Mercredi, alors que je prenais mon petit-déjeuner, j’ai eu vent de cette nouvelle incroyable: l’agence  environnementale Brésilienne – IBAMA – a fait part de son intention d’annuler le processus de licence pour le méga-barrage de São Luiz do Tapajós, au coeur de l’Amazonie. 

C’est officiel aujourd’hui: le mégaprojet a été annulé. Célébrons cette fantastique nouvelle ! Merci à tous ceux qui se sont battus auprès des Munduruku et ont contribué à cette réussite.

action Greenpeace Tapajos

Au cours des derniers mois, nous espérions qu’à un moment ou l’autre l’IBAMA reconnaitrait l’importance des conséquences environnementales et sociales du projet dans la région. Aujourd’hui, suite à cette décision de l’IBAMA, le projet de barrage ne peut plus avancer.

Plus d’1,2 millions d’entre vous autour du monde ont soutenu le peuple Munduruku pour dire non au barrage et faire pression sur des sociétés internationales comme Siemens pour les inciter à prendre leurs distances par rapport au projet.

D’autres agences brésiliennes, comme la FUNAI (Fondation Nationale des peuples Indigènes) et le parquet  fédéral de l’état de Pará avaient conseillé à l’IBAMA d’annuler la licence. En effet, le projet de barrage aurait conduit à la relocation du peuple Munduruku, le rendant ainsi inconstitutionnel. Une partie des terres des Munduruku, appelée Sawré Muybu est en train d’être officiellement reconnue en tant que terre indigène, et elle aurait été submergée par le barrage. 

enfant fleuve Tapajos

Maintenant que la licence a été retirée, le ministre brésilien de la justice doit remplir ses obligations et agir rapidement pour démarquer officiellement le territoire de Sawré Muybu.

C’est une belle victoire, mais il reste encore beaucoup à faire pour protéger le fleuve Tapajos et l’Amazonie des mégas projets hydroélectriques. Notre campagne est loin d’être terminée –42 projets de barrage dans le bassin de Tapajos sont en cours. Il faut que nous les arrêtions, un par un.

Danicley Aguiar est Chargé de campagne Amazonie pour Greenpeace Brésil. Blog original paru sur Greenpeace International.

 

Et dans le basin du Congo… par Irène Wabiwa

Malheureusement, nous sommes loin de célébrer une telle victoire pour la deuxième plus grande forêt au monde. Dans cette région, particulièrement en République Démocratique du Congo et au Cameroun,  les forêts sont toujours menacées par les grands projets de barrage, souvent réalisés sans études d’impact social et environnemental dignes de ce nom.

Nous espérons que les pays du Bassin du Congo s’inspireront de l’exemple brésilien et prendront du recul par rapport à ces projets de barrage destructeurs qui menacent les communautés locales et les forêts. Les pays du Bassin du Congo doivent prendre des décisions qui protègent les droits des citoyens et placent les bénéfices environnementaux au premier plan.