Voiture et climat: liaisons dangereuses

Communiqués de presse - février 14, 2008
14 février 2008 - Greenpeace a lancé ce matin, par une action spectaculaire, un appel au public et aux responsables politiques de freiner pour le climat. Des militants de Greenpeace ont accroché une bannière qui recouvre une bonne partie du bâtiment abritant le ministère de l'Economie et le ministère des Transports qui montre la terre écrasée par le pneu d'une voiture. Greenpeace entend diffuser un double message: 2 jours avant l'ouverture de l'Autofestival, l'organisation de protection de l'environnement appelle les citoyens qui entendent acheter une nouvelle voiture d'opter pour une voiture économique qui émet le moins d'émissions de CO2 possible; de plus Greenpeace appelle les responsables politiques de s'engager pour une législation européenne ambitieuse et efficace pour réduire les émissions de CO2 des nouvelles voitures.

Greenpeace a lancé un appel au public et aux responsables politiques de freiner pour le climat. Des militants Greenpeace ont accroché une bannière qui recouvre une bonne partie du bâtiment abritant le ministère de l'Economie et le ministère des Transports qui montre la terre écrasée par le pneu d'une voiture.

Le secteur des transports constitue un levier essentiel pour la lutte contre les changements climatiques. Alors que d'autres secteurs commencent à maîtriser la hausse de leurs émissions de CO2, les émissions imputables aux transports sont toujours à la hausse. En moins de 15 ans, les émissions dues à ce secteur ont augmenté de plus de 30% au niveau européen, dont la majeure partie provient du trafic automobile.

Au Luxembourg, le secteur transport est responsable de 53 % des émissions de gaz à effet de serre, dont plus d'un quart sont imputable à la consommation intérieure. Les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports ont plus que doublé entre 1990 et 2004. Ainsi, les réductions des émissions qui ont été réalisées dans d'autres secteurs ne suffisent pas à compenser par les émissions dues au transport autoroutier. Cette particularité luxembourgeoise empêche le pays d'atteindre ses objectifs de Kyoto.

Greenpeace salue les dernières mesures prises par le ministre de l'Environnement, Lucien Lux, qui pénalisent les véhicules les plus polluants et encouragent les personnes à acheter un véhicule économe. Car il est indispensable que les consommateurs adaptent leur comportement à la réalité des changements climatiques. Une évaluation des mesures fiscales actuelles devrait permettre d'en mesurer leur efficacité et de les adapter à l'avenir pour atteindre un objectif (qui reste à fixer) de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour ce secteur au Luxembourg.

Par ailleurs, le gouvernement luxembourgeois doit s'engager à soutenir une législation européenne très contraignante pour les constructeurs automobile qui les obligera à réduire drastiquement la consommation des leurs modèles.

Le poids, la vitesse, la puissance: trois facteurs qui augmentent la consommation

Les émissions de CO2 sont proportionnelles à la consommation de carburant. C'est pourquoi, plus une voiture est lourde, rapide ou puissante, plus elle consomme et émet donc de CO2. Au Luxembourg, la proportion de voitures à grosse cylindrée n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Si bien que nous détenons la palme d'or des voitures les plus polluantes par habitant.

L'industrie qui préfère vendre ses "gros" véhicules pour des raisons économiques, n'a aucun intérêt à promouvoir des véhicules plus propres. L'échec au niveau européen de son engagement non contraignant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de ses modèles en est la preuve. Les industriels attendent d'être forcés (notamment par l'Union européenne) pour installer sur les modèles les technologies moins énergivores. Un comble: ces technologies existent déjà! Une étude britannique (1) a démontré qu'en généralisant les procédés les plus sobres actuellement disponibles dans chaque classe, l'industrie automobile aurait pu tenir ses promesses.

Réduire nos émissions de CO2 constitue une priorité absolue, mais elle ne doit pas nous faire oublier qu'une voiture émet également des particules fines (PM) et d'autres polluants qui viennent s'ajouter à la pollution ambiante. Sans compter que le nombre toujours croissant de véhicules entraîne des problèmes de mobilité (congestion), colonise l'espace public et génère un bruit incessant.

La nouvelle législation européenne (2)

L'Union européenne prendra, au cours des prochains mois, des décisions permettant de rendre nos voitures plus sobres. La Commission européenne a proposé une Directive contraignante qui devrait obliger les constructeurs automobiles à réduire drastiquement les émissions moyennes de CO2 des voitures. Pour éviter que le lobby industriel ne réduise les objectifs ambitieux et contraignants qui forceront l'industrie automobile à prendre ses responsabilités, Greenpeace demande de maintenir l'objectif de 120g CO2/km pour 2012, mais surtout, de ne pas se limiter à cet horizon. Il faut poursuivre l'effort pour atteindre 80 g CO2/km en 2020 et ainsi de suite avec une réduction régulière des émissions de CO2.

Greenpeace tient cependant à rappeler que tous les problèmes ne seront pas résolus avec des voitures plus sobres. Il est essentiel de réduire notre dépendance à la voiture. Pour cela, des mesures efficaces favorisant la mobilité durable doivent être prises au Luxembourg.

Consultez nos pages spéciales "Transport":

Other contacts:

Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621 23 33 61

Notes:

1) "CO2 targets - is the car industry crying wolf?" http://www.cleangreencars.co.uk/jsp/cgcmain.jsp?lnk=401&featureid=601
2) Proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant des normes de performance en matière d'émissions pour les voitures particulières neuves dans le cadre de l'approche intégrée de la Communauté visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules légers
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0856:FIN:FR:PDF