Les émissions de CO2 nuisent gravement à l’environnement

Communiqués de presse - juin 13, 2006
Greenpeace a lancé ce matin, par une action spectaculaire sur le site de la centrale turbine gaz vapeur (TGV) à Esch-sur-Alzette, un appel aux parties prenantes du prochain Plan National d’Allocations des Quotas (PNAQ) pour la période de 2008 à 2012. Des militants Greenpeace ont fixé une bannière sur un bâtiment de la TGV pour rappeler aux industriels et au gouvernement que «Les émissions de CO2 nuisent gravement à l’environnement».

Des militants Greenpeace fixent une bannière sur un bâtiment de la centrale turbine gaz vapeur pour rappeler aux industriels et au gouvernement que «Les émissions de CO2 nuisent gravement à l’environnement».

La TGV n'a pas été choisie au hasard par l'organisation de défense de l'environnement: avec 968.435 tonnes  d'émissions de CO2 en 2005, la TGV est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre du Luxembourg.

Dans le cadre de la première période du système d'échange de droits d'émission, le Luxembourg, comme d'autres pays européens, a été très généreux avec les industries en leur allouant gratuitement plus de droits de pollution que nécessaire. L'ancien gouvernement avait alloué près de 3,2 millions de tonnes de droits  d'émission aux industries couvertes par le système d'échange de quotas, mais les émissions réelles n'ont été que de 2,6 millions de tonnes de CO2. Ce dépassement de 20% des quotas alloués est le plus important des Etats membres de l'Union Européenne.  

«Les gouvernements européens ont négligé d'une manière flagrante les objectifs du système d'échange de quotas et ont abusé de ce système sous la pression de leurs industries», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace. «Ceci va à l'encontre des déclarations politiques des ministres sur le changement climatique. Pour Greenpeace, les gouvernements doivent s'emparer du contrôle des émissions et se diriger clairement et sans ambiguïté dans une stratégie aboutissant à une réductions conséquentes des émissions de gaz à effet de serre.»

Le marché prévu dans le cadre des PNAQ peut seulement devenir fonctionnel si les quantités allouées aux industries sont réglées proportionnellement aux objectifs de Kyoto. Il s'agira aussi de créer dans le cadre de l'application de cette législation des mécanismes favorisant les industries plus propres.

Dans le cadre de l'élaboration du plan d'allocation national de quotas pour la période de 2008 - 2012, Greenpeace demande:

  • que l'objectif du Luxembourg soit non seulement compatible avec l'objectif de réduction des gaz à effet de serre pour 2012, mais également avec l'objectif à long terme pour les pays industrialisés, à savoir une réduction de 80% d'ici 2050;
  • la publication des données des émissions historiques de toutes les industries luxembourgeoises couvertes par le système;
  • une analyse détaillée des potentiels de réduction à moyen et à long terme de ces industries;
  • que les quotas soient définis sur base des émissions réelles de 2005, pour éviter le risque de voir certains acteurs polluer plus pour obtenir plus de quotas;q
  • que les entreprises couvertes par la directive européenne ne puissent pas utiliser les mécanismes flexibles de Kyoto;
  • que la centrale turbine gaz vapeur (1) de la société Twinerg ne reçoive que des droits d'émissions pour 539.000 tonnes de CO2 par an. Ceci correspond aux émissions dues à la même quantité d'électricité produite dans des installations de cogénération avec un rendement optimal;
  • que le gouvernement envisage une mise aux enchères maximale des quotas comme l'y incite la directive européenne. L'allocation totalement gratuite est contraire au principe pollueur-payeur au travers duquel l'installation doit acquérir (ne fut-ce que partiellement) le droit de polluer. Pour 2008-2012, la vente aux  enchères est permise pour 10% des quotas.

En ce qui concerne la transparence et la consultation publique prévue par la directive européenne, Greenpeace insiste auprès du Ministre de l'Environnement pour que la méthodologie soit transparente, c'est-à-dire que les données publiées par les industriels devraient être certifiées par un organisme indépendant.

Greenpeace aimerait que la deuxième enquête publique sur le PNAQ permette une vraie sensibilisation du public à la problématique des gaz à effet de serre.

Dernière nouvelle:

Comme des ouvriers de la société Twinerg ont essayé de détacher les cordes des grimpeurs, Greenpeace a décidé d’arrêter l’action après une heure pour ne pas mettre en danger la vie de ses militants.

Other contacts:

Roger Spautz, tel: 54625227 ou 021233361

Notes:

(1) La turbine gaz vapeur a reçu des droits d’émissions annuels de 1.104.000 tonnes de CO2. Cette installation avec un rendement électrique de 57% émet 351 tonnes de CO2 par GWh d’électricité. Avec une puissance de 350 MWel, elle peut produire 8,4 GWh d’électricité par jour (24 heures), ce qui correspond à la production de 3.000 tonnes de CO2. Dans le cas où l'installation fonctionnerait 364 jours par année avec la pleine puissance, les émissions de CO2 seraient de 1.092.000 de tonnes, donc inférieures aux droits d’émission qu’elle a reçus. Comme le propriétaire de la centrale peut vendre les droits d’émission à un autre émetteur européen, le Luxembourg favorise une politique hostile à la protection du climat.