C’est officiel, malgré ses belles déclarations en faveur de la protection environnementale et de la responsabilité sociale, le Mouvement Desjardins vient d’officialiser qu’il continuera à prêter 145 millions de dollars à la compagnie Kinder Morgan pour qu’elle construise son contesté projet de pipeline de sables bitumineux Trans Mountain. 



En effet, Desjardins continue à soutenir à hauteur de plus de 200 millions de dollars les compagnies de pipelines Kinder Morgan, TransCanada et Enbridge.


Si cela vous indigne autant que nous, agissez! Nous avons créé un outil en ligne qui vous permet d’appeler Desjardins gratuitement, en plus de vous fournir des informations pertinentes et des points de discussion pour vous aider dans votre démarche. Cliquez ici afin d’être mis·e en contact téléphonique avec Desjardins et leur faire connaître votre mécontentement suite à la décision de continuer à soutenir les projets de pipelines.

Incohérence totale chez Desjardins

Bien que l’annonce d’aujourd’hui comporte certaines avancées importantes, entre autres en matière d’investissement dans les énergies renouvelables, Desjardins fait preuve d’incohérence totale en refusant de tourner le dos au pétrole sale.

En décidant de conserver le prêt de 145 millions de dollars octroyé pour le projet d’expansion de pipeline de sables bitumineux de Kinder Morgan, c’est aux Premières Nations qui s’opposent aux projets de pipelines sur leurs territoires non-cédés que le Mouvement Desjardins tourne le dos, en plus de faire un pied-de-nez à la lutte contre les changements climatiques.

Desjardins ne sera pas cohérent avec ses soit-disant « valeurs » tant qu’il accordera du soutien à des projets qui sont incompatibles avec l’Accord de Paris. De plus, le Mouvement au logo vert ne s’est toujours pas engagé à respecter la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones qui inclut le respect du droit à un consentement préalable, libre et en connaissance de cause pour tout projet de développement sur les territoires autochtones.

En 2017, aucune institution financière (à commencer par Desjardins) ne peut ignorer que les projets de pipelines représentent de hauts risques pour les rendements financiers d’un côté,  et pour les droits humains, la stabilité du climat planétaire ainsi que la salubrité de l’eau potable de l’autre.

Face à cette irresponsabilité, nous continuerons d’être aux côtés des Premières Nations et des communautés qui, n’en déplaisent aux banques et aux pétrolières, continueront de bloquer les projets de pipelines de sables bitumineux.

Desjardins recule par rapport à d’autres institutions

Un rapport de Greenpeace et de Oil Change International publié récemment mettait les banques en garde quant aux risques pour leur réputation et leurs revenus en investissant dans des pipelines des sables bitumineux. Avec cette décision, Desjardins se retrouvera derrière les autres institutions financières qui ont déjà cessé d’appuyer les pipelines de sables bitumineux.  

Contrairement à Desjardins, la U.S. Bank  a décidé de se retirer du financement des pipelines de sables bitumineux ; la banque française BNP Paribas a déclaré qu’elle « cesse ses relations avec les acteurs dont l’activité principale est l’exploration, la production, la distribution, le marketing ou le trading de gaz et de pétrole de schiste et/ou de pétrole issu des sables bitumineux »;  la banque néerlandaise ING a confirmé qu’elle exclurait le financement des pipelines de sables bitumineux ; et le plus important fonds de pension suédois (AP7) a  annoncé qu’il a désinvesti de TransCanada en raison du fait que les pipelines qu’elle propose sont incompatibles avec l'Accord de Paris.

Kinder Morgan… une catastrophe annoncée

Comble de malheur, la décision de Desjardins arrive le jour même où un gazoduc de Kinder Morgan a explosé et tué deux personnes en Illinois. Même si, dans ce cas, il s’agit d’un gazoduc, ce triste événement nous rappelle à quel point les infrastructures de ces compagnies sont à haut risque.

Dans le cas du projet de pipeline Trans Mountain, nous avions prévenu le Mouvement Desjardins qu’il valait mieux pour lui se tenir loin de Kinder Morgan. En dépit de nos avertissements, Desjardins a octroyé en juin dernier son prêt de 145 millions de dollars pour ce projet, et ce, malgré l’échec de Kinder Morgan à obtenir le consentement des Premières Nations dont les territoires sont touchés par ce projet.

De plus, près de 20 procès légaux sont en cours contre le projet Trans Mountain et plusieurs de ces actions judiciaires sont à l’initiative des Premières Nations.

D’un point de vue climatique, ce projet est également une véritable catastrophe annoncée pour le climat planétaire. En effet, selon Environnement et Changements climatiques Canada, « considérant seulement la capacité additionnelle de 590 000 b/j [barils par jour] que ce projet apporterait au réseau Trans Mountain, les émissions pourraient varier de 13,5 à 17,0 Mt [millions de tonnes] d’équivalent CO2 par année ». Ce projet équivaut donc à ajouter environ 4 millions de véhicules sur les routes pendant des décennies.

Il semble qu’il faille insister davantage pour faire comprendre à Desjardins que ce n’est pas le genre de projet qu’il faut soutenir en 2017.

Cliquez ici afin de faire connaître votre mécontentement à Desjardins suite à sa décision de continuer à soutenir les projets de pipelines.

Ensemble, nous devrons continuer à exiger que Desjardins et les autres institutions financières ne soutiennent plus ces projets insensés.