Nucléaire: pas de connexion!

Communiqués de presse - décembre 19, 2005
Greenpeace a manifesté ce matin, lors de la présentation d'une étude sur l'interconnexion éventuelle du réseau électrique luxembourgeois avec le réseau nucléaire français, contre l'intention du Ministre Jeannot Krecké d'alimenter les industries luxembourgeoises en courant nucléaire. Lors de la conférence de presse du Ministre de l'économie, des activistes de Greenpeace se sont installés devant l'entrée du ministère avec des panneaux réclamant "NUCLEAIRE: PAS DE CONNEXION!". Le ministère de l'économie a été transformé symboliquement en "ministère de l'énergie atomique".

Greenpeace manifeste contre l'intention du Ministre Jeannot Krecké d'alimenter les industries luxembourgeoises en courant nucléaire.

"Avec ses déclarations récentes, et ceci presque 20 ans après la catastrophe de Tchernobyl, le Ministre de l'économie semble vouloir rompre avec la longue tradition anti-nucléaire du Luxembourg", a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. "Les déclarations du Ministre sont en désaccord total avec le programme gouvernemental qui indique que le gouvernement maintient son attitude critique sur l'énergie nucléaire, qui ne constitue pas une solution acceptable aux défis du changement climatique".

Début de l'année, Greenpeace ainsi que d'autres organisations et des personnes privées s'étaient opposées contre une connexion directe entre le réseau luxembourgeois et le réseau français pour alimenter les aciéries électriques en courant électrique nucléaire provenant d'EDF (Electricité de France)(1). Le 26 septembre, le Ministre de l'environnement Lucien Lux avait refusé la construction d'une ligne haute tension reliant le réseau de la société Sotel au réseau nucléaire français, en se basant sur des arguments de protection de la nature.

Selon Jeannot Krecké, dans la mesure où les centrales nucléaires existent et produisent de l'électricité, il n'y aurait aucune raison pour ne pas en "profiter" au Luxembourg. Greenpeace réfute totalement cette argumentation. D'une part, l'énergie nucléaire induit en permanence des risques d'un tout autre ordre que ceux causés par d'autres activités industrielles. Le risque d'un accident grave dans une centrale nucléaire ne peut totalement être écarté car la centrale nucléaire sûre n'existe pas. Et d'autre part, les effets nocifs liés à la radioactivité ne se limitent pas au présent. La pollution radioactive ne s'atténue qu'après des milliers, voire des centaines de milliers d'années et il n'existe aucune dose de rayonnement inoffensive. Chaque gramme de déchêts nucléaires supplémentaire alourdit l'hypotèque qui pèse sur les générations futures. De plus, dans le contexte géopolitique actuel, les installations nucléaires constituent des cibles stratégiques dangereuses en cas de guerre ou d'attentat terroriste. "Toute banalisation de l'énergie nucléaire va donc à l'encontre du plus élémentaire principe de précaution", a ajouté Roger Spautz.

Greenpeace demande que le gouvernement luxembourgeois, et surtout le Ministre de l'économie, responsable de l'énergie, développe immédiatement des stratégies pour augmenter le taux d'électricité "verte" au Luxembourg. En effet, toutes les décisions en matière énergétique ont des répercussions à moyen et à long terme sur les stratégies des producteurs d'électricité et les choix pris à l'échelle nationale en Europe influencent clairement la politique des grands producteurs.

Un scénario développé récemment pour Greenpeace démontre qu'il est possible de s'orienter vers un système énergétique européen basé sur l'efficacité énergétique et les renouvelables, permettant ainsi à l'Europe de sortir de sa dépendance des importations de combustibles fossiles et du nucléaire. Mais pour y arriver, les grands producteurs d'énergie doivent investir dans les énergies renouvelables et les grands consommateurs, comme ARCELOR, doivent renoncer à la consommation d'électricité produite par des centrales nucléaires ou par les combustibles fossiles nuisibles pour le climat.

"Les milieux économiques bien informés s'accordent sur le fait que les énergies renouvelables seront le principal chantier d'innovation et de croissance tant au niveau économique qu'en se qui concerne la création d'emplois des prochaines années. Monsieur Krécké ferait bien de s'en inspirer", a conclu Roger Spautz.

Other contacts:

Roger Spautz, tél: 54625227 ou 021233361

Notes:

(1) 75% de l'électricité produite par EDF provient de ses centrales nucléaires