Les bébés pollués via le cordon ombilical

Communiqués de presse - novembre 3, 2005
Une étude récente publiée par Greenpeace démontre que les bébés sont exposés à de nombreuses substances toxiques industrielles dès le stade fœtal, dans l'utérus même de leurs mères. Greenpeace en appelle à la responsabilité du gouvernement et des élus européens pour que la réforme en cours de la réglementation chimique REACH nous sorte d'une situation plus que préoccupante.

Des analyses menées par Greenpeace montrent la présence de substances toxiques dans le sang du cordon ombilical.

Greenpeace, soutenu par le WWF et d'autres ONG, appelle les législateurs à replacer dans le futur règlement REACH la santé publique et l'environnement en tête de leurs priorités, en s'assurant que les substances chimiques les plus nocives soient identifiées et progressivement éliminées, et en rendant obligatoire la substitution de ces composés par des alternatives plus sûres.

Le rapport, intitulé " Toxiques en héritage", et portant sur l'analyse de sang maternel et de cordon ombilical, révèle la présence dans ces échantillons de substances chimiques toxiques connues ou  présumées dangereuses, et employées comme additifs dans de nombreux biens de consommation courante. Ces substances pénètrent dans l'organisme du bébé via le cordon ombilical sans être arrêtées par le placenta (1).

"Les enfants à naître, se nourrissant via le cordon ombilical, sont exposés à des substances chimiques provenant de produits aussi courants que le plastique, les produits d'entretien, les composants  électroniques ou les cosmétiques. Il est choquant de constater que ces substances chimiques sont présentes dans l'organisme à tous les stades de la vie, et notamment dès le stade fœtal, période où  l'enfant est le plus vulnérable. Les gouvernements doivent agir et exiger des industriels qu'ils appliquent le Principe de Substitution pour tous les composés susceptibles de s'accumuler dans  l'environnement et les tissus vivants", déclare Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg (2).

Les produits chimiques incriminés se retrouvent dans d'innombrables articles, depuis les boîtes de conserve jusqu'aux appareils électriques, en passant par les pesticides, les déodorants ou le dentifrice. La liste de ces substances chimiques comprend notamment la famille très controversée des phtalates, des muscs artificiels utilisés comme fragrances dans les parfums et autres produits parfumés, ainsi que le triclosan, un agent anti-bactérien des plus courants.

Ont également été détectés des composants perfluorés qui entrent dans la fabrication de revêtements anti-adhésifs comme le téflon ainsi que des retardateurs de flamme soupçonnés de provoquer des troubles du développement chez l'enfant (apprentissage et comportement). "Ces résultats justifient les préoccupations que nous avions déjà soulevées avec nos précédents dossiers sur la présence de ces substances dans le sang" (3), commente Paul Delaunois.

D'autre part, la sensibilité des bébés à l'exposition à des substances chimiques lors de leur développement, individuellement ou en "cocktail", reste largement inconnue.

Le projet de nouvelle réglementation communautaire sur les substances chimiques, REACH (Enregistrement, Evaluation, et Autorisation des substances chimiques), offre une opportunité unique et cruciale de protéger la santé humaine et l'environnement des effets néfastes de ces substances chimiques, et de  responsabiliser les acteurs économiques, l'industrie chimique comme les producteurs de biens de consommation. Néanmoins la version actuelle de REACH, victime de l'activisme des lobbies, est loin d'être satisfaisante. "Plusieurs centaines de milliers de signatures de soutien à l'Appel de Paris (4) ont été réunies sur un an par Greenpeace et d'autres ONG dans l'espace francophone de l'UE pour exiger une action politique à la hauteur des enjeux sanitaires et humanitaires" conclut Paul Delaunois.

En marge de la présentation de ce rapport, Greenpeace Luxembourg a invité les parlementaires européens à se prononcer sur REACH qui sera voté en première lecture au Parlement européen, le 17 novembre prochain.

Other contacts:

Paul Delaunois, tél. (++352) 021 49 30 14

Notes:

(1) - Les réactions de deux pédiatres et d’un toxicologue sont également présentes dans le rapport
(2) - Sony, H&M, Nokia, Ikea et d’autres entreprises se sont déjà engagées à abandonner progressivement l’utilisation de substances chimiques dangereuses dans la fabrication de leurs produits, démontrant la faisabilité de politiques de substitution.
(3) - Voir le dossier « Analyse">http://www.greenpeace.org/luxembourg/press/reports/detection-de-la-presence-de-su">Analyse du contenu chimique d’échantillons sanguins de quatre volontaires luxembourgeois » mai 2005, Greenpeace Luxembourg
(4) - Appel">http://www.artac.info/static.php?op=AppelPremPage.txt&npds=1%22">Appel de Paris, déclaration internationale sur les dangers sanitaires de la pollution chimique, UNESCO, 7 mai 2004