C’est une bonne nouvelle pour le Bassin du Congo : la Socfin, une société belge dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises vient d’annoncer son intention de s’engager officiellement à respecter la méthodologie HCS (EN) pour lutter contre la déforestation.

Jusqu’à présent, la Socfin s’était toujours montrée réticentes à nos demandes. Au début de l’année, après une enquête de terrain approfondie, nous révélions que ses cultures au Cameroun ou encore à Sao-Tomé menaçaient des pans entiers de forêt tropicale. Un peu plus tard, c’est Michelin, un des clients principaux de la SocFin, qui décidait de passer à une politique zero deforestation. La pression a porté ses fruits puisque la Socfin a publié un communiqué de presse dans lequel elle s’engage à intégrer au plus tard en octobre prochain le critère HCS dans sa politique durabilité.

Elle a également annoncé avoir adopté un moratoire sur ses projets d’extension tant qu’un travail de cartographie HCS n’aura pas été mené, ce qui est un gage significatif de sa bonne volonté à faire évoluer concrètement ses pratiques.

socfin cameroun

De la parole aux actes

C’est ainsi tout un secteur industriel qui est en train d’évoluer, sous la pression exercée par Greenpeace et les citoyens impliqués dans ses campagnes. Cependant, si ces engagements vont dans le bon sens, reste à les mettre en œuvre concrètement sur le terrain. D’abord, nous serons attentifs en octobre 2016 pour vérifier que la Socfin adopte bel et bien le standard HCS dans sa nouvelle politique zéro déforestation. Et bien sûr, l’enjeu principal reste la mise en œuvre effective de ces engagements sur le terrain et Greenpeace veillera à ce que la Socfin passe de la parole aux actes.

socfin huile de palme cameroun 

La méthodologie HCS

La méthodologie HCS est un standard scientifique développé par Greenpeace, GAR (EN) et le TFT (EN) et largement adopté et mis en oeuvre depuis 2011 dans le secteur du palmier à huile mais également dans d’autres secteurs (caoutchouc, papier…) à travers le monde. Son objectif : empêcher la déforestation tropicale liée aux plantations. Son principe : différencier, à partir d’un travail cartographique pointu, les zones dégradées où les cultures d’essences en tout genre n’auraient qu’un impact marginal et sont appropriées pour les plantations, des zones forestières à haute teneur en carbone, c’est-à-dire celles qui connaissent un boisement de haute qualité environnementale, composé d’arbres capables de stocker une forte quantité de carbone.

L’approche HCS est à ce jour le seul standard opérationnel pour mettre en œuvre sur le terrain des engagements zéro déforestation. Autrement dit, d’avoir une approche fine des différents terroirs pour sauvegarder ceux qui sont indispensables aussi bien au climat qu’à la biodiversité, afin d’évoluer peu à peu vers des cultures raisonnées. En outre, le standard HCS énonce un certains nombre de principes pour garantir les droits des populations locales, souvent menacées dans leur existence même par les projets d’extension des concessions des divers exploitants du secteur.

La construction de ce standard international et sa diffusion dans les normes et les pratiques des producteurs et distributeurs est aujourd’hui guidé par un comité de pilotage présidé par Greenpeace, et qui réunit des poids lourds du secteur des plantations (comme Wilmar, Musim Mas, GVL, GAR, Cargill), mais aussi des ONG (comme le WWF, Rainforest Alliance, Forest Peoples Programme ou Rainforest Action Network) ainsi que des entreprises consommatrices comme Unilever, Procter&Gamble et BASF.

Adapté du blog original publié par Greenpeace France.