Avec la dégringolade des cours du pétrole, les sanctions imposées à la Russie et les changements climatiques, les baguettes des sourciers du pétrole arctique commencent à se casser. Non, ils n’ont pas la vie facile ces derniers jours. Si on ajoute à ces facteurs la résistance grandissante des citoyens autour de la planète et les multiples échecs des pétrolières (à l’heure de prouver qu’ils peuvent forer au sommet du monde de manière sécuritaire), alors le futur apparait plus que sombre pour l’exploitation du controversé pétrole arctique.

Aujourd’hui, on annonce la plus grande défaite jamais encaissée par les promoteurs du pétrole arctique groenlandais. Trois compagnies – la française GDF Suez, la norvégienne Statoil et la danoise DONG – ont laissé tomber leurs licences d’exploration dans l’ouest du Groenland. Et elles l’ont fait malgré les efforts du gouvernement groenlandais qui leur a offert de prolonger les licences originales gratuitement et sans aucune obligation.

Cette succession de défaites dans l’imprudente mésaventure pétrolière du Groenland devrait être source de réflexion et non pas de désespoir. Le pétrole arctique ne doit point être perçu comme étant la voie du développement, ni des états de l’Arctique, ni de leurs peuples, mais plutôt comme un danger majeur pour le climat, ainsi que pour la nature et les océans dont dépendent pour leur survie les populations du Nord.

Tout comme on l’a vu lors de forages de Shell au nord de l’Alaska, ce n’est qu’une question de temps avant que l’exploration et l’exploitation pétrolières en Arctique n’apportent leur lot de destruction irréversible. Et pourtant, ceci n’est pas un plaidoyer pour l’inaction en Arctique : les peuples qui y habitent ont droit au développement économique.

Ceci est un appel pour que nous considérions les problèmes auxquels font face les pétrolières en Arctique comme une occasion d’évaluer sérieusement quels modèles de développement représentent une menace trop grande pour la région, et quels autres peuvent servir à bâtir un avenir durable et pour les gens, et pour la nature.