Le virage climatique et énergétique du Luxembourg est possible!

Communiqués de presse - janvier 31, 2009
Caritas Luxembourg, Action Solidarité Tiers Monde, Mouvement Ecologique et Greenpeace ont présenté leurs exigences communes en matière de politique climatique et énergétique qu’ils adressent au futur gouvernement. Regroupés dans la coalition "Votum Klima", les quatre organisations ont conclu, que le virage en matière de protection du climat et d'approvisionnement énergétique est possible. La protection du climat n`est pas seulement une nécessité pour sauvegarder des millions de personnes des conséquences du changement climatique, la protection du climat s’accompagne également de nouvelles perspectives pour le développement économique du pays. Regardez la vidéo

La coalition "votum klima" regroupe les ONG Caritas, ASTM, Mouvement Ecologique et Greenpeace.

La politique d'aide au développement et la justice climatique vont de pair

Le changement climatique représente une menace grave pour la majorité de la population. Bien que les populations les plus pauvres aient contribué le moins au changement climatique, elles sont, aujourd'hui, les plus touchées, étant devenues les victimes de notre gaspillage de combustibles fossiles. "Sans la protection du climat, il n'y aura ni justice globale ni aucune chance d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement", dit Norry Schneider de Caritas Luxembourg. "Si on pense sérieusement que toutes les personnes ont le même droit au développement, alors nous devons nous engager, non seulement, sur des objectifs ambitieux de protection du climat, mais nous devons aussi les réaliser immédiatement. Les pays industrialisés doivent non seulement payer l'adaptation au changement climatique des pays en voie de développement les plus concernés mais en plus, soutenir le développement de leur approvisionnement en énergie renouvelable. Il s'agit donc, non seulement, d'un débat sur la politique climatique, mais surtout d'un débat éthique".

La protection contre les catastrophes et l'aide humanitaire sont des sujets importants de la coopération. Le gouvernement doit donc s'assurer que tous les acteurs soient intégrés dans l'élaboration d'une stratégie conséquente pour protéger le climat. Nous attendons du gouvernement qu'il travaille en concertation avec les pays les plus touchés par le changement climatique pour empêcher les accords de libre échange d'aller à l'encontre de la protection de l'environnement, la protection du climat ou encore de la lutte contre la pauvreté.

Agir chez nous au lieu d'acheter ailleurs nos droits de polluer

Concernant la protection du climat, le Luxembourg est vraiment loin d'être exemplaire. C'est uniquement sur le papier que le pays atteindra son objectif de Kyoto. Les émissions de gaz à effet de serre réelles se trouvent actuellement très peu en dessous de celles de 1990. Dietmar Mirkes d'Action Solidarité Tiers Monde explique: "Avec sa politique de vouloir couvrir pratiquement tout son objectif de réduction par l'achat de droits d'émission, le gouvernement ne respecte pas le protocole de Kyoto. Etant un des pays avec les plus hautes émissions par habitant et avec le plus haut revenu de tous les Etats de l'OCDE, le Luxembourg doit développer un nouvel idéal pour sa politique climatique, compatible avec sa responsabilité globale et ses capacités. Le Luxembourg doit agir sur son territoire au lieu d'acheter des droits d'émission."

Jusqu'en 2012, le pays devrait investir environ un quart de milliard d'euros dans des projets douteux de protection du climat à l'étranger - cet argent manquera forcément pour la mise en œuvre des mesures de protection du climat au niveau national. Cette "politique de déduction" pourrait bientôt se retourner contre nous: Entre 2013 et 2020 le Luxembourg ne peut couvrir, selon les règles du paquet climat-énergie de l'UE décidé en décembre dernier, qu'environ 40% de ses émissions par l'achat de droits d'émission. Les 60% restants doivent être obtenus par des mesures domestiques. Mais cela ne peut pas se passer comme cela "du jour au lendemain". Voilà pourquoi nous exigeons la mise en place d'un vaste programme de mesures domestiques pour réduire nos émissions de gaz à effets de serre au Luxembourg.

Une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 est réalisable

Pour que le réchauffement de la planète reste limité en dessous de 2°C, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions pour 2020 de 25-40%, selon les pronostics du GIEC. Pour Votum Klima, une réduction des émissions de gaz a effet de serre d'au moins 30% d`ici 2020 est réalisable uniquement avec des mesures internes. Le secteur le plus important est lié aux "exportations de carburant" causées par le transit autoroutier et le "Tanktourismus" qui sont responsables d'environ 42% de toutes les émissions du Luxembourg. Mais, tous les autres secteurs seront aussi mis à contribution vu que, des mesures de protection du climat y sont non seulement possibles, mais absolument nécessaires. "Affirmer, que le Luxembourg n'aurait aucun potentiel de réduction, est tout simplement faux", déclare Martina Holbach de Greenpeace Luxembourg. "Le gouvernement n'a toujours pas examiné sérieusement les possibilités existantes dans la plupart des secteurs tels le transport public, l'industrie, l'artisanat, l'agriculture ou encore dans le domaine de la production d'électricité et de chaleur. Nous réclamons une analyse globale et systématique des potentiels d`économie et d`efficacité énergétique dans tous les secteurs à laquelle seront joints des concepts et des objectifs de réduction obligatoires. Les accords volontaires, qui existent actuellement avec l'industrie et le secteur financier, ne sont plus une option".

Votum Klima demande des structures cohérentes et une action cohérente

Les objectifs de réduction devront être concrets et obligatoires. Mais pour qu'ils deviennent effectifs, des changements structuraux sont inévitables. "Pour atteindre des objectifs définis par une politique climatique ambitieuse, nous aurons besoin de plus de cohérence dans les structures et dans l'action du futur gouvernement", dit Paul Polfer du Mouvement Ecologique. Nous proposons la création d'un "ministère du futur" qui concentrera les compétences liées au développement durable, à la protection du climat mais aussi celles de la politique énergétique. Nous plaidons pour l'introduction d'une "fiche technique Climat" pour tous les lois et les projets. En outre, le futur gouvernement devra mettre en oeuvre un vaste plan d'action pour les énergies renouvelables et le développement des systèmes d'énergie décentralisés. "Justement, il faut profiter de la crise financière et de la crise conjoncturelle, pour faire profiter les ménages, le commerce, l'artisanat, les industries et l`agriculture de ce que la protection du climat peut leur apporter", continue Paul Polfer, "à savoir par des investissements dans les énergétiques renouvelables, l'isolation des bâtiments, l'agriculture biologique, le conseil en énergie et installation énergétique décentralisée."

Other contacts:

Martina Holbach, Greenpeace Luxemburg, Tel. 54 62 52 24,
Paul Polfer, Mouvement Ecologique, Tel. 43 90 30 26,
Dietmar Mirkes, Action Solidarité Tiers Monde,
Norry Schneider, Caritas Luxemburg, Tel. 40 21 31 518,