La seule bonne nouvelle de ce G 8, c'est que c'est le dernier de George W. Bush

Feature Story - juillet 8, 2008
Alors que les pays du G 8 viennent de publier une déclaration sur les changements climatiques, Greenpeace déplore qu'encore une fois les principaux pollueurs de la planète envoient un signal déplorable au reste de la communauté internationale.

Muria en Indonésie, le 30 novembre : debout, des centaines de personnes demandent une énergie propre.

« Au premier abord, on pourrait croire que cette déclaration constitue un pas en avant, mais à y regarder de plus près, il n'en est rien. La déclaration commune des pays du G 8 réunis à Toyako, au Japon, est tout simplement affligeante, et l'objectif à long terme avancé par les pays du G 8 est vide de sens », déplore Karine Gavand, responsable de la campagne Climat à Greenpeace France.

Le 8 juillet, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés ont déclaré qu'ils s'engageaient pour que les émissions mondiales de gaz à effet de serre soient réduites de moitié d'ici à 2050. Cette déclaration est volontairement floue et totalement inadéquate avec le défi climatique :

- elle ne contient pas d'année de référence, élément fondamental pour juger d'une quelconque ambition ;

- elle évoque un engagement global, mais aucun engagement précis et concret concernant les seuls pays du G 8, qui, sans aucune légitimité, s'expriment au nom de la communauté internationale ;

- enfin, elle omet tout objectif de moyen terme, à l'horizon 2020, qui prouverait une véritable volonté d'agir.

« La seule bonne nouvelle de ce G 8, c'est que c'est le dernier de Bush, reprend Karine Gavand. Chaque année, les pays du G 8 signataires de Kyoto continuent de faire le jeu de l'administration américaine, qui fait tout pour torpiller les négociations internationales. Rien n'oblige les autres membres du G 8, dont la France, qui vient de prendre la présidence de l'UE, à accepter un accord aussi déplorable, qui envoie un signal épouvantable au reste du monde. »

Pour Greenpeace, les discussions sur le climat qui ont eu lieu durant la réunion du G 8 à Toyako constituent une perte de temps, tout comme celles qui vont commencer le 9 juillet lors de la réunion des « Major economies meeting » (MEM). Ce processus parallèle lancé par les États-Unis et regroupant le G 8 et les cinq grands émergeants (Afrique du Sud, Chine, Inde, Brésil et Mexique), ainsi que l'Australie, l'Indonésie et la Corée du sud.

« Les Nations unies sont la seule et unique enceinte légitime pour lutter contre les changements climatiques, conclut Karine Gavand. Le G 8 ou les réunions des MEM nous font perdre du temps, alors qu'il ne nous reste que 100 mois pour inverser la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre. Le monde a besoin que les huit pays les plus riches, qui n'hébergent que 13 % de la population mondiale et rejettent 40 % des gaz à effet de serre, montrent l'exemple dans la lutte contre le dérèglement du climat et s'engagent unilatéralement sur des objectifs précis, contraignants et de moyen terme de réduction de leurs propres émissions. »