Premiere européenne: la Commission échoue dans sa tentative d'imposer les OGM aux états membres de l'Union européenne

Actualité - juin 24, 2005
Pour la première fois, les Etats-membres de l’Union européenne ont, lors du Conseil de l’Environnement qui s’est tenu sous la présidence de Lucien Lux, ministre luxembourgeois de l’Environnement, rejeté à la majorité qualifiée toutes les propositions de la Commission visant à lever les interdictions nationales relatives à certains OGM. Cinq pays membres de l’UE, dont le Luxembourg, ont en effet invoqué entre 1997 et 2000 des clauses de sauvegarde pour s’opposer à l’importation de variétés de maïs transgéniques et à l’introduction de variétés de semences de colza génétiquement modifié (1).

Greenpeace marque son opposition à la culture commerciale de plantes transgéniques sur le territoire européen

"Le vote des Ministres de l'Environnement aujourd'hui est un véritable tournant dans le débat sur les cultures et l'alimentation transgénique. Les majorités claires qui s'expriment contre les propositions de la Commission montrent qu'il est temps que les responsables de l'Union européenne écoutent les 80 % de la population opposés aux OGM" a déclaré Eric Gall, conseiller politique de l'unité européenne de Greenpeace, à Luxembourg.

Par contre, il n'y a pas eu de majorité qualifiée, ni en faveur, ni en opposition de la demande d'autorisation pour l'importation et la mise sur le marché du maïs génétiquement modifié Monsanto MON 863, malgré les grandes inquiétudes scientifiques concernant son innocuité. La décision finale d'autoriser ou non ce maïs revient donc à la Commission.

"La Commission ne peut ignorer la leçon qui lui a été donné aujourd'hui et doit cesser de se cacher derrière des procédures technocratiques et une expertise confidentielle pour forcer les OGM dans la chaîne alimentaire. Alors que les institutions européennes traversent une crise majeure, la Commission doit envoyer un signal clair montrant qu'elle est prête à respecter l'intérêt public en protégeant la santé humaine et l'environnement", continue Eric Gall.

Greenpeace demande donc instamment à la Commission de retirer sa proposition d'autoriser le maïs MON 863. Ce maïs qui contient un gène de résistance à un antibiotique fait l'objet d'une controverse importante. Une étude conduite par la société Monsanto qui produit cet OGM montre des différences biologiques substantielles entre des rats nourris avec celui-ci et des rats nourris conventionnellement. Greenpeace vient d'obtenir des tribunaux allemands que cette étude soit rendue publique malgré l'avis négatif de Monsanto qui invoque le secret commercial.

"L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a pris connaissance de cette étude, mais conserve néanmoins un avis favorable quant au maïs MON 863. Comment cela est-il envisageable? Seuls des liens étroits avec les compagnies productrices d'OGM peuvent justifier une telle réponse. Force est de constater que de nombreux progrès concernant l'indépendance et les standards scientifiques des procédures européennes de contrôle des risques présentés par les OGM sont encore à réaliser", conclut Eric Gall.

Notes :

Deux documents de Greenpeace en relation avec le vote d'aujourd'hui sont disponibles :

(1) Ces pays sont l'Autriche (interdiction du maïs GM T25, du maïs GM MON 810 et du maïs GM Bt176), l'Allemagne (interdiction du maïs GM BT176), le Luxembourg (interdiction du maïs GM Bt176), la France (interdiction du colza GM MS1*RF1 et du colza GM Topas 19/2) et la Grèce (interdiction du colza GM Topas 19/2).