La Bombe OGM, ou l'impossible coexistence des filières avec et sans OGM

Actualité - octobre 17, 2007
Contaminations de ruches, de cultures de maïs, production de semences arrêtée, querelles de voisinage, mélanges de récolte… Durant l'été 2007, Greenpeace France a recueilli de nombreux témoignages des victimes de l'expansion des cultures d'OGM en France, mais aussi de cultivateurs d'OGM et de professionnels de l'agro-alimentaire. Ces témoignages ont été rendus publics hier dans un nouveau rapport intitulé «La Bombe OGM». Ils illustrent à quel point la coexistence des filières OGM et non OGM est impossible. A voir en vidéo, un avant-goût de ces témoignages explosifs

La bombe OGM - Greenpeace mène l'enquête

«Les cas de contaminations et les graves conséquences économiques qui en découlent se sont cette année multipliés, alors que les cultures d'OGM représentent moins de 1% des cultures de maïs en France... C'est pourquoi nous demandons au gouvernement français d'instaurer un moratoire sur toutes les cultures d'OGM en plein champ et de préparer une loi qui garantisse à tous la liberté et le choix de produire et consommer sans OGM!» souligne Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace France. Anne Thomas, chargée de la campagne OGM à Greenpeace Luxembourg ajoute: «Au Luxembourg, il n'y pas encore de culture de maïs OGM - nous espérons que ces témoignages pousseront nos agriculteurs et nos responsables politiques à prendre conscience des risques liés aux OGM et de la nécessité de les éviter si nous voulons préserver notre agriculture et notre chaîne alimentaire».

Cultivés en milieu ouvert, les OGM se disséminent de façon incontrôlable

Charles Le Pape, apiculteur dans le Lot-et-Garonne témoigne de la contamination de ses ruches. Pierre de la Serve, un cultivateur d'OGM dans le Gers apporte pour sa part un éclairage instructif sur l'impossible étanchéité des filières... La contamination peut en effet se produire à tous les stades de la production par des vecteurs naturels (abeilles, vent, eau...) ou liés à la main de l'homme (machines, silos, vêtements, mélanges de récolte...). De nombreux cas de contaminations à la source, par les semences, ont également été recensés.

Le principe du pollueur-payeur

Comme aucun régime de responsabilité n'existe pour les producteurs d'OGM, les mesures nécessaires pour s'en protéger sont à la charge de ceux qui ne veulent pas être contaminés. Les filières bio, AOC, de qualité ou tout simplement sans OGM, dont les cahiers des charges les excluent, sont à terme menacés. Ces productions auront à faire face à des coûts de plus en plus élevés, tant pour les analyses que pour l'accès à une matière première raréfiée. Patrick Prades a par exemple été contraint d'arrêter sa production de semences de maïs bio à cause d'un champ OGM à 100 m de chez lui. «Ce sont ceux qui refusent les OGM qui font les frais de cette technologie. Combien de temps tiendront-ils?» s'interroge Arnaud Apoteker.

Graines de discorde

500 ha en 2005, 5 000 en 2006, 22 000 en 2007... Dans le secret et l'opacité, contre la volonté de l'immense majorité des citoyens et en l'absence d'une loi, les promoteurs des OGM tentent aujourd'hui de mettre le pays devant le fait accompli de la pollution génétique. Partout les conflits se multiplient entre ceux qui tentent à leurs frais de préserver une agriculture «naturelle» et les tenants du productivisme transgénique, qui n'ont cure des conséquences de cette technologie sur leurs voisins.

Le rapport en version pdf, un résumé et les témoignages vidéos sont disponibles sur http://blog.greenpeace.fr/ogm

Contacts: Anne Thomas, Greenpeace Luxembourg (actuellement au Liban): 00961 70 19 62 99 (mobile), Arnaud Apoteker, Greenpeace France, 0033 6 07 57 31 60,