Greenpeace s’oppose au 2ième plan national d’allocation de quotas de CO2

Communiqués de presse - juin 30, 2006
Le gouvernement luxembourgeois a ouvert du 26 juin au 3 juillet 2006 la consultation du public sur le deuxième plan national d’allocation de quotas (PNAQ 2) qui sera applicable pour la période 2008-2012. Ce plan a été mis en ligne sur le site du ministère de l’Environnement, afin que chacun puisse exprimer son avis sur les divers éléments qui le composent. Greenpeace vient d’adresser une critique détaillée du PNAQ2 (télécharger le document en langue allemande) et réagit ainsi face au laxisme de ce projet de plan qui, une fois de plus, suralloue des quotas aux secteurs de l’industrie et de l’énergie concernés par le plan. L’enveloppe globale de quotas proposée pour le PNAQ 2 s’élève à 3,2 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, soit la même quantité qui avait été allouée lors du premier plan.

Des militants Greenpeace fixent une bannière sur un bâtiment de la centrale turbine gaz vapeur pour rappeler aux industriels et au gouvernement que «Les émissions de CO2 nuisent gravement à l’environnement».

«Le gouvernement continue à privilégier une approche consistant à partir des besoins en émissions des industriels au détriment d'une approche se basant sur l'objectif que le Luxembourg doit atteindre pour respecter le Protocole de Kyoto», déplore Roger Spautz de  Greenpeace.  

Le Luxembourg, comme la plupart des autres Etats membres, avait justifié le laxisme de son premier plan par le fait que, couvrant les années 2005-2007, celui-ci s'entendait comme une «période test» pour la mise en oeuvre du marché du CO2. On était donc en droit d'attendre du deuxième plan qu'il se montre plus strict envers les industriels. D'autant plus que la récente publication des émissions des exploitants pour l'année 2005 avait  révélé une surallocation de quotas d'environ 20 % par rapport aux  émissions réelles. Si le PNAQ 2 est adopté en l'état, cela risque de compromettre les objectifs que le Luxembourg s'est fixé dans le cadre du protocole de Kyoto. Le gouvernement sera contraint de faire porter anormalement l'effort de réduction des émissions sur d'autres secteurs non soumis au marché de quotas - alors que le PNAQ 2 indique que les émissions des autres secteurs (transport, consommation privée) vont augmenter -, ou d'acheter des crédits  d'émissions sur le marché international, avec l'argent des contribuables.

Le seul élément positif du PNAQ 2 a trait à la possibilité de mettre aux enchères une partie des quotas. Greenpeace demande au gouvernement de mettre aux enchères 10% des quotas comme l'autorise la directive européenne. Si les entreprises doivent acheter leurs quotas, elles seront incitées à s'orienter vers des technologies peu émettrices en carbone, ce qu'elles ne font pas à l'heure actuelle puisque les quotas leur sont attribués gratuitement. En outre, le revenu issu de la mise aux enchères pourrait être utilisé pour financer des projets de réduction d'émissions ou pour diminuer le coût du travail dans les secteurs concernés par le PNAQ.  

Après la consultation du public, Greenpeace fera valoir sa position devant la Commission européenne, qui, en dernière instance, pourra rejeter ce plan si le laxisme de celui-ci est avéré, comme ce fut le cas pour le premier PNAQ.

Other contacts:

Roger Spautz; tel 54625227 ou 021233361