Protéger le climat reste un acte punissable au Luxembourg

E$$O ennemi climatique n°1

Communiqués de presse - mars 9, 2010
Le 25 octobre 2002, plus de 600 militants de Greenpeace, en provenance du monde entier, avaient bloqué toutes les stations ESSO du Luxembourg. Greenpeace tenait à dénoncer les interférences entre ExxonMobil et l’administration du président George W. Bush qui ont amené les USA à se retirer du protocole de Kyoto. La campagne de Greenpeace mettait en évidence la politique de blocage et de sabotage systématique par ExxonMobil de la politique américaine en matière de protection du climat. ExxonMobil a financé et continue de financer des think-tanks et des groupes de lobbying „anti-climat“ dont le but est de bloquer toute politique progressive pour lutter contre le changement climatique.

Panne sèche chez l’Ennemi climatique N°1: plus de 600 militants de Greenpeace en provenance du monde entier bloquent les 28 stations-service du géant pétrolier Esso (également connu sous le nom Exxon ou Mobil) au Luxembourg.

Greenpeace a pu démontrer, grâce à un important travail de recherche de plusieurs années, les voies de financement massif par ExxonMobil au parti Républicain. «ExxonMobil a donné plus d´argent que toutes les autres compagnies pétrolières pour faire élire George Bush à la Maison Blanche afin d´assurer le retrait des Etats-Unis des négociations internationales sur le climat. Le géant pétrolier a littéralement écrit la politique climatique de George W. Bush qui en mars 2001 a officiellement refusé de ratifier le protocole de Kyoto» précise Martina Holbach, responsable de la campagne climat auprès de Greenpeace Luxembourg. "L´échec de la conférence de Copenhague en décembre 2009 et le fait que le monde n´a toujours pas d´accord international et contraignant pour protéger le climat, sont directement liés à la politique anti-climat d´ExxonMobil. Depuis des décennies, la politique climatique des Etats-Unis est noyautée par les multinationales du pétrole qui ne visent qu'à maximiser leurs profits et parmi elles, ExxonMobil est l´ennemi climatique No 1".

Sept ans de procédure judiciaire à charge de Greenpeace

Le prononcé du juge de paix Tom Moes est en train de clôturer la longue procédure judiciaire qui aura opposé Greenpeace au géant pétrolier Esso. La stratégie de la société Esso consiste tout simplement à essayer de se protéger en traînant Greenpeace en justice et en réclamant de grosses sommes pour dommage et frais de justice. En plus, le géant pétrolier essaye de surcroît de discréditer l'organisation de défense de l'environnement en associant systématiquement les structures de Greenpeace International, établies aux Pays-Bas, dans ces actions en justices. En l'espèce, les magistrats luxembourgeois se sont laissés entrainer dans la logique de criminalisation de l'action de Greenpeace: "A cette époque, l'opinion publique, dont  la compréhension de la crise climatique était très loin de celle d'aujourd'hui, estimait que nous avions tort d'avoir empêché de petits commerçants de travailler, sans faire le lien entre Esso-ExxonMobil, l'administration Bush, le protocole de Kyoto et la protection du climat, qui justifiait l'action des militants de Greenpeace contre Esso» précise Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.

Pourtant en 2008, soit six ans après l'action contre Esso au Luxembourg, il a été reconnu à six militants de Greenpeace, par la Crown Court du Kent en Angleterre, le droit de mener une action directe pour protéger le climat en reconnaissant qu'il était justifié de causer des dommages proportionnés et raisonnables pour dénoncer des atteintes au climat.

Greenpeace assume les coûts liés à la prise de risques consécutive à ses actions

«Greenpeace est une organisation qui prend des risques chaque jour pour dénoncer et s'opposer aux agissements néfastes des multinationales et des groupes industriels qui menacent l'environnement. Nous nous démarquons des autres organisations par nos nombreuses actions non-violentes. En cela Greenpeace est unique en son genre. Nos activistes prennent des risques sur le terrain et il est du devoir de l'organisation d'assumer nos responsabilités dans le respect de l'état de droit» a précisé Paul Delaunois.

Le juge de paix en se ralliant aux conclusions de l'expert a évalué le montant des dommages subis par les vingt-deux indépendants à  48'000 € et par Esso à 43'000 €, les indemnités de procédures ont par contre été limitées à moins de 6'000 €. Les sommes réclamées restent toutefois très loin des 167'000 € réclamées initialement par Esso.

Greenpeace n'ira pas en appel de cette décision, car l'organisation n'a à ce stade de la procédure plus aucune possibilité de modifier sa culpabilité. «Nous assumerons donc nos responsabilités. Par contre, ExxonMobil ne peut pas en dire autant, car ils n'ont, par exemple, pas encore réglé les montants des indemnités liés à la catastrophe de l'Exxon Valdez de 1998. Si bien que je vous laisse juge de désigner qui de Greenpeace ou d'Esso se trouve dans le camp des voyous» renchérit Paul Delaunois avant de conclure  «L'organisation s'est préparée de longue date à devoir, le cas échéant, payer des dommages dans cette affaire et cela n'aura aucune conséquence sur les activités de Greenpeace Luxembourg».

Other contacts:

Paul Delaunois, GSM 621 49 30 14
Martina Holbach, tél. 54 62 52 24 / GSM 621 23 33 62