u00eat \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un <strong>plan d&#8217;am\u00e9nagement du territoire inclusif<\/strong>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Acc\u00e9l\u00e9rer et finaliser le processus de r\u00e9forme fonci\u00e8re engag\u00e9 en 2011<\/strong>, avec la pleine reconnaissance et la protection juridique des droits fonciers coutumiers, y compris sur les terres foresti\u00e8res traditionnelles.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Garantir une participation effective des communaut\u00e9s aux d\u00e9cisions affectant leurs territoires<\/strong>, notamment \u00e0 travers la planification et la cartographie participatives de l\u2019utilisation des terres, un cadre juridique clair et le respect du consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9 (CLIP).<\/li>\n<\/ul>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ebo a besoin de sa for\u00eat. Ses communaut\u00e9s ont besoin de leurs terres.<\/strong><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les communaut\u00e9s d\u2019Ebo n\u2019ont pas seulement besoin que leur for\u00eat reste debout. Elles ont besoin de droits s\u00e9curis\u00e9s sur les terres qui rendent leur avenir possible.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir appel\u00e9 \u00e0 donner une seconde chance \u00e0 Ebo, Greenpeace Afrique invite aujourd\u2019hui les citoyens camerounais et toutes celles et ceux qui souhaitent d\u00e9fendre les for\u00eats du Bassin du Congo \u00e0 faire de cette seconde chance une protection r\u00e9elle, durable et fond\u00e9e sur les droits.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>FIN<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"has-beige-100-background-color has-background wp-block-paragraph\"><strong>Contact m\u00e9dia :<\/strong><br><br><strong>Raphael Mavambu<\/strong>, Communication &amp; Storytelling Manager, <a href=\"mailto:rmavambu@greenpeace.org\">rmavambu@greenpeace.org<\/a>, Greenpeace Afrique<br><br><strong>Stella TCHOUKEP<\/strong>, Charg\u00e9e de la campagne for\u00eat, <a href=\"mailto:tmeline@greenpeace.org\">tmeline@greenpeace.org<\/a>, T\u00e9l: +237 694 590 679, Greenpeace Afrique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le Cameroun continue \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le triomphe des Lionnes Indomptables sur la sc\u00e8ne africaine, l\u2019attention doit aussi porter sur un autre patrimoine national qui se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : la for\u00eat d\u2019Ebo et la s\u00e9curisation des droits fonciers coutumiers des communaut\u00e9s Banen qui revendiquent ces territoires ancestraux depuis des g\u00e9n\u00e9rations.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":83,"featured_media":61472,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[52],"tags":[42,54,56,148],"p4-page-type":[51],"class_list":["post-61469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-proteger-lenvironnement","tag-greenpeaceafrique","tag-forets","tag-cameroun","tag-uganda","p4-page-type-communiques-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/83"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61469"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":61474,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61469\/revisions\/61474"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61472"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61469"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.org\/africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=61469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}