Greenpeace critique la décision de l’OMC relative au moratoire européen sur les OGM

L’Europe continuera d’être fermée à toute malbouffe transgénique!

Communiqués de presse - février 8, 2006
L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a rendue hier soir une décision préliminaire dans le cas qui oppose les Etats-Unis, le Canada et l’Argentine à l’Europe concernant les autorisations d’OGM. Selon certains rapports de presse et d’après l’OMC, les interdictions nationales d’OGM, dont celle du Luxembourg concernant le maïs transgénique Bt176, seraient contraires aux accords commerciaux internationaux. Greenpeace critique vivement la décision rendue, qui encore une fois, fait prévaloir les intérêts commerciaux devant ceux des consommateurs et la préservation de l’environnement. Greenpeace exige que l’OMC ne soit plus utilisée comme un instrument permettant de contourner les règles en matière de protection de l’environnement. Toutefois, Greenpeace reste optimiste quand à la résistance de l’Europe et des européens face aux OGM.

Des militants Greenpeace, déguisés en "Uncle Sam", versent du mais transgénique sur des "consommateurs" en camisole de force, suffoquant ainsi leur droit de rejeter les aliments OGM.

«La conclusion finale de la procédure engagée devant l'OMC ne changera rien aux lois européennes ni à la volonté des consommateurs au Luxembourg et en Europe de refuser les aliments transgéniques» explique Martina Holbach de Greenpeace Luxembourg. «Les Etats-Unis, le Canada et l'Argentine ne réussiront pas, par cette décision, à exporter plus de céréales génétiquement manipulées vers l'Europe: nos consommateurs s'y opposeront toujours».

C'est en août 2003 que les Etats-Unis, soutenus par le Canada et l'Argentine, avaient déposé une plainte contre le moratoire européen relatif à l'autorisation des plantes génétiquement modifiées ainsi que contre les six interdictions nationales émises par certains Etats-membres, dont le Luxembourg. Celui-ci a dès 1997 interdit l'importation et la culture du maïs génétiquement modifié Bt176 de la firme suisse Syngenta (à l'époque Ciby-Geigy, càd Novartis). La législation européenne relative aux OGM qui autorise ces interdictions et qui prescrit des mesures obligatoires d'étiquetage de ces derniers n'est pas remise en cause pour sa part.

Il est entendu que les Etats-Unis vont utiliser cette décision afin de faire pression sur les Etats qui voudraient implanter des réglementations strictes concernant les OGM. Le Protocole de Carthagène sur la biosécurité, émis sous l'égide des Nations Unies, permet pourtant aux Etats signataires de recourir à des mesures préventives sécuritaires nationales.

Nonobstant la plainte devant l'OMC, le Conseil européen réunissant les Ministres de l'environnement a décidé en juin 2005, à la majorité absolue, de maintenir les interdictions nationales. La Grèce a par ailleurs, la semaine dernière, pris l'initiative d'élargir ses interdictions concernant des variétés de maïs génétiquement modifié. La Hongrie et la Pologne avaient proscrit la culture du maïs OGM MON863 l'année dernière. L'Autriche a énoncé, il y a quelques semaines, qu'elle allait faire de même pour le colza génétiquement manipulé GT73. Lors d'un référendum en novembre 2005, la Suisse a décidé d'interdire totalement la culture des OGM pendant 5 ans. A côté de ces interdictions nationales, ce sont aujourd'hui 172 régions européennes qui se sont déjà déclarées «Régions sans OGM».

«Le Luxembourg doit continuer de rester sans OGM» exige Martina Holbach. «Nous demandons au gouvernement luxembourgeois de ne pas cesser de s'engager pour une réglementation stricte relative aux OGM, tant au niveau national qu'européen. Dans ce sens, nous renouvelons nos exigences quant à une loi restrictive sur la coexistence et à une interdiction nationale concernant le colza GT73.»

Other contacts:

Martina Holbach, Greenpeace Luxembourg, Tel. 54 62 52 1.