Six mois pour faire progresser l´Europe ... et l´Environnement

Présidence du Luxembourg à l'UE

Actualité - janvier 1, 2005
Pendant six mois, le Luxembourg présidera aux destinées de l´Union européenne. Greenpeace veut la reprise du dialogue et hausse le ton: les problèmes environnementaux ne doivent pas rester la cinquième roue du carrosse des priorités du gouvernement Juncker.

Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'Union Européenne

Si l'on sait que les grandes priorités de la Présidence luxembourgeoise sont essentiellement d´ordre institutionnelle, Greenpeace souhaite néanmoins qu'elle s´applique à renforcer concrètement la dimension environnementale du "Processus de Lisbonne", le modèle de développement que se sont imposés les Etats membres en 2000. Il repose sur le tryptique d´un développement économique, social et environnemental. Le gouvernement aura d´ailleurs l´occasion de prouver ses intentions dans quatre ou cinq domaines inscrits d´ores et déjà à l´agenda des deux Conseils environnement qui se tiendront durant la Présidence luxembourgeoise:

Le dossier sur les substances chimiques toxiques et dangereuses, connu sous l'abréviation REACH. Après quinze années de négociation, la Commission européenne va présenter une proposition de réglementation sur plus de 100.000 produits utilisés par l´industrie parmi lesquels 2.000 sont extrêmement préoccupants. C´est à dire que ces molécules toxiques ne se décomposent pas rapidement dans l´environnement et peuvent s´accumuler dans les êtres vivants. De ce fait, ces substances sont capables de perturber notre système hormonal, provoquer le cancer ou altérer les gènes. En 20 ans leur concentration est devenue 40 fois plus élevée dans notre sang ou dans le lait maternel. Greenpeace demande que toutes les substances extrêmement préoccupantes soient immédiatement remplacées dans les procédés industriels par des produits moins nocifs. Ce principe de "substitution" doit être adopté dans le cadre de la réglementation européenne.

Le protocole de Kyoto, qui va entrer en vigueur en février prochain. L´Europe doit reprendre le leadership dans ce domaine et le Luxembourg doit préparer la mise en place d´un futur régime (post 2012) fort et ambitieux. Pour éviter des catastrophes aux conséquences insupportables, les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 80% d´ici 2050. Or le Luxembourg n´a pas été capable de mettre en place une politique permettant de respecter nos engagements pris dans Kyoto.

Les OGM (organismes génétiquement modifiés). Le Luxembourg doit redevenir un réel pays proactif dans ce dossier, car la Commission est en train d´ouvrir les portes et les fenêtres de l´Union européenne aux OGM. Greenpeace voudrait voir les politiques reprendre l´initiative pour protéger l´agriculture traditionnelle et biologique ainsi que les consommateurs, d´autant plus que la grande majorité des citoyens européens ne veulent pas des OGM.

La protection des forêts anciennes et la mise en place du plan d´action européen FLEGT qui vise à lutter contre la coupe et le commerce illégal de bois. Greenpeace réclame du gouvernement luxembourgeois qu´il aille beaucoup plus loin pour répondre à l´ampleur de la crise. Pour protéger les forêts anciennes et la biodiversité de régions vulnérables comme l´Amazonie, l´Afrique Centrale, l´Asie du Sud-Est et la Fédération de Russie, l´Union européenne doit adopter une directive contraignante visant à interdire toutes les importations de bois et de produits dérivés issus de la coupe et du commerce illégal.