Le Luxembourg: vraiment anti-nucléaire?

Communiqués de presse - mai 19, 2011
«Les déclarations du Premier ministre et du gouvernement sur le nucléaire ne sont que du vent tant qu’elles ne sont pas suivies d’actes» (Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg).

Greenpeace est très choqué par la position du Luxembourg qui ne s'est pas opposé au compromis élaboré par le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG[1]) sur la proposition minimaliste concernant les tests de résistance des installations nucléaires en Europe.

Afin de rédiger le cahier des charges pour les tests de résistance, la Commission européenne et ENSREG ont été invités à définir le plus rapidement possible l'étendue et les modalités de ces tests. Ce travail se fait par ailleurs avec la participation pleine et entière des États membres.

Durant ces derniers jours les membres de l'ENSREG ont élaboré un compromis réellement minimaliste qui n'inclut carrément pas ou alors de manière tellement partielle les risques liés aux erreurs humaines, aux attaques terroristes, aux cyber-attaques ou à la chute d'un avion. Le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, aimerait que les tests tiennent compte de l'âge des réacteurs, la France et l'Angleterre estiment que cet élément n'est pas essentiel.

D'après des informations fiables transmises à Greenpeace sur le déroulement et le contenu des négociations au sein de l'ENSREG, seuls l'Allemagne et l'Autriche ont clairement réclamé des critères plus sévères. En ne se ralliant pas à cette position critique, le Luxembourg a donc rejoint le camp du lobby nucléaire. Ce qui est inacceptable!

«La déclaration dans la presse[2] du représentant du Luxembourg à ces négociations et par ailleurs fonctionnaire à la Division de la Radioprotection selon qui, le Luxembourg serait en accord avec la proposition de l'ENSREG est particulièrement choquante et en parfait désaccord avec les déclarations du gouvernement», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.

Greenpeace tient à rappeler les propos du Premier Ministre Jean-Claude Juncker: «L'ensemble des centrales nucléaires européennes seront soumises à un "stress-test", qui ne sera concluant que si les règles et les modalités qui le régissent sont identiques partout et s'il aboutit à des normes de sécurité obligatoires partout en Europe. (...). C'est ainsi que nous avons le droit de nous voir apporter la preuve que si un jumbo jet aux réservoirs pleins s'écrasait sur la centrale nucléaire de Cattenom cela ne pourrait pas provoquer de catastrophe radioactive. A défaut de fournir cette preuve, la centrale de Cattenom doit être arrêtée»[3].

Greenpeace lance un appel urgent au gouvernement de revenir sans aucune équivoque sur la position actuelle et de clairement faire savoir aux institutions européennes que le Luxembourg s'oppose à tout compromis à minima pour les tests de résistance.

«En l'absence d'une correction rapide de la part du Premier ministre sur la position du Luxembourg concernant les stress tests, nous considèrerons que ce gouvernement n'a plus aucune crédibilité au sujet du nucléaire et devrons en tirer les conséquences» conclut Paul Delaunois, directeur de Greenpeace.



[1] l'ENSREG (European Nuclear Safety Regulators' Group) , créé en mars 2007, réunit dans le domaine du nucléaire les responsables d'Autorités de sûreté de l'Union européenne (27 États-membres), ainsi que la Commission européenne.

[2] http://www.wort.lu/wort/web/europa_und_welt/artikel/2011/05/150639/luxemburg-segnet-stresstest-kompromiss-ab.php

[3] Extrait du discours sur l'Etat de la nation prononcé par Jean-Claude Juncker le 6 avril 2011.

Other contacts:

Roger Spautz: gsm: 621233361
Paul Delaunois: gsm: 621493014