Le Plan National REDD Développé en RDC

Préoccupations de Greenpeace

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Publication - November 23, 2010
La République Démocratique du Congo, avec l’appui de ses partenaires au développement, est résolument engagée dans le processus REDD.

 

En prévision d’un accord international sur les négociations climatiques de 2011, ce pays qui abrite le deuxième massif forestier tropical au monde, prépare sa stratégie préliminaire REDD pour la fin de cette année 2010. Pour ce faire, la RDC s’est appuyée sur deux documents, à savoir une étude du potentiel REDD+ et un plan de préparation à la REDD (R-PP).i

Sachant que la mise en œuvre du processus REDD constitue une opportunité d’impulser des reformes dans le secteur forestier et l’élaboration de nouvelles stratégies de développement pour la RDC, Greenpeace préconise une démarche plus laborieuse dans l’élaboration de la stratégie nationale REDD.

« Ce processus qui se veut participatif, comme le déclare René Ngongo, Conseiller Politique Greenpeace Afrique, doit prendre en compte les préoccupations des communautés locales et autochtones, premières gardiennes des forêts ».

De l’analyse des documents sus mentionnés, Greenpeace relève, notamment:

  1. Le déficit de participation effective de la société civile, particulièrement les communautés locales et peuples autochtones dans l’élaboration de la stratégie nationale REDD.

  2. Le caractère incomplet de l’analyse des causes indirectes ou des facteurs sous-jacents qui conduisent à la déforestation.

  3. L’ insuffisance de l’étude du Potentiel REDD + réalisée par le cabinet Mac Kinsey, dans un laps de temps, sans consultation de la société civile, et dont la plupart des recommandations ne sont étayées par aucune analyse approfondie.

  4. La sous évaluation de l’impact de l’exploitation forestière industrielle.

  5. Le soutien à l’expansion de certains moteurs de la destruction des forêts, telle l’exploitation forestière ou l’agriculture commerciale intensive.

  6. L’absence de prise en compte des multiples services gratuits rendus par les écosystèmes forestiers, et surtout les forêts intactes.

S’agissant du financement du REDD, Greenpeace prône la mise en place d’un fonds financier international permettant d’assurer la protection des dernières forêts anciennes, en l’occurrence, les massifs forestiers congolais qui stockent de grandes quantités de carbone, dispenses des services environnementaux indispensables, et sont indispensables à la survie de millions de Congolais parmi les plus pauvres.

Certes la RDC veut rapidement se doter de sa feuille de route RPP, mais cela doit se faire de manière à améliorer le niveau de vie de sa population et promouvoir la gestion durable de sa forêt.

Pour une meilleure stratégie nationale REDD en RDC, Greenpeace recommande, notamment :

  1. La mise en place des mécanismes de bonne gouvernance, de transparence et de contrôle efficace de financement REDD.

  2. La participation effective de la société civile à tous les processus

  3. La réalisation du plan de zonage participatif, comme préalable à la mise en œuvre de la stratégie REDD

  4. Le prolongement du moratoire sur l’attribution de nouveaux titres forestiers

  5. L’adoption d’un moratoire sur l’attribution de concessions agricoles à grande échelle et de permis d’exploitation minière et pétrolière en forêt dense humide

  6. La clarification du régime foncier coutumier et les droits de propriété des terres dans la mise en œuvre de la stratégie REDD.

Le Ministère de l’Environnement, de la conservation de la Nature et du Tourisme (MECNT) en partenariat avec le programme des Nations Unies pour la REDD (UN-REDD) et la Banque Mondiale (programme FCPF)

Pour plus d'informations:

Augustine Kasambule (Chargée de Communication) : +243998230896Irène Wabiwa( Chargée de campagne Forêts) : +243997853171
René Ngongo (Conseiller Politique Forêts) : +243998334500

358 REDD - FRENCH20022011