Non à la culture d'une pomme de terre OGM dans les champs européens!

Communiqués de presse - juillet 13, 2007
C'est aux ministres de l'agriculture de l'Union européenne, qui se réuniront lundi prochain en Conseil à Bruxelles, que reviendra la charge de décider si oui ou non la pomme de terre OGM "Amflora" de BASF aura un droit d'entrée dans les champs européens. Cette pomme de terre, si elle était autorisée, deviendrait alors le second OGM à pouvoir être cultivé dans l'ensemble des Etats-membres (1). A l'heure où des controverses existent quant à la sûreté de cet OGM et qu'il menace de contamination l'ensemble de la chaîne de production alimentaire, Greenpeace appelle instamment les ministres, dont Fernand Boden, à faire le choix du principe de précaution et à voter contre son autorisation.

La pomme de terre Amflora est destinée à l'industrie de l'amidonnerie (2). BASF prévoit pourtant d'incorporer les résidus restants après transformation industrielle à l'alimentation animale. Alors qu'il n'existe à l'heure actuelle en Europe aucune disposition juridique réglant la coexistence entre les différents types de cultures, une contamination de la chaîne alimentaire n'est pas à exclure. "L'exemple des riz OGM illégaux retrouvés il y a un an dans des produits alimentaires européens le montre: il est très difficile de séparer les filières non-OGM et OGM. En l'absence de règles précises dans cette matière, cela relève quasiment de l'impossible tant les situations à risques sont nombreuses: tubercules qui restent dans le sol année après année, transport, stockage, manipulation etc. Qu'ils le veulent ou non, les citoyens européens finiraient par en manger," explique Marco Contiero de l'unité européenne de Greenpeace.

Amflora contient également un gène marqueur de résistance à un antibiotique. Selon l'UE, les OGM contenant de tels gènes doivent être éliminés "s'ils sont susceptibles d'avoir des effets préjudiciables pour la santé publique et pour l'environnement". Alors que cette technologie est dépassée et que dans le doute, les industriels essayent de ne plus utiliser ces gènes qui pourraient se transmettre à d'autres organismes vivants, BASF n'y a pourtant pas renoncé. Elle a d'ailleurs été confortée dans cette direction par l'autorité en charge de la sécurité alimentaire en Europe (l'EFSA). "Plusieurs instances internationales spécialisées ont récemment confirmé que la résistance aux antibiotiques est un problème de santé majeur dans de nombreux pays. Par contre pour l'EFSA, Amflora peut être cultivée sans soucis (3). C'est une attitude dangereuse!" met en garde Anne Thomas de Greenpeace Luxembourg.

Le système d'autorisation des risques relatifs aux OGM est totalement inadéquat, le cas de la pomme de terre Amflora le confirme: aucune étude approfondie sur une potentielle toxicité ou allergénicité liée à cet OGM n'a été effectuée. Il en est de même des impacts potentiels sur les organismes du sol et les insectes. "Avec l'aval de l'EFSA, BASF a fourni des informations très vagues tant concernant les risques environnementaux que sanitaires, liés à sa pomme de terre transgénique. Les ministres de l'agriculture doivent enfin mettre fin à cette pseudo-évaluation des risques. En votant contre Amflora, ils enverront le signal clair aux consommateurs européens qu'ils les respectent et font passer leurs intérêts avant ceux des multinationales. Nous les encourageons donc vivement à agir dans ce sens," conclut Anne Thomas.

Other contacts:

Anne Thomas, Greenpeace Luxembourg, gsm: 621 19 46 21
Marco Contiero, Unité européenne de Greenpeace, gsm: + 32 477 777 034

Notes:

(1) Seul le maïs OGM "MON810" de la société Monsanto peut, à l'heure actuelle, être cultivé en Europe.
(2) Elle a été modifiée génétiquement par le géant de la chimie BASF afin de produire un amidon que les industriels peuvent facilement utiliser lors de la fabrication de papier, colle, matériaux de construction, adhésifs etc.
(3) L'OMS (février 2007, document disponible auprès de Greenpeace) et l'EMEA, http://www.emea.europa.eu/pdfs/human/opiniongen/5693707en.pdf, considèrent que certains antibiotiques touchés par des gènes marqueurs de résistance revêtent une grande importance pour le milieu médical, notamment dans le traitement de la tuberculose multi-résistante, http://mednet3.who.int/EMLib/DiseaseTreatments/MedicineDetails.aspx?MedIDName=364@kanamycin.
L'EFSA pour sa part continue d'expliquer, comme le font les firmes de l'agrochimie, que la résistance a peu de chance de se répandre par les cultures OGM et que cela aurait de toute façon très peu d'effet sur la santé humaine et animale. http://www.efsa.europa.eu/etc/medialib/efsa/science/gmo/statements/npt2.Par.0001.File.dat/gmo_statement_%20nptII_.pdf

N.B.: Un briefing en allemand sur la pomme de terre "Amflora" de BASF est disponible ici: http://www.greenpeace.de/fileadmin/gpd/user_upload/themen/gentechnik/greenpeace_genkartoffel_basf.pdf