Sotel reprend les travaux de la ligne haute tension - Toujours dans l’illégalité!

Communiqués de presse - août 31, 2010
Le mercredi 25 août 2010, lors d’une visite sur les lieux de la construction de la ligne haute tension de la société Sotel, qui devra relier le réseau français avec le réseau luxembourgeois pour importer de l’énergie nucléaire, Greenpeace a constaté à nouveau que les travaux sont réalisés dans l’illégalité.

Dans les zones de protection classées Natura 2000, à savoir la zone spéciale de conservation LU0001028  et la zone de protection spéciale LU0002008, des travaux de déboisement ont eu lieu en dehors de la période autorisée par le Ministre de l'Environnement. L'autorisation délivrée le 25 août 2008 pour la construction de la ligne haute tension stipule que le défrichement des parties de forêts pionnières ainsi que des parties de haies sera réalisé entre le 1er octobre et le 28 février et se limitera au strict minimum nécessaire. Ces travaux de déboisement sont très récents, comme ils n'étaient pas observés lors de la visite précédente de la zone protégée effectuée le 10 août 2010.

Greenpeace a également constaté que des travaux non-autorisés ont lieu sur le territoire de la commune de Sanem. Dans la zone classée «zone tampon et d'intérêt paysager» d'après le PAG de la commune entre le Galgebierg et le Ronnebierg, des travaux de concassage et de remblai sont réalisés pour le compte de la société Sotel. D'après le PAG de la commune de Sanem, «toutes les constructions y sont interdites, sauf celles nécessaires à leur exploitation agricole ou forestière. Tous les remblais et/ou déblais défavorables à l'écosystème et/ou au paysage sont interdites». Dans une lettre envoyée fin juin, le Bourgmestre de la commune de Sanem avait informé Greenpeace qu'il n'a pas et ne compte pas délivrer d'autorisation à Sotel pour la construction de la ligne haute tension.

«Nous sommes choqués par l'absence de scrupules de Sotel», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. «Sotel essaie de créer un fait accompli et de construire la ligne haute tension pour importer de l'énergie nucléaire en ignorant toutes les autorisations et réglementations. Le fait qu'une ligne haute tension supplémentaire pour la société Enovos/Creos, dont l'Etat est le plus important actionnaire, est posée dans la même tranchée, est d'autant plus grave», ajoute Roger Spautz.

Greenpeace a immédiatement informé Marco Schanck, Ministre délégué au Développement durable et le Bourgmestre de la commune de Sanem sur ces nouvelles infractions et leur a demandé d'arrêter les travaux illégaux réalisés par Sotel dans la zone classée Natura 2000. Tant le Ministre délégué, qui est tenu de faire respecter l'autorisation ministérielle délivrée à Sotel, que le Bourgmestre de Sanem, en vertu de ses pouvoirs de police sur le territoire de la commune, devraient intervenir et mettre fin aux agissements illégaux de Sotel.

Vu l'urgence de la situation et l'attitude de Sotel, Greenpeace n'avait d'autre solution que d'introduire un recours en référé auprès du Président du Tribunal administratif en lui demandant d'ordonner le sursis à exécution pur et simple de la décision du Ministre de l'Environnement du 25 août 2008 délivrée à Sotel.

«Le 15 juillet dernier, la Cour administrative a reconnu que le recours que nous avions introduit contre l'autorisation ministérielle autorisant les travaux de la ligne haute tension doit être analysée au fond par le Tribunal. Comme, la date des débats, ni du jugement ne sont pas connues, comme depuis le début de cette affaire, Sotel se fout carrément des autorisations et réglementations et poursuit les travaux coûte que coûte dans l'illégalité, comme nous avons toutes les chances de faire annuler l'autorisation ministérielle, nous jugeons plus prudent de faire suspendre une fois pour toutes les travaux par voie judiciaire» conclut Paul Delaunois, directeur de Greenpeace.

Other contacts:

Roger Spautz ; tel : 54625227 ou 621 23 33 61