Plantations contre la ligne haute tension

Communiqués de presse - mars 30, 2010
Des militants de Greenpeace ont planté ce matin près de 600 arbres et buissons pour protester contre la construction de la ligne haute tension de la société Sotel qui devra traverser deux zones de protection classées Natura 2000, à savoir la zone spéciale de conservation LU0001028 (1) et la zone de protection spéciale LU0002008 (2).

Des militants de Greenpeace plantent près de 600 arbres et buissons pour protester contre la construction de la ligne haute tension de la société Sotel

Les militants de Greenpeace ont également posé une bannière avec  le slogan «Zone spéciale de conservation - Non à la ligne haute  tension» à l'endroit où la ligne haute tension, qui devra relier le  réseau luxembourgeois avec le réseau français pour importer de  l'électricité nucléaire, devra passer.

Fin février Greenpeace avait arrêté des travaux de déboisement  dans ces zones de protection très sensible. Sotel avait commencé à  détruire la forêt classée à l'endroit où la société liée à Arcelor Mittal  envisage de creuser la tranchée dans laquelle sera posée la ligne  haute tension souterraine. L'emprise de ces travaux qui affectent   une longueur de presque 300 mètres, dépassait en de nombreux  endroits la largeur maximale permise par l'autorisation ministérielle.

«Même si l'autorisation ministérielle prévoit qu'une attention  particulière doit être portée aux habitats de l'annexe 1 ainsi qu'aux  espèces listées dans l'annexe de la loi du 19 janvier 2004 sur la  protection de la nature et des ressources naturelles, au vue de la  manière dont les premiers travaux ont été réalisés nous doutons  fortement que Sotel souhaite apporter l'attention nécessaire à la  protection de cette zone fragile», a déclaré Roger Spautz de  Greenpeace Luxembourg. «L'autorisation n'a déjà pas été  respectée lors des premiers travaux de défrichement». 

Les militants de Greenpeace ont planté des espèces comme l'épine  blanche, le fusain d'Europe, le sureau noir ou le prunelier sur les  lieux dégradés par Sotel. Ces plantes vont augmenter le potentiel  alimentaire pour les espèces rares que cette zone abrite. 

Par ailleurs Greenpeace critique l'autorisation ministérielle délivrée  pour la construction de la ligne à haute tension car les conditions  prévues par la loi en vue d'une protection adéquate n'ont pas été  respectées. Le ministre a omis de demander une évaluation des  incidences comme l'exige la loi concernant la protection de la nature  pour tout plan ou projet qui, individuellement ou en conjugaison avec  d'autres plans ou projets, est susceptible d'affecter une zone  protégée. L'étude d'impact réalisée pour le projet de la ligne haute  tension est gravement défaillante et les travaux risquent d'affecter les  sites concernés de manière significative.

Greenpeace se demande également si le projet de la ligne haute tension est en accord avec le plan d'aménagement général (PAG) de la commune de Sanem. Le PAG de la commune de Sanem prévoit que «pour des raisons de prévention sanitaire, entre le centre du tracé des lignes de haute tension et des constructions, les distances suivantes sont à observer: - 50,00 mètres pour les lignes à haute tension de 100 kV ou plus». D'après l'étude d'impact certaines habitations à Belvaux et à Rédange se trouvent à une distance entre 5 et 30 mètres du tracé de la ligne haute tension.

Other contacts:

Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361

Notes:

(1) La zone Differdange Est - Prënzebierg / Anciennes mines et carrières a été classée comme zone spéciale de conservation comme il s’agit d’un site d'importance communautaire où sont appliqués les mesures de conservation nécessaires au maintien ou rétablissement, dans un état de conservation favorable, des habitas naturels et/ou des populations des espèces pour lesquels le site est désigné.

(2) Zone "Oiseaux" Minière de la région de Differdange - Giele Botter, Tillebierg, Rollesbierg, Ronnebierg, Metzerbierg et Galgebierg" (LU0002008). La directive «oiseaux» concerne principalement la conservation à long terme de toutes les espèces d’oiseaux sauvages dans l’Union européenne. Elle répertorie 181 espèces et sous-espèces menacées qui nécessitent une attention particulière. Les États membres sont chargés de désigner des zones de protection spéciale, tout particulièrement pour la conservation des oiseaux migrateurs, qui représentent une richesse naturelle commune à tous les Européens.