Greenpeace félicite le Ministre Lucien Lux pour son refus à une liaison directe avec le réseau nucléaire français

L'Europe peut réduire ses émissions de CO2 de 30% d'ici 2020, tout en sortant du nucléaire

Communiqués de presse - septembre 28, 2005
Greenpeace félicite le Ministre de l’Environnement, Monsieur Lucien Lux, pour son refus à la construction d’une nouvelle ligne haute tension qui devait relier le réseau de la société SOTEL avec le réseau d’Electricité de France (EDF) et alimenter les aciéries électriques d’ARCELOR avec le courant nucléaire français. Un nouveau rapport de Greenpeace publié aujourd'hui à Strasbourg et intitulé 'Révolution énergétique' (1), démontre que l'Europe peut réduire ses émissions de CO2 de 30% d'ici à 2020, et ainsi éviter la catastrophe climatique, tout en sortant du nucléaire. Le scénario développé par l'Institut de Thermodynamique technique du Centre Allemand d'Aérospatiale (DLR) à la demande de Greenpeace indique comment, d'ici 2050, près de la moitié de la demande en énergie de l'Europe des 25 pourrait provenir de sources d'énergie renouvelable. A ce moment-là, les émissions de CO2 européennes seraient réduites de près de 75%.

Nous avons de l'eau jusqu'au cou, agissez !

Actuellement, l'UE tire près de 80% de son énergie primaire des combustibles fossiles. Les renouvelables, eux, ne représentent que 6% de la production d'énergie. Vu que pétrole, gaz et charbon sont disponibles sur le territoire de l'Union européenne (UE) en quantités très limitées et que les stocks d'uranium y sont virtuellement inexistants, l'Europe doit importer la plus grande partie de son énergie. 

«Le scénario développé pour Greenpeace démontre qu'il est possible de s'orienter vers un système énergétique européen basé sur l'efficacité énergétique et les renouvelables et, ainsi, de ne plus dépendre des importations de combustibles fossiles et du nucléaire», souligne Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. «Pour y arriver, les grands producteurs d'énergie doivent investir dans les énergies renouvelables et les grands consommateurs, comme l'ARCELOR, doivent renoncer à la consommation d'électricité produite par des centrales nucléaires ou par les combustibles fossiles nuisibles au climat».

Pour limiter les risques des changements climatiques, une limitation de l'augmentation de la température sous la barre des 2°C (par rapport à la température préindustrielle) est indispensable. Cela implique, pour les pays industrialisés, une réduction des émissions de l'ordre de 30% d'ici 2020 et de 80% d'ici 2050 (par rapport à 1990).  Alors que dans le scénario de référence, les émissions des 25 états-membres de l'UE augmentent de près de 50% d'ici 2050, dans le scénario développé à la demande de Greenpeace, les émissions de CO2 diminuent de près de 75%. 

Il est intéressant de constater qu'une extrapolation des tendances et politiques actuellement menées (option dite 'scénario de référence' dans le rapport) fait état d'une augmentation prévisible de 50% des émissions de CO2 d'ici 2050. Cette éventualité est parfaitement incompatible avec la lutte contre les changements climatiques et souligne à l'envie la nécessité d'une maîtrise de la demande.

«Malgré l'ouverture optimiste qu'il apporte, le rapport de Greenpeace établit que l'Europe et ses états-membres disposent de peu de temps pour développer massivement les énergies renouvelables. Tergiverser, ne serait-ce que quelques années, fera de la nécessaire réduction des émissions de CO2 une mission impossible.»

Reste donc à comprendre ce qui freine encore en Europe l'essor de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables…

Précisions quant au scénario élaboré à la demande de Greenpeace

Ce scénario envisage une stratégie pour évoluer vers un système énergétique européen durable:

  • En exploitant l'énorme potentiel de l'efficacité énergétique, la demande primaire en énergie est réduite de 36%. Cette diminution de la demande en énergie est un prérequis si l'on veut que les renouvelables puissent prendre le relais.
  • L'utilisation croissante de la cogénération (càd la production combinée d'électricité et de chaleur) augmente l'efficacité du côté de la fourniture d'énergie. Des réseaux de chauffage décentralisés permettent d'atteindre un grand pourcentage de cogénération.  En la matière, les combustibles fossiles se voient progressivement remplacés par la biomasse et l'énergie géothermique. 
  • Le secteur de l'électricité est celui où les renouvelables prennent la place la plus importante. En 2050, plus de 70% de l'électricité est ainsi produite de manière propre.
  • Toutes les centrales nucléaires sont fermées après une durée de fonctionnement de maximum 30 ans.
  • Les coûts de production d'électricité légèrement plus élevés en 2020 sont en grande partie compensés par une réduction de la demande. En 2050, le coût annuel de la production d'électricité est inférieur de 10 milliards d'€ par rapport au scénario de référence.
  • Dans le secteur de la production d'électricité, les renouvelables permettent la création d'environ 700.000 emplois d'ici 2010.
  • Dans le secteur du chauffage, en 2050, les renouvelables fournissent plus de 50% de l'énergie, principalement la biomasse, les panneaux solaires thermiques et la géothermie.
  • En matière de transport, ce sont avant tout les grands potentiels d'amélioration de l'efficacité qui sont exploités. L'utilisation de biocarburants est limitée par la disponibilité de la biomasse en Europe, celle-ci étant avant tout valorisée dans des installations de production d'électricité et de chaleur.
  • En 2050, les énergies renouvelables couvrent près de 50% de la demande primaire en énergie.

Other contacts:

Roger Spautz, tél.: 54 62 52 27 ou 021 23 33 61

Notes:

1) Energy revolution, a sustainable pathway to a clean energy future for Europe. Téléchargeable">http://www.greenpeace.org/raw/content/international/press/reports/energy-revolution-a-sustainab.pdf">Téléchargeable ici (PDF, en langue anglaise).



Les résultats préliminaires du rapport avaient été présentés le 23 juin à Luxembourg lors d’une conférence organisée par Greenpeace en la présence du Ministre de l’Environnement Monsieur Lucien Lux et du Commissaire de l’Environnement Monsieur Stavros Dimas.