Greenpeace demande aux supermarchés d’assumer leur part de responsabilités pour protéger les poissons et les fruits de mer menacés. En premier lieu, les supermarchés doivent cesser de vendre les produits de la mer inscrits sur la Liste rouge de Greenpeace. Les supermarchés doivent aussi adopter des politiques d’approvisionnement qui respectent les principes du développement durable, utiliser leur influence pour sensibiliser l’industrie et améliorer l’étiquetage des produits de la mer qu’ils offrent à leur clientèle. Voici quelques-uns des faits saillants du rapport de Greenpeace :
- Un des plus importants secteurs de la pêche commerciale, celui des grands prédateurs (morue, thon, flétan, espadon, etc.), a connu une baisse de 90 % par rapport aux quantités des années 1950.
- Les pratiques de pêche destructrices - comme le chalutage sur le fond et le dragage - entraînent chaque année la capture « accidentelle » de près de 27 million tonnes d’animaux marins. La plupart sont ensuite rejetés à l’océan morts ou agonisants.
- La capacité de pêche à l’échelle mondiale est 2,5 fois supérieure au seuil maximal de récolte qu’il faudrait adopter pour assurer une exploitation durable des ressources halieutiques.
- À l’heure actuelle, 76 % des espèces de poissons commerciales sont exploitées à pleine capacité, surexploitées ou épuisées.
- La consommation annuelle de produits de la mer au Canada est de 9 à 10 kg par personne, dont environ 6 kg provenant de la vente au détail. On estime que 63 % des poissons et fruits de mer consommés au Canada provient des supermarchés. Les supermarchés constituent donc un pont important entre les producteurs et les consommateurs finaux.
- Contrairement à ce qu’affirment les rapports publiés par l’industrie, l’aquaculture telle qu’elle est pratiquée actuellement n’est pas la solution. Au contraire, l’intensification de l’aquaculture a un impact marqué sur les écosystèmes, notamment parce qu’elle entraîne une augmentation de la pollution par les nutriants et parce qu’elle favorise la transmission de maladies et de parasites vers les espèces sauvages, qui circulent ensuite dans les eaux canadiennes et internationales.
- À l’heure actuelle, très peu d’espèces vendues au Canada sont certifiées par le Marine Stewardship Council (l’organisme de certification le plus réputé). De plus, Greenpeace estime qu’aucune des certifications existantes n’est suffisamment exigeante.
- Une enquête menée auprès des huit plus importantes chaînes de supermarchés au Canada a permis de constater qu’aucune n’a de politique d’achat relative aux produits de la mer et que très peu d’entre elles semblent prêtes à agir pour contrer le déclin mondial des stocks de poisson.
- Toutes les chaînes de supermarchés visées par notre enquête vendent plusieurs des espèces qui ont besoin d’une protection immédiate.
- Certaines chaînes - dont Wal-Mart, Overwaitea et Thrifty (une division de Sobey’s) - ont posé les premiers jalons d’une politique d’achat plus durable pour les produits de la mer.
- Loblaws (qui détient 32 % du marché) et Sobey’s (15 %) vendent toutes les espèces inscrites sur la Liste rouge.
- Voici les principales espèces vendues dans les supermarchés canadiens qui font face à un risque d’extinction commerciale :
- Thon rouge de l’Atlantique - les stocks ont diminué de 90 % depuis les années 1970; les populations du nord sont déjà presque commercialement épuisées).
- Flétan de l’Atlantique - déclin significatif; l’espèce est considérée « préoccupante » aux États-Unis.
- Morue - commercialement épuisée; certaines populations sont considérées comme en péril ou autrement menacées.
- Requin - déclin global de 10 % par rapport aux niveaux précédents; plusieurs espèces sont menacées.
- Raie - certaines espèces sont disparues et d’autres sont en péril ou autrement menacées.
- Hoplostète orange - espèce vulnérable; stocks en déclin.
- Hoki de Nouvelle-Zélande - stocks en déclin.
- Parmi les espèces inscrites sur la Liste rouge, la crevette tropicale est celle que l’on consomme et que l’on importe en plus grandes quantités. Les méthodes de pêche et d’exploitation aquicole de ces crevettes ont des conséquences dévastatrices sur les mangroves, les écosystèmes marins, l’approvisionnement en eau douce et sur la santé de plusieurs communautés établies le long des côtes.
- La Liste rouge a été établie à partir de critères relatifs à l’état des stocks, à la vulnérabilité des espèces et à l’impact environnemental.
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