SOTEL doit respecter les zones spéciales de conservation!

Les militants de Greenpeace arrêtent la destruction illégale d’un site Natura 2000

Communiqués de presse - février 26, 2010
Ce matin, des militants de Greenpeace ont empêché la poursuite de la destruction illégale de la forêt classée comme «zone spéciale de conservation du réseau Natura 2000» à la frontière franco-luxembourgeoise. Le bulldozer a été immobilisé par plusieurs militants, tandis que d’autres protégeaient la forêt en faisant rempart de leur corps avec le slogan: «Réserve naturelle – site Natura 2000!»; enfin la partie déjà détruite a été qualifiée de «Scène du crime».

Les militants de Greenpeace arrêtent la destruction illégale d’un site Natura 2000

Greenpeace porte plainte Suite à l'action de ce matin, Greenpeace a porté plainte pour non respect  de l'autorisation ministérielle du 25 août 2008.  L'autorisation sollicitée par Sotel et  accordée par le Ministre de l'Environnement  prévoit dans son point 3. que: «L'emprise (la tranchée, le remblai et la  circulation des machines et camions) ne pourra à aucun endroit dépasser une largeur de 6 mètres.» Suite à la demande de Greenpeace, le Commissaire du Service régional  de la Police spéciale d'Esch-sur-Alzette et le Commissaire en chef du Commissariat de Proximité Differdange ont vérifié si ce point de l'autorisation a été respecté.  Sur une longueur de 150 mètres l'emprise a dépassé à plusieurs  endroits la largeur fixée par l'autorisation ministérielle. A certains endroits les commissaires de police ont constaté que la végétation (haies, arbres, arbustes et le sol) a été dégradée sur une  largeur entre 7 et 9 mètres.

Cette forêt, entre Differdange et Hussigny, est un écosystème particulièrement fragile qui abrite plusieurs espèces menacées. Elle a été classée en 2004 comme «zone spéciale de conservation» du réseau Natura 2000, ce qui lui confère un statut de haute protection garanti par la loi. Or c'est précisément au travers de cette zone protégée que  la société Sotel envisage d'enfouir une ligne haute tension 225 kV pour raccorder le réseau électrique privé de Sotel au réseau français.

En 2005, la société Sotel avait introduit une demande auprès du Ministère de l'Environnement pour construire une nouvelle ligne électrique aérienne pour relier le poste haute tension de Sotel à Esch/Alzette au poste de Moulaine en France, en vue d'alimenter les aciéries électriques d'Arcelor Mittal avec de l'électricité d'EDF. Après des protestations de Greenpeace, le Ministre Lucien Lux avait refusé d'autoriser la construction de cette ligne aérienne au motif que le projet portait un grave préjudice à la beauté ainsi qu'au caractère du paysage et constituait un danger pour la conservation de la flore et de la faune de cette zone classée Natura 2000.

En mars 2007, Sotel a introduit une nouvelle demande d'autorisation après avoir changé légèrement le tracé et prévu de réaliser le projet exclusivement à l'aide de câbles haute tension souterrains. Le 25 août 2008, le Ministre de l'Environnement a accordé l'autorisation sollicitée sur la base d´une étude d'impact qui a été réalisée par Sotel. «Cette étude d'impact était gravement défaillante et de toute façon nettement insuffisante pour justifier l'autorisation du ministre de l'Environnement» précise Roger Spautz, chargé de campagne énergie auprès de Greenpeace Luxembourg.

Greenpeace a introduit un recours contre cette autorisation fin novembre 2008. Suite au rejet du recours par le tribunal administratif intervenu il y a quelques jours, les travaux de construction viennent de commencer.

«Toute cette affaire est inacceptable, et mettrait potentiellement en danger l'ensemble des sites protégés au Luxembourg pour leur valeur biologique. Il est évident qu'aucune entreprise privée, aussi grande soit-elle, ne peut détruire une réserve naturelle qui est protégée par la loi» explique Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.

D'après le règlement grand-ducal du 6 novembre 2009 portant désignation des zones spéciales de conservation, la zone dans laquelle les travaux ont lieu abrite plusieurs habitats naturels prioritaires et plusieurs espèces sauvages à protéger prioritairement au sens de la loi modifiée du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles. D'après cette loi une évaluation des incidences aurait dû être faite pour tout projet susceptible d'affecter la zone protégée.

«Pour la construction de la ligne haute tension, une simple étude d'impact a été réalisée et nous sommes d'avis que cette soi-disant étude d'impact ne pourra évaluer correctement les incidences des travaux et de la ligne haute tension sur les espèces protégées et les habitats naturels prioritaires et que dès lors les travaux devraient être arrêtés immédiatement pour empêcher la destruction de la biodiversité» a déclaré Roger Spautz.

D'ailleurs la loi de la protection de la nature précise que lorsque la zone concernée abrite un type d'habitat naturel et/ou une espèce prioritaires, seules peuvent être évoquées des considérations liées à la santé de l'homme et à la sécurité publique ou à des conséquences bénéfiques primordiales pour l'environnement (pour permettre des travaux).

«2010 est l'année internationale de la biodiversité, mais il semble que les responsables politiques préfèrent donner des autorisations au lieu de vraiment protéger la biodiversité» conclut Paul Delaunois.

Other contacts:

Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361