Affaire Sotel: Greenpeace n’est pas prêt à baisser les bras

Communiqués de presse - mai 28, 2010
Malgré les plaintes et manifestations de Greenpeace, rien ne bouge et Sotel, poursuit les travaux de construction de la ligne haute tension avec des autorisations illégales.

Des militants de Greenpeace empêchent la poursuite des travaux de construction de la ligne à haute tension dans une «zone spéciale de conservation du réseau Natura 2000» entre Differdange et Belvaux.

Rappel des faits

L'affaire n'est pas nouvelle, depuis l'absorption d'Arcelor par M. Mittal, le groupe sidérurgique s'est fixé comme priorité stratégique de disposer d'une seconde ligne électrique haute tension pour assurer selon ses dires sa sécurité d'approvisionnement, mais qui de toutes évidences lui permettra de faire jouer à plein le jeu de la concurrence entre le belge Electrabel et le français EDF pour réduire les coûts de sa facture énergétique.

Mais importer de l'électricité nucléaire de la centrale de Cattenom, cela ne se fait pas si facilement au Luxembourg .... Quoi que.

Le projet de ligne aérienne devant relié le réseau français au réseau luxembourgeois démarré en 2005 a été abandonné en 2007 avec le refus du ministre de l'Environnement de l'époque M. Lucien Lux, de délivrer l'autorisation ministérielle au motif qu'une ligne haute tension aérienne ne peut traverser des réserves naturelles d'intérêt communautaire inscrites au réseau Natura 2000.

Quelques mois plus tard, Arcelor-Mittal, profitant d'une lacune dans la législation réintroduisait sa demande pour une ligne haute tension souterraine. Ce cas de figure n'étant pas prévu dans les textes légaux sur la protection des zones d'intérêt communautaire, le ministre après avoir quand même demandé une «étude d'impact» délivra l'autorisation de construire le 25 août 2008.

Greenpeace conteste toutes les autorisations délivrées

Greenpeace conteste la légalité de l'autorisation ministérielle, pour non respect des dispositions légales nationales et communautaires, essentiellement, sur l'absence de consultation publique, y compris des personnes qui risquent d'être affectées par les rayonnements électromagnétiques induits par la ligne et l'absence d'évaluation des incidences sur l'environnement de cette future ligne dans les zones classées, enfin, aucune alternative au présent tracé n'a été proposée.

Un recours a été déposé par Greenpeace auprès du tribunal administratif en novembre 2008. La procédure est toujours en phase d'appel, mais n'a pas encore été analysée sur le fond.

Armé de cette autorisation ministérielle contestable, Sotel commence des travaux de déboisement dans les réserves naturelles. Greenpeace interrompt les travaux en février 2010 et fait constater par la police de l'environnement que les entreprises sur place ne respectent pas le cadre restrictif de l'autorisation ministérielle. Notamment, la végétation de la zone classée Natura 2000 a été détruite au bulldozer sur des largeurs doubles à celles autorisées, sans qu'aucune précaution particulière n´ait été prise, comme le recommandait l'autorisation.

Quelques semaines plus tard Greenpeace arrête une nouvelle fois le chantier de la ligne et fait constater cette fois que Sotel a commencé les travaux d'enfouissement de la ligne haute tension dans une réserve naturelle sans avoir reçu d'autorisation de construire du Bourgmestre de Differdange.

Claude Meisch, le bourgmestre de Differdange, a accordé l'autorisation de construire et une autorisation de tranchée, sans respecter le PAG de la commune qui impose que les lignes à haute tension y soient inscrites. Ce qui n'est pas le cas pour la ligne de Sotel.

«Non seulement, les autorisations dont dispose Sotel ne respectent pas les lois et les règlements en vigueur au Luxembourg, mais de plus Sotel ne possède à l'heure actuelle pas l'assurance qu'elle recevra les autorisations nécessaires sur tout le tracé de la ligne, notamment les communes de Sanem et d'Esch-sur-Alzette ne se sont pas encore prononcées et ne devraient en tout cas pas suivre Monsieur Meisch dans la délivrance d'une autorisation illégale» explique Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.

Par ailleurs, le Conseil communal de Sanem, vient de prendre une résolution à l'unanimité demandant au Collège échevinal de veiller à ce «que la conformité aux lois et règlements en vigueur soit respectée et que son maître d'ouvrage disposera de toutes les autorisations requises».

Greenpeace poursuit ses actions

Devant l'inertie des services judiciaires qui laissent se poursuivre un chantier contre lequel plusieurs plaintes ont été déposées, Greenpeace a récemment saisi le Commissaire de district par rapport à l'autorisation délivrée par M. Claude Meisch en complet désaccord avec le PAG de la commune.

«Dans les prochains jours nous allons lancer des activités impliquant le public, car il n'est pas normal que dans un état de droit, Arcelor-Mittal se place au dessus des lois et s'arroge le droit de bafouer le fonctionnement de notre système démocratique» annonce Paul Delaunois.

Other contacts:

Paul Delaunois, directeur Greenpeace Luxembourg: 621 49 30 14