La ville de Joal abrite l’un des plus grands quais de débarquement de poissons du Sénégal. Située sur la petite côte à cheval entre Dakar et les îles du Saloum, Joal demeure une zone incontournable pour les professionnels de la pêche grâce à ses eaux riches en poissons.

Joel Sénégal Christian CosteauxLe pont de Joal par Christian Costeaux

Décrétée quai de pêche et appelée à recevoir des investisseurs du monde entier, la ville  de Joal se devait d’offrir un visage radieux et de diffuser un parfum de santé naturelle.

Mais aujourd’hui c’est tout le contraire qui se produit : chaque jour, les usines de farine de poisson polluent terre, air et mer faisant de Joal, une presqu’île désormais invivable du fait des odeurs incommodantes, des nuisances sonores et des effluents nauséabonds pour ne citer que ceux-là. Bref, Joal est devenue une ville sale où la pollution sous toutes ses formes fait sa loi au grand dam des populations.

Pourtant personne n’a encore levé le petit doigt pour mettre fin à ce phénomène qui prend de l’ampleur de jour en jour. Ni les responsables du quai de pêche, ni le maire, ni le ministère des Pêches et des affaires maritimes, encore moins le grand absent : le ministère de l’Environnement.

Dans les mosquées, les réunions publiques et privées, on ne parle plus que de cela. La pollution a atteint un tel degré qu’il n’est désormais plus possible de se taire. Alors qu’ailleurs dans le vaste monde, ces installations sont toujours implantées à l'extérieur des villes et font l’objet d’un contrôle scrupuleux des normes sanitaires, sociales et environnementales.

Les effluents des usines sont rejetés directement dans la mer, sans aucun traitement. A ce rythme, soutient un spécialiste, le quai de Joal sera, dans deux ans tout au plus, dans le top mondial des quais de pêche les plus pollués. L’heure est grave, Joal est asphyxiée et a besoin de secours.

C’est la raison pour laquelle je saisis cette occasion, par ma modeste plume pour lancer ce cri du cœur afin que des solutions soit trouvées le plus rapidement possible pour permettre à la ville du premier Président de la République du Sénégal de retrouver son lustre d’antan.

Karim président PAPAS

Par Abdou Karim Sall, Président de la PAPAS