Brevets sur le Vivant: stoppez la "cochonnerie législative"!

Communiqués de presse - janvier 19, 2006
Greenpeace proteste ce matin contre la transposition imminente de la Directive européenne sur la Brevetabilité du Vivant. Devant le bâtiment où ont lieu les sessions de la Commission de l'économie de la Chambre des Députés, rue du St. Esprit, les militants ont mis sur pied une véritable porcherie. Déguisés en "membres de la Commission", ils ont symboliquement apposé un brevet portant le n°08/15 sur les cochons. Greenpeace entend par là faire comprendre les risques qu'impliquent la Directive sur le Vivant et les conséquences de celle-ci sur l'agriculture. Greenpeace demande à tous les citoyennes et citoyens d'envoyer un email de protestation contre la transposition de la Directive en droit national.Regardez la vidéo

Greenpeace proteste contre la transposition en droit national de la Directive européenne sur la Brevetabilité du Vivant. Les militants ont mis sur pied une véritable porcherie. Déguisés en "membres de la Commission de l'économie", ils ont symboliquement apposé un brevet portant le n°08/15 sur des cochons.

La Commission d'économie de la Chambre des Députés veut transposer la Directive pratiquement telle quelle. Ceci signifierait la porte ouverte aux brevets sur les plantes et les animaux et donc la mainmise des multinationales agronomiques sur l'agriculture. Malgré les critiques virulentes des fédérations agricoles luxembourgeoises, des organisations de développement et de protection de l'environnement, le Ministre de l'économie, Jeannot Krecké et la Commission de l'économie veulent imposer la Directive en vitesse accélérée.

"La Commission de l'économie veut soumettre au vote de la Chambre des Députés un projet de loi que celle-ci a rejeté à l'unanimité en 2002", critique Martina Holbach. "Nous doutons vraiment de la légitimité de la Commission d'économie pour trancher sur des questions éthiques qui touchent les domaines de la médecine, de la recherche et de l'agriculture". La Commission d'économie semble en effet plus intéressée par les enjeux économiques posés par les brevets que par les revendications de la société civile à leur encontre.

Les scandaleuses demandes de brevets faites par la société américaine Monsanto représentent un des meilleurs exemples illustrant la mainmise sur notre agriculture. Monsanto voudrait en effet faire considérer certaines races entières de cochons comme des "inventions" et obtenir des droits de propriété sur ces dernières. Au sein des 12 demandes différentes qu'elle a déposées, la société décrit, en outre, des caractéristiques génétiques qui sont typiques pour l'ensemble des races de cochons en Europe. Les générations à venir des cochons faisant l'objet des brevets "appartiendraient" également à Monsanto.

"Les demandes de brevets concernant les cochons sont seulement un exemple de la monopolisation croissante sans scrupules de l'agriculture au travers du droit de la propriété intellectuelle" continue Martina Holbach. "La directive sur la Brevetabilité du Vivant qui risque d'être transposée en vitesse accélérée en droit luxembourgeois légalisera ce genre d'aberrations également au Luxembourg".

Mardi dernier, des représentants des différentes fédérations agricoles et des ONG de développement et de protection de l'environnement avaient remis une pétition contre la transposition au Président de la Chambre des députés, Monsieur Lucien Weiler. Les signataires exigent que le projet de loi soit retravaillé de façon à exclure totalement le principe de la brevetabilité des plantes et des animaux. Ils demandent également au gouvernement de se mobiliser en faveur d'une renégociation de la Directive au niveau européen.

Other contacts:

Martina Holbach, Greenpeace Luxemburg, Tel. 021 23 33 62.