Greenpeace mobilisé pour faire obstacle à la pêche illicite dans eaux sénégalaises

Communiqué de presse - mars 2, 2012
Dakar, 08 Mars, 2012 - Greenpeace accueille favorablement la décision de la Direction de la Surveillance des Pêches (DPSP) d’arraisonner le chalutier russe « Oleg Naydenov » et de lui imposer le paiement immédiat d’une caution correspondant à l'amende maximale pour les infractions constatées.

Le 24 février, le navire de Greenpeace Arctic Sunrise avait pris le « Oleg Naydenov » en flagrant délit de pêche illicite au large de Djiffer, une zone interdite à la pêche industrielle pélagique. De surcroît le chalutier russe avait masqué ses identifications et éteint son système d’identification automatique (AIS), pratiques rigoureusement prohibées.

Cependant, Greenpeace tient à souligner que le « Oleg Naydenov » est un multirécidiviste, arraisonné par la DPSP pour des délits similaires en 2011 et déjà photographié toute identification masquée dans les eaux sénégalaises par Greenpeace en 2010.

En conséquence, Greenpeace invite fermement la DPSP à prendre en considération le passif multi-délictueux du chalutier russe, comme l’y invite le Code de la Pêche Maritime, et à sursoir à la décision scandaleuse d'autoriser le "Oleg Naydenov" à reprendre ses activités de pêche dans les eaux sous juridiction sénégalaises, après paiement de la caution.

Au contraire, les autorités sénégalaises devraient recommander l’inscription du multirécidiviste « Oleg Naydenov » sur les registres de bâtiments convaincus de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ou toute éventuelle liste noire de bâtiments interdits de pêche dans la sous-région. 

Le cas du « Oleg Naydenov », et la quasi impunité dont il a pu jouir jusqu’à présent, sont révélateurs d’un mode opératoire opaque et délictueux, généralisé à l’ensemble de la flotte de super-chalutiers pélagiques actuellement à l’œuvre dans les eaux sous juridiction sénégalaise.

Une enquête approfondie doit être entreprise sur les conditions de la présence de ces navires dans les eaux sénégalaises, car elle contredit les lois en vigueur[1].

En outre, le contexte halieutique sous-régional est marqué par une situation de surexploitation des principales espèces de petits pélagiques, menaçant le renouvellement des stocks, la pérennité de la pêche artisanale[2] et partant, la situation économique et alimentaire de centaines de milliers de Sénégalais.

Dans ces conditions, il apparaît totalement irresponsable, et contraire à l’intérêt général, d’autoriser d’immenses navires usines étrangers, qui ne débarquent pas même leurs prises au Sénégal, à venir concurrencer la pêche artisanale pour une ressource en déclin.

En définitive, Greenpeace demande qu’une sanction juste et exemplaire soit appliquée au « Oleg Naydenov », afin qu’il cesse définitivement de hanter les eaux ouest-africaines ; que la loi soit appliquée rigoureusement, et qu’en conséquence l’ensemble de la flotte de super-chalutiers pélagiques étrangers soit tenue de cesser immédiatement ses opérations de pêche dans les eaux sous juridiction sénégalaise ; qu’une politique des pêches durable, concertée à l’échelle sous-régionale, permettant le maintien des stocks halieutiques et la satisfaction prioritaire des besoins alimentaires et économiques de la population, soit mise en œuvre

Contacts:

  • Raoul Monsembula, Chargé de champagne Océans Greenpeace Afrique

E mail: Mob: +221 77 332 89 94 begin_of_the_sky   

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  • Bakary Coulibaly, Greenpeace Afrique.

E mail: Mob: + 221 774138473

 


[1] Article 16 du Code de la Pêche Maritime.

[2] Groupe de travail Petits pélagiques, FAO-COPACE, Casablanca 2011.

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